Eté 1980, dans un village de Bretagne... Ils sont six copains, inséparables, rêvant à Star Wars, Goldorak et aux filles. Lors d'une partie de casse-bouteilles, ils découvrent le cadavre mutilé d'un vagabond. C'est le début d'une cascade d'évènements terrifiants, mystérieux, dont les enfants sont l'épicentre. La peur s'installe dans le village et peu à peu, la bande comprend qu'une force maléfique rôde et qu'elle cherche à les détruire. Le Mal est-il de retour? Un roman sur la chute des illusions de l'enfance, décrite ici avec une intense puissance d'évocation, qui est aussi un grand roman d'angoisse, dans l'esprit de Ca de Stephen King.
Cette année j’ai déjà eu une belle surprise en thriller fantastique campagnard avec La princesse au visage de nuit. Mais quand on m’a proposé Je suis ta nuit de Loïc Le Borgne, j’étais partant pour un autre tour de manège, et comme j’avais beaucoup apprécié Hystérésis du même auteur, j’ai tenté le coup.
Pierre est veuf, et devant le chagrin de son fils adolescent après une autre tragédie, il a décidé de lui raconter par écrit un évènement qui a traumatisé son enfance. Paye ton réconfort, mais ça fait une excuse pour partir dans ce gros flashback dans les années 80, l’été où Pierre, enfant accompagné de sa bande de potes, a affronté le Bonhomme Nuit. Tout a commencé classiquement par la découverte d’un corps par la joyeuse bande, et puis certains événements étranges se sont succédés dans la petite campagne où ils grandissent. Des adultes qui partent en vrille, des animaux qui pètent un plomb, et ça a l’air de tourner autour de notre club des ratés franchouillard.
Alors oui, là comme ça, le bouquin fait penser à un Ça téléporté chez nous. On retrouve tous les éléments, le groupe de gosses, la menace surnaturelle qu’ils sont presque seuls à percevoir, le petit feeling nostalgique en se projetant 40 ans dans le passé. L’auteur arrive bien à mettre en place la cohésion du groupe, à les poser face à un croque-mitaine bien glauque à travers quelques épisodes de flippette qui s’enchaînent. Seulement on n’arrive jamais vraiment à aller au-delà, je me suis un peu ennuyé parce qu’on reste ancré à ce concept de base sans lui apporter autre chose que « y’a un monstre qui fait peur aux nenfants et ils vont vouloir se défendre ».
Pourtant ça se lit bien, certains passages « choc » fonctionnent, et les pages défilent. C’est une aventure qui se lit (presque, on y reviendra) sans déplaisir mais on l’oublie vite parce qu’on reste très en surface. L’auteur utilise les schémas connus sans y apporter vraiment d’élément nouveau ou de personnalité propre, on garde quelques gros clichés comme les petits cons qui martyrisent les héros, la seule fille du groupe dont ils sont tous amoureux, l’autre fille moche. C’est que des schémas et des clichés qu’on connaît et qui se voient beaucoup. On va donc jamais au delà du Ça franchouillard un peu léger, même si il arrive quand même à donner un petit twist dans les dernières pages avec l’origine du monstre, mais ça reste trop peu, trop tard.
Si y’a un détail qui m’a bien sorti du roman, c’est la multiplication des références à la culture « années 80 ». Le narrateur passe son temps à faire des références ou des comparaisons avec des films où des dessins animés de l’époque. À priori, dans le principe c’est logique, les gosses sont obsédés par les jedis et Goldorak, soit, c’est naturel et on s’attend à retrouver ces références dans le décor et les dialogues. Mais quand c’est le narrateur, adulte et parent, qui passe son temps à faire des comparaisons à base de Schtroumpfs, d’Actarus et de Z6-PO dans son histoire, ça n’a pas vraiment de sens et ça devient vite lourd. Un peu plus de subtilité aurait aidé, à mon humble avis.
Loïc Le Borgne tente ici un roman d’horreur nostalgique qui évoquera évidemment Ça de Stephen King, mais il souffre de la comparaison avec son modèle parce qu’il n’arrive jamais à apporter quelque-chose en plus que cette affrontement d’enfants contre un boogeyman, c’est dommage. Peut-être que j’en attendais trop ? Peut-être qu’un lecteur qui cherche juste un petit roman de flippette s’en contentera ? En tous cas les avis des camarades sont plus enthousiastes
Bretagne, 1980, une bande gamins va se retrouver confronter à l'horreur, le Bonhomme Nuit, sorte de croquemitaine qui joue sur les peurs cachés et les colères endormies.
Avec un pitch qui n'est pas sans rappeler l'excellent Ça de Stephen King, Loïc Le Borgne s'attache à nous plonger dans l'enfance des années 80, entre séance de caté, match de foot au stade du coin, fête de village et une palanquée de référence pop qui font la vie de cette bande de préado qui s'achemine dans la douleur et les drames vers la fin de l'enfance.
L'intrigue est accrocheuse, le monstre réussi, et le contexte familier rajoute un petit plus qui donne l'impression par moment de se glisser dans des pantoufles confortables. Le livre malgré ses 400 pages se lit vite, Loïc Le Borgne sait doser le suspens et offre régulièrement des scènes chocs.
Deux points m'ont par contre moins convaincu. Tout d'abord, la surabondance de références. Si au début cela participe à nous mettre dans l'ambiance et si cela amuse quand ce sont en plus des références que l'on partage, c'est globalement mal dosé et à force de fulguro point et sabre laser (j'arrive pas à croire que je vais dire ça...) c'est trop, et on sort un peu de sa lecture.
Le deuxième point concerne les archétype, à la limite du cliché, une limite parfois franchie, utilisés pour les personnages. Je ne vais pas détaillé, mais ça manque franchement de finesse sur certains point, et c'est même assez limite sur d'autres.
Au final, Je suis ta nuit est une lecture intéressante qui possède de bonnes idées, des surprises et des révélation aussi horribles que bien amenées avec une ambiance forte et c'est dommage que certains défauts de l'écriture viennent l'entacher ainsi.
Que ce soit intentionnel ou non, Je Suis Ta Nuit souffre énormément de la comparaison avec Ça, de King. Tout ce qui est dans ce livre est aussi dans Ça, malheureusement tout ce qui est dans Ça n'est pas dans ce livre. Ce livre n'est pas mauvais mais il aura du mal à trouver son public, tant l'horreur est un genre où King est le maitre incontesté et où toutes les histoires inspirées par ses histoires risquent de faire pâles figures... Je ne savais pas si je pouvais conseiller ce livre et surtout à qui... : Si vous n'avez lu aucun des deux livres, clairement, c'est Ça qu'il faut lire. Si vous n'avez pas aimé Ça parce que c'est effrayant alors vous n'aimerais probablement pas Je Suis Ta Nuit pour les mêmes raisons. Mais si vous n'avez pas aimez Ça, ou même pas fini parce que c'était trop long, ou parce que King part dans des digressions que vous trouvez assommantes, que vous vous demandez bien pourquoi il vous raconte l'histoire de Derry depuis l'ère du mésozoïque alors Je Suis Ta Nuit pourrait bien être un livre fait pour vous.
Déçue, hélas. Le comparer au Ça de Stephen King est inévitable (et je vous laisse deviner lequel est le meilleur)
Je ne peux m'empêcher de penser que ce roman était un prétexte pour un auteur nostalgique de parler de son enfance, pour preuve les très (trop) nombreuses références aux années 80. Cependant, c'est plutôt bien écrit et la révélation de fin n'est pas mauvaise.
Ça commence en beauté mais termine dans la boue. Une montagne russe à l’envers. L’explication aurait pu tenir debout si le suspens avait été mieux géré et les scènes d’action mieux pensées. Très déçue.
Bienvenue à Duarez ! Ce thriller fantastique nous emmène tout droit dans la campagne bretonne et nous fait remonter le temps jusqu’aux années 80 . Albator, Goldorakck, G.i Joe, Star Wars, l’heure est la nostalgie. A travers la lettre que Pierre adresse à son fils, on suit les aventures d’un groupe d’un club des ratés made in Bretagne qui n’est pas sans nous rappeler celui du célèbre roman de Stephen King. C’est l’été, notre petite bande parcourent les étendues rurales à vélo, explorent les forêts reculées et font des parties de casse bouteille sur les voies de chemins de fer désaffectées. A la tête de cet attachant petit groupe, il y a bien sûr Pierre, notre narrateur, le modèle parfait du héros juste et droit et son meilleur ami, Maël, le petit nouveau, un brin mystérieux, tout juste arrivé mais qui est pourtant déjà devenu le meneur.
Dès la première page, on se laisse happer par l’ambiance oppressante à souhait qui va petit à petit nous faire sombrer dans l’horreur la plus totale avec l’apparition du Bonhomme nuit, une entité maléfique bien décidée à emmener un à un les membres de la bandes dans les ténèbres éternelles. Pourquoi ? Seul Maël semble connaitre la réponse à cette question. Âmes sensibles s’abstenir, aucune horreur ne nous est épargnée entre les scènes gores et les mises à mort sanglantes, il va falloir s’accrocher pour connaitre le fin mot de cette sordide histoire. Mais le roman ne nous laisse pas sur notre faim et ça c’est un excellent point, le dénouement aussi inattendu que marquant apporte des réponses à nos questions tout en ouvrant la porte des possibles. Le roman continue de baigner dans un climat d’inquiétante étrangeté, laissant planer le doute, cauchemar ou réalité ? L’auteur explore des thématiques difficiles : le deuil, le suicide, la violence familiale, le viol, l’inceste, les abus… Et pousse plus loin le questionnement sur les origines du mal. Les monstres revêtent bien des masques, en bonne projection qu’ils sont d’un mal qui nous habite et nous ronge. Ce roman n’est pas seulement un brillant thriller horrifique, c’est aussi le portrait époustouflant de la perte de l’innocence, la découverte du mal à l’état pur personnifié par le bonhomme nuit, le récit d’un traumatisme, d’un combat, d’une vengeance, de la résilience des victimes qui se transforment comme souvent à leur tour en bourreau.
J'ai beaucoup aimé, l'histoire est vraiment intéressante je trouve que le principe d'un père qui raconte son enfance à son fils est une bonne idée. Il est vrai que les références son un peu trop nombreuses et répéter mais les scene de suspens ou "d'horreurs" sont bien écrite .On ressent le stress et la tristesse de Pierre dans la scène où il ne voit plus rien ou lorsque qu'il perd des proches. Je compte lire "ÇA" de Stephen King pour faire la comparaison car certaines personnes ont dit que les deux histoires se ressemblait.
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Il m’aura fallu attendre ce mois d’octobre et ses lectures halloweenesques pour découvrir mon seul et unique coup de cœur de 2020 ! Si j’ai beaucoup aimé un certain nombre de livres, et encore pas tant que ça, le coup de cœur se faisait vraiment attendre. Il est enfin là et vous n’allez pas le croire, c’est pour un ouvrage dont la première édition date de 2008. ActuSF l’a réédité en juin dernier et c’est grâce à Babelio que je le découvre aujourd’hui. Ce petit bijou, c’est Je suis ta nuit, de Loïc Le Borgne.
En tant que fan de S. King dont j’ai lu tous les écrits, je suis extrêmement sensible à certaines histoires. Entendez par là que, si j’adore baigner dans le même genre d’atmosphère, je suis aussi assez prompte à crier au plagiat. Un champ de maïs, des voix qui s’échappent de canalisations, des égouts, un clown et des ballons… Tout cela a très vite fait de m’agacer prodigieusement. Alors quand le bandeau publicitaire de Je suis ta nuit m’annonce une bouffée d’angoisse entre Stranger Things et Stephen King, j’ai peur, j’ai très peur. Et en même temps, je suis curieuse…
Alors oui, on est tout à fait dans une histoire à la King et pourtant, nous sommes en Bretagne, dans une petite ville du nom de Duaraz, confrontés à une légende locale, celle du Bonhomme Nuit. Autrefois en effet, dans la région de Saint-Brieuc, on disait aux enfants que le Bonhomme Nuit viendrait les chercher s’ils n’étaient pas sages. C’est un genre de croque-mitaine, qui va s’attaquer à une petite bande d’amis de onze ou douze ans. Pourquoi eux ? Je ne le dirai pas ici, ce serait dommage de vous spoiler, sachez seulement qu’il y a une excellente raison.
Vous retrouverez dans ce livre tout ce que vous avez pu aimer chez King : l’amitié, l’entraide, la force de l’innocence, la puissance de l’imagination, la nostalgie de l’enfance et de cette époque. Sans oublier les créatures surnaturelles et le Mal avec un M. Mais au fond, vous verrez, comme souvent chez King, c’est de la réalité que survient l’horreur, même si elle se manifeste sous les traits d’une créature fantastique.
Vous y trouverez aussi tout ce que vous avez aimé dans la série Stranger Things : des tas de références aux années 80 en France, le premier Star Wars, Goldorak, Albator, Casimir, G.I. Joe, et j’en passe. J’avais sept ans en 1980, et j’ai connu et aimé tout ce que Loïc Le Borgne mentionne dans son roman, ce qui explique peut-être ce coup de cœur, d’ailleurs. Il y a aussi la voix de Pierre, qui nous raconte son histoire et celle de ses copains, qui sonne tellement juste que je me suis sentie téléportée des années en arrière.
C’était vraiment chouette ! Un Club des Ratés made in France aux personnages attachants, une intrigue originale, parfaitement maîtrisée et une plume hyper évocatrice. C'est ça, Je suis ta nuit, et je vous le recommande chaudement, vraiment.
Actually revisiting my favorite book. So far I am just being reminded why I love it so much. The childhood nostalgic type of vibe surrounds unique, and wholesome characters, through the horrors of a, very vivid, imaginative thriller story. Yet, comedy finds it’s way to tuck you in some comforting, innocent and very much genuine moments. It is in fact, that kind of book, one that makes you smile and tear up at the same time, as it will make you shiver reluctantly while you flip the pages faster and faster. *This review will be edited when I will finish the book, again, with a fresh set of eyes, soon.
Un roman à la fois sombre et lumineux, angoissant et joyeux. Un hymne à la puissance de l’amitié et de l’imagination, mais aussi une ode à la peur et à l’obscurité. Un club des ratés français super attachants porté par une plume des plus justes. Une lecture que j’ai adorée !
Une vraie madeleine de Proust. Son énième relecture, après de nombreuses années, m'a rappelé à quel point ce livre a été un marqueur essentiel pour mon passage à l'âge adulte, aux étagères toutes nouvelles de ma bibliothèque municipale. Douloureux, triste, tragique mais lumineux grâce à ces enfants courageux et imaginatifs.
Roman fantastique destiné aux jeunes adultes assez morbide et sombre. L’histoire est intéressante mais pas captivante, l’intrigue n’est pas transcendante mais le livre se lit bien.
"Tu veux mon avis? La solution est souvent dans le mélange. Maël était mon meilleur ami et il était fou, comme bon nombre de gosses l'auraient été après ce qu'il avait subi. Je sais aussi que les êtres de légende, comme l'Ankou et toutes ces créatures qui viennent vous prendre par la main ou par la peau des fesses quand le soleil a disparu, ont plein de tours dans leurs sac. Ils savent profiter, par exemple, d'un enfant dont le cerveau a été chauffé à blanc. Dans nos villes comme dans nos âmes, il reste bien des zones de ténèbres. Ce ne doit pas être bien compliqué, pour les créatures de la nuit, d'y subsister. Je sais autre chose: le Bonhomme Nuit n'est pas une simple créature maléfique en chasse. Ce n'est pas un vampire sortant la nuit de son caveau pour y revenir au petit matin ou un Golgoth fondant sur la terre lorsque rousse est la lune. Le Bonhomme Nuit est tapi au coeur du monde. Il guette, il attend. Il est notre vide, notre néant, nos temples qui sont tombés et les tours qui tomberont encore. Alors je veille. Selon la génération à laquelle nous appartenons, nous avons rêvé de sabres laser, de robots casse-cou ou d'apprentis magiciens, et nous devons être fidèle à nos rêves, à nous-mêmes. Le temps balaie bien des choses, Tristan, mais au fond de mon coeur, je suis toujours un Jedi. Toi, que seras-tu?"
Je suis ta nuit - Loïc Le Borgne
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Mon avis est partagé sur ce roman. Je l'ai dévoré en à peine une journée. C'est un roman jeunesse donc il est vrai que ça se lit assez facilement. Le suspense est bien présent, on a vraiment envie de connaître la suite et il est difficile de s'arrêter après un chapitre. La première partie est vraiment très bien, on est vite dans l'ambiance. La seconde partie est un peu plus décevante, les passages fantastiques ne sont pas très bien décrits, j'ai eu du mal à me représenter les choses. J'ai bien aimé la fin, les révélations, c'est plutôt bien ficelé même si tout cela aurait mérité un meilleur traitement.