"Soudain - à la suite de quelle maladresse ? - la tour de mes poèmes s'écroula au sol, se brisa comme verre. Sans doute, forçant l'allure et rencontrant le vide, avais-je voulu saisir, contre son gré, la main du Temps - le Temps qui choisit -, main qu'il n'était pas décidé à me donner encore. Le marteau sans maître, Placard pour un chemin des écoliers, Art bref, Dehors, la nuit est gouvernée, n'avaient plus du livre que le nom. Je ramassai trente-trois morceaux. Après un moment de désarroi, je constatai que je n'avais perdu dans cet accident que le sommet de mon visage."
René Char spent his childhood in Névons, the substantial family home completed at his birth, then studied as a boarder at the school of Avignon and subsequently, in 1925, a student at L'École de Commerce de Marseille, where he read Plutarch, François Villon, Racine, the German Romantics, Alfred de Vigny, Gérard de Nerval and Charles Baudelaire.
His first book, Cloches sur le cœur was published in 1928 as a compilation of poems written between 1922 and 1926. In late November 1929, Char moved to Paris, where he met Louis Aragon, André Breton, and René Crevel, and joined the surrealists. He remained active in the surrealist movement through the early 1930s but distanced himself gradually from the mid-1930s onward. Throughout his career, Char's work appeared in various editions, often with artwork by notable figures, including Kandinsky, Picasso, Braque, Miró, Matisse and Vieira da Silva.
Char was a friend and close associate of Albert Camus, Georges Bataille and Maurice Blanchot among writers, Pablo Picasso, Joan Miró, Nicolas de Staël, Georges Braque and Victor Brauner among painters. He was to have been in the car involved in the accident that killed both Camus and Gallimard, but there was not enough room, and returned instead that day by train to Paris.
The composer Pierre Boulez wrote three settings of Char's poetry, Le Soleil des eaux, Le visage nuptial, and Le marteau sans maître. A late friendship developed also between Char and Martin Heidegger, who described Char's poetry as "a tour de force into the ineffable" and was repeatedly his guest at La Thor in the Vaucluse.
Abord hermétique. Les "Trente-trois morceaux" se lisent très bien, et se laissent encore à peu près approcher. L'entretien avec France Huser peut sembler caricatural par la tournure énigmatique des propos, leur apparente prétention. Le relisant, il m'a semblé percevoir le sens d'une bonne partie des propos tenus, d'ailleurs pas toujours tellement original, ce sens. J'hésite entre l'irritation face à un mode d'expression qui affecte la profondeur et la beauté, et l'intérêt pour un auteur qui a peut-être atteint un tel degré de familiarité avec l'expression poétique qu'il n'en pratique pas d'autre. En tout cas, j'ai envie d'en lire davantage pour voir si peu à peu j'en viens à comprendre. D'une part Char est tellement reconnu que je me dis qu'il doit bien y avoir une raison, d'autre part je soupçonne que si on franchit cette barrière du sens on doit découvrir un univers original et rempli de beauté ?
Désolé mon René mais j'ai eu le déplaisir de ne rien comprendre à ta langue. Tes mots sont simples mais tes phrases sont imbitables, tarabiscotées. On s'entrave à chaque pas sur ton chemin.