In this autobiographical reflection, the distinguished anthropologist Philippe Descola looks back on his intellectual career and examines both the central themes of his work and the key questions that have shaped anthropological debates over the past forty years. A student of Lévi-Strauss, Descola conducted ethnographic research among the Achuar of the upper Amazon in the late 1970s, focusing on how native societies relate to their environment. In this book he sheds fresh light on the evolution of his thinking from structuralism to an anthropology beyond the human, on the critique of the modern separation between nature and society, and above all on the genesis and scope of his major work Beyond Nature and Culture . This synthesis of the ways in which humans view their relationships with non-humans proposes four schemas for the ‘composition of worlds’ (animism, naturalism, totemism, analogism) that characterize our ways of inhabiting the earth. Presented in the form of an extended conversation with Pierre Charbonnier, this book is both a lucid introduction to the work of one of the most original anthropologists writing today and an impassioned plea for ontologies that are more accommodating of the diversity of beings.
Entretien entre P. Charbonnier et P. Descola (Pr au college de France) revenant notamment sur le concept d'analogisme développé par Descola à partir de la méthodologie de l'anthropologie structurale.
Montrer que d'autres modes de rapport entre les humains et les non-humains que le naturalisme dominant en occident ont existé et qu'ils ne se limitaient pas à l'animisme ou le totémisme (qu'il redéfinira) a été le grand travail de Descola.
Il a aussi été de définir plus particulièrement l'analogisme par le fait de penser les rapports humains-non humains par certaines sociétés dites primitives de façon discontinus physiquement et intérieurement. C'est à dire que la manière de grouper en ensemble les vivants dans ces sociétés n'étaient plus fait sur la seule base de caractère physique ou de la reconnaissance d'une intériorité commune avec les hommes de certains autres non-humains. Ainsi certains groupes d'hommes pouvaient être l'égal d'autres animaux et d'autres groupes d'hommes (des ennemis par exemple) étaient classés dans un autre groupe contenant lui aussi d'autres animaux. Chacun de ces groupes étant reliés par un trait particulier non défini par un trait physique ou l'existence d'une âme commune. Ce trait ou analogie a donné son nom à cette autre mode d'appréhension du vivant.
L'idée n'est pas de revenir à cet état d'esprit que l'on peut tout de fois relier à certaines pratiques culturelles occidentales comme la biodynamie, l'astrologie mais de remettre en question notre mode de pensée naturaliste encore trop basé sur la dichotomie nature/culture qui a donné lieu à l'extractivisme, l'élevage intensif, tout ce qui met en danger l'existence non pas seulement des hommes mais d'une grosse partie de la communauté biotique terrestre.
Le livre finit sur des réflexions sur le musée du quai Branly et la place de certains objets issus de l'entreprise coloniale. L'intérêt d'avoir des objets issus d'autres continents du globe est indéniable et notamment de pouvoir les mettre en relation, en regard de ceux de nos sociétés. La question de l'acquisition de ces objets doit cependant être posée mais ne doit pas donner lieu à la simple création de musées patrimoniaux qui viendraient finalement déconstruire notre vision plurielle du monde. L'entreprise n'est donc plus seulement de rendre ces objets aux pays où ils ont été trouvés mais de permettre à ces pays d'avoir des espaces dans lesquels les mettre, espaces accessibles à la population civile et de pouvoir y accepter aussi des objets occidentaux toujours dans cette entreprise de démonstration de la diversité du monde.
J'ai bien aimée ce livre! Même si sur le premier chapitre j'ai bien compris qu'il a été très chanceux d'être né, surtout, dans sa précise famille et avoir eu accès à une merveilleuse éducation, ça ni lui reste de merits à Monsieur Descola. Il a été très intéressant de le lire décrire encore les Achuar, et j'ai passé des jours en prenant des notes. Ceci, globalement, n'a été pas si incroyable d'après moi comme les Ethnographies des mondes à venir, mais il m'a bien appris quelques choses que je vais utiliser dès maintenant. Alors, je vous remercie, Philippe.
sa vision de la diversité des mondes, ses recherches sur le terrain et l’importance qu’il accorde à le renouvellement de notre regard et de notre relation à la nature sont hyper intéressants, et j’ai appris pleins de choses, même sur une culture que je connais de loin, un peu mythifiée, dans mon héritage familial un peu technique parfois, ce qui peut être attendu, mais toujours assez compréhensible. peut être un peu hermétique si ont a jamais lu un livre d’ethnologie ou d’anthropologie voir sociologie et philosophie, mais encore une fois compréhensible vu la complexité et la justesse des analyses je recommande si vous avez un peu de temps!!! vraiment super intéressant !!