Pour bien des gens, la nostalgie est synonyme de lumière et de douceur. Pour Akim, c’est un sentiment qui le replonge dans un cauchemar du passé où il n’aurait pas tellement envie de retourner. Dans ce second roman, on découvre une toute autre facette du père attachant et fanatique de Kiss qu’on a connu dans « Un cigare au bord des lèvres ». Akim nous ramène 25 ans en arrière. Au temps où il cohabitait avec Pop et son frère, dans une maison mobile de « Granne-bé ». Là où le camping de salon et les minis-spectacles-maison devenaient une scène de film marquante aux yeux d’un père qui n’a que ses deux fils comme plus grande fierté. Un père qui vivait à travers eux, qui espérait pour eux, tout ce qu’il n’a jamais eu. C’est après quelques chapitres qu’on rencontre les démons de celui dont on avait doucement appris à aimer. Une anxiété démesurée habite Pop, qui cumule les non-dits, les mauvaises expériences, les mauvaises relations, ainsi que les très mauvais skills d’homme à tout faire. “La maison est le reflet de sa dépression en chute libre” et il a le vilain défaut de mettre le blâme de ses erreurs sur les épaules de tout le monde sauf lui-même. Akim décrit des passages avec tellement de mépris et de colère qu’on jurerait ressentir la boule d’anxiété créée par le poids des émotions de son père pendant toutes ces années. Heureusement, il trouve le moyen de s’évader à l’aide de sa passion pour le théâtre, grâce au seul professeur qui a cru en lui. C’est à travers un mélange d’amertume et de dépression, qu’on réussit tout de même à s’attacher au père dans toute sa naïveté et au coeur plus grand qu’un petit Canadian tire et qu’on retrouve aussi les talents incroyables de l’auteur pour l’humour spontanée et les métaphores de fin de chapitre à nous mettre la larme à l’oeil. Rien de tel qu’une anecdote de Perrier, d’un estis de coton ouaté Johnny Blaze à 200$ ou d’une table de montage qui sent les toasts brûlées pour redonner au lecteur l’espoir de continuer sa lecture et de recroiser Le Rire des Gagnons au passage.
Ce roman m’a sorti d’une panne de lecture imminente et se hisse dans un de mes coups de coeur de l’année. Tu frappes encore fort, mon ami. Je suis heureuse que l’écriture soit entrée dans ta vie, il y trois ans et que tu nous transmettes avec plein de sensibilité ta passion pour les arts sous toutes ses formes, de l’écriture jusqu’au théâtre. Tu es l’idole de ton père, mais on ne peut pas lui en vouloir… Il a de quoi être fier !