C'est un coup de coeur ! Il me fut chaudement recommandé par une connaissance et je ne regrette pas de l’avoir écoutée.
Le scénario de Brunschwig est particulièrement original. Les auteurs s'attaquent ici au "grand hiatus", la fameuse période durant laquelle Sherlock Holmes est « censé » avoir disparu brutalement après un ultime affrontement avec son ennemi mortel. En plus, dans ce tome 1, on entrevoit la jeunesse de Holmes, jamais abordée dans le canon, si ce n’est pour nous parler de son frère aîné, si peu, d’ailleurs.
Dans ce récit, nous retrouvons donc notre brave docteur Watson, rentré à Londres, effondré par la disparition de son meilleur ami.
Le jour où il apprend les manoeuvres étranges entreprises par Mycroft, un doute effroyable s'insinue dans son esprit. Je n’en dis pas plus !
Les dessins de Cecil, sobres, entièrement réalisé en aquarelle monochrome bleu/gris, avec des dégradés de bleu, sont assez déroutants au départ. Je ne suis pas du tout habituée à ce style, mais au fur et à mesure de ma lecture, je m’y suis faite, même si j’aurais mieux aimé des couleurs conventionnelles (je pinaille encore une fois).
Malgré tout, je comprends le dessinateur, cela donne un style très victorien, une ambiance particulièrement sombre et elle s'accorde volontiers avec ce que le scénariste nous apprend. J’ai beau ne pas être d’accord avec sa vision des choses, j’ai apprécié le livre et dévoré d’un coup.
La structure du récit, très agréable à lire et particulièrement bien amenée, est tout à fait digne du canon. Holmes est ressemblant à ce qu’il devrait être, grand et mince (même si peu présent dans l’album) et Watson est mince, athlétique, malgré les cheveux blancs. Ils ne l’ont pas dessiné en gros lourdaud, au moins ! Sans oublier la présence de l’agent littéraire de Watson, j’ai nomme : Arthur Conan Doyle...
Pour moi, sans conteste, les instants les plus marquants sont les flashbacks de l'esprit de Watson : beaux et émouvants, tout en restant sobres, eux aussi. Surtout le rêve qu’il fait (ou plutôt un cauchemar) et où il revoit son ami dans la pénombre de sa chambre, s'entretenant avec lui sur un ton de la plaisanterie qui est en fait d'une noirceur toute holmesienne, avec des propos d'une ironie cinglante, presque méchante, qu'il lui adresse...