Le ciel paraissait froid, froid comme l'espace, avec cet air glacial de la montagne, d'une terrible limpidité, si différent de l'air des villes, constammment chargé de saletés. Mais Carpenter savait qu'il n'en était rien. En réalité, le ciel était brûlant, comme partout ailleurs. Sur toute la surface de cette pauvre planète, le ciel était brûlant, même à minuit, même à la lisière de ce sombre royaume de montagne semé d'étoiles
N'est-ce que ces lignes-là ne vous donnent des frissons quand vous en lissez? Pas du tout? Alors, vous devriez lire Ciel Brûlant de Minuit jusqu'à la fin de ce roman...¿de science-fiction dramatique?, ¿ou est-ce que ceci est-il plutôt un thriller? On dirait que cette histoire semble en réalité un fatras de tous ces genres que je viens de nomer.
Paul Carpenter est un homme du XXIV siècle aux multiples talents qui se sent de plus en plus accablé par son boulot au sein d'un groupe de météorologues qui travaillent pour Samurai Industries, dans un monde nouveau où tout à l'air d'être monopolisé, à la botte de quelques grandes corporations comme Samurai et Kyocera. Nick Rhodes, scientifique employé par cette dernière et ami de Carpenter, se trouve maintenant devant un choix assez difficile: Doit-il se méfier du projet scientifique actuel lequel soutient qu'il faut modifier les gènes et l'anatomie des humains afin de subsister sur cette planète à l'air toxique? Ou, bien au contraire, devrait-il accepter la mise au point de cette recherche qui pourrait nous transformer en véritables monstres mutés?
Voici un roman d'histoires entrecroisées dont chaque châpitre se concentre sur les expériences de chaque personnage (Juanito, Farkas, Rhodes, Enron, et surtout Carpenter). J'ai me rendu compte qu'il y a de nombreux utilisateurs ici sur GoodReads auxquels le roman ne leur a pas plut parce qu'il n'y a pas des aventures, à peine du progress dans l'histoire, un final loin d'être étonnant, et aussi pas de 'plot twists' ou même pas de descriptions des endroits futuristiques et des téchnologies de ce monde distopique, ce qui peut décevoir les mordus et mordues de la science-fiction qui espèrent retrouver dans Ciel Brûlant de Minuit un roman qui nous fasse éprouver quelques sensations semblables à ces qui suscitent des autres livres du genre: la fascination en retrouvant ce monde futuristique, grâce aux descriptions imaginatifs des navettes, des façons de vivre, des téchnologies de la nouvelle societé, etc.
Toutefois, Ciel Brûlant de Minuit n'est pas qu'un drame avec des questions existentiels, sans un autre but qu'éveiller au-dédans du lecteur la question de qu'est-ce qui se passera dans le futur, si ce qui arrive sera le monde aux appareils d'une sophistication inconcevable dont ces nouvelles avancements qui l'humanité réussira à inventer seront-ils le centre de notre attention, évoquant le même étonnement que de nos jours on éprouve d'en imaginer. Curieusement, les personnages de ce roman se demandent la même question constamment: qu'est-ce qui nous attend dans le futur?
Si on réfléchit un peu plus, la conclusion atteinte pourrait sembler cauchemardesque, aussi inquiétante comme le noir de l'espace, l'infini angoissant d'une extension trop vaste pour avoir connaissance de notre propre situation au milieu du vaste univers. Peut-être nous sommes condamnés à jamais avoir de la certitude au sujet du futur, n'importe si on naît dans le siècle XXIV ou plus tard, peut-être rien nous peut sauver de l'existence de ces questions, de l'incertitude sur l'avenir, de l'affreuse facilité dont on perd la capacité de nous surprendre par les choses, autant qu'on commence à tenir pour acquis tout ce qui les générations précédents eussent vu comme un idéal inatteignable, un rêve féerique, peut-être avec des noveautés qu'ils n'auraient pas pu imaginer.
Ciel Brûlant de Minuit tourne autour cette vision loin d'être optimiste et d'une austerité grise et froide, ironiquement froide puisque la planète portrayée par Silverberg n'abrite que des forêts devenues déserts, que des endroits sous le siège du soleil brûlant (à exception de quelques coins priviligés comme l'Israël). Il y a de virus mystérieux, des mutations biologiques lovecraftiennes et l'aide d'un masque qui plutôt qu'un bouclier protegéant les humains de l'air toxique avec plus de méthane que d'oxygène s'est devenue un accessoire comme un autre quelconque qu'on porte tel un casquette.
Bien sûr, il y a peu de progression de l'histoire, mais c'est un abord délibéré et même si au fond de moi-même j'ai m'attendu aussi un roman avec plus d'action et par au moins avec quelque avancement jusqu'à un climax, après un petit temps de réflexion j'ai conclu que ceci est une histoire autour du chagrin, de la tristesse, de les sentiments épanouis à travers la contemplation d'une telle planète. Un roman à éprouver et à réflechir...
J'aimé ce livre même si j'ai fini par considerer qu'il mérite justement trois étoiles, pas plus. J'aurais aimé quelque approfondissement dans les personnages et malgré l'histoire de drame dystopique autour de ces questions existentiels, tel atmosphère nihiliste, j'aurais aimé par au moins quelque climax, quelque rebondissement, et pas toujours cette planeité parce que cela est devenu fade et m'a deçu un peu malgré le grande intérêt qui m'ont suscité quelques sections du roman comme celle du remorqueur d'icebergs.
Voilà mon avis de ce roman!
6/10