Qui eut cru que je me laisserais charmer par des histoires de chasse et de fauconnerie ?!
Bien sûr, Rites of Autumn est bien plus qu'un livre sur la chasse, même si après ma lecture ralentie pour prolonger le plaisir de l'expérience, je m'aperçois qu'il existe des aspects fascinants dans les relations entre le chasseur et ses chiens, et ici son faucon, très différents de mon expérience régionale indirecte qui se réduit à balader le chien sans jamais rien ramener pour le repas de dimanche ou partager un bocal de pâté et un verre de rouge dans la palombière... Ici étant la chasse permet de se nourrir et n'est pas un divertissement sportif.
Rites of Autumn, c'est un superbe voyage le long des chemins empruntés par les oiseaux migrateurs, des Rocheuses au Golfe du Mexique, en passant par les Grandes Plaines et le Nouveau Mexique ; un voyage ponctué de réflexions sur la vie et la survie du monde animal, sur l'arrivée de l'homme blanc et l'impact de son attitude essentiellement conquérante face aux peuples et à la terre de l'Amérique du Nord, sur la Nature et l'avenir.
On retrouve son compère, Erney, et leur relation étrange et profonde. Des anecdotes historiques et personnelles ainsi que les aventures hilarantes de Spud, le très jeune setter d'O'Brien et de Jake, le chien de sa femme, vieux baroudeur de la chasse.
La différence du ton et de l'atmosphère par rapport à Buffalos for the Broken Heart, écrit après Rites of Autumn (mais que l'on peut lire avant) réside essentiellement dans la mélancolie qui teinte le périple de Dolly, le faucon pèlerin, à travers les États-Unis vers son retour à la vie sauvage, dans lequel se fond discrètement la recherche de Dan O'Brien d'un sens, d'une définition à sa vie, et tout ceci au fil de la plume poétique d'un homme qui est devenu un de mes héros.