Qu’est-ce que Sans panique ?
On y suit Romie, une jeune fille marquée par la perte tragique de ses parents, qui va être recueillie par une famille dénuée d’émotions, tout comme le reste de l’île sur laquelle elle a atterri. Elle souhaite devenir comme Danaé, sa sœur adoptive, pour ainsi se couper de toute émotion et ne plus souffrir. Ironiquement, Danaé, elle, envie Romie et sa capacité à ressentir pleinement la vie, même quand ça fait mal. C’est alors qu’une menace plane sur cette île peu commune : une météorite va s’y abattre. Ainsi, les deux jeunes filles se lancent dans une quête afin de sauver tous ses habitants apathiques.
Cette BD déconcertante pose clairement deux façons opposées d’affronter la douleur et cette envie de changer, d’évoluer. Il y est question du monde, des émotions, des traumas et des moyens de les comprendre voire de les apaiser.
Les illustrations éclatantes — avec des tons orange fluo et des contrastes vifs — traduisent parfaitement ce chaos émotionnel et ce côté décalé : une sorte de langage qui accompagne la transmission des messages. Le tout forme une œuvre pétillante, unique, à la frontière de l’absurde et dans un style qui rappelle fortement Salomé Lahoche.
C’est impactant, c’est coloré, ça dénonce et ça fait réfléchir.
Cependant, le récit peine à m’ancrer pleinement, sans doute en raison d’un équilibre instable entre absurde et concret. Je n’ai pas été profondément touchée, malgré la richesse et l’importance des messages.
(Un livre emprunté que j'ai eu le plaisir de lire grâce à un cours sur la bande dessinée !)