Un tome quinze intéressant même si on reste dans la même dynamique sans réelle avancée. Il reste encore cinq tomes, bien suffisant pour que la relation entre Mikoto et Jin passe au cran supérieur, mais j'ai un peu peur d'une concrétisation en mode épilogue... Et franchement, ça serait frustrant. A voir ce que Sora a prévu. Pour l'instant je ne suis pas déçue du manga grâce aux très nombreux points traités, et à l'évolution de notre jeune héroïne. Mais un peu plus de romance concrète serait un plus.
Plusieurs sujets très sympathiques d'abordés pour ce tome quinze. Déjà la différence d'âge entre nos deux héros. Mikoto y pense souvent notamment parce qu'elle a peur de ne pas être assez mature, mais aussi par rapport aux regards des autres. Tout à fait légitime. Cela entraîne un peu de jalousie, car elle se compare aux autres femmes que Jin a connu, des angoisses par rapport aux autres, voire le sentiment de faire quelque chose de mal. Leur relation n'a rien de facile, c'est un fait. Il y aura aussi forcément des jugements. Je trouve donc très bien que Sora aborde le sujet. Il y a rapidement une réponse positive de donnée, mais au moins nous ne sommes pas dans une situation de "je fais l'autruche".
Il est aussi question de l'avenir. Pour une série comme Le jeu de la mort, c'est plutôt un bon pied de nez. Là encore, Sora traite le sujet avec justesse montrant l'indécision des jeunes face à leur avenir. Quels choix faire ? Doit-on vraiment aller à l'université ? Pour y faire quoi ? Il y a toujours une dose d'humour face aux situation sérieuses dans le manga, pour désamorcer l'ensemble qui peut parfois être un peu lourd, mais j'aime toujours autant le fait de montrer le quotidien, les questions que l'on se pose à cet âge et qui sont très légitimes. Surtout qu'il y a ce message sous-jacent de "ce n'est pas grave".
On voit aussi combien l'enfance / adolescence de Jin n'a pas été facile. Ce n'est pas un scoop, bien sûr, on le sait depuis un moment, mais plus on avance dans le manga, plus on voit les blessures à la surface et aussi les raisons d'une telle personnalité. Il s'en sort plutôt pas mal au final, grâce à sa mère adoptive, mais il est difficile de voir un personnage que l'on apprécie beaucoup se dévaluer et se conformer à l'idée que les autres se font de lui. Comme si c'était un moyen de se faire accepter quitte à en souffrir. C'est toujours très pudique, et avec une dose de dérision, encore une fois, mais le message passe. Et Mikoto le comprend, voyant aussi sa gentillesse incroyable derrière ces airs de fainéant.
Un tome qui pousse à la réflexion par certains aspects, qui continue de travailler la psychologie humaine tout en surfant sur son thème toujours un peu sombre. Mais ça passe car il y a aussi de l'espoir, des relations solides et basées sur des sentiments positifs. Je ne conseillerai pas Le jeu de la mort à n'importe qui pour autant, mais le traitement original et l'axe choisi tiennent toujours autant la route. Malgré un rythme un peu lent question romance, le manga se veut plus qu'une histoire entre deux personnes. Ce sont toutes les ramifications autour qui donnent vraiment un côté spécial à l'histoire.