What do you think?


Géopolitique du sport
Malraux avait tort. Le XXIe siècle ne sera pas religieux avant tout : il sera sportif. Nous sommes entrés dans l’ère du sport mondialisé. Le sport est devenu le nouveau terrain d’affrontement – pacifique et régulé – des États. C’est la façon la plus visible de montrer le drapeau, d’être un point sur la carte du monde et d’exister aux yeux de tous.
Lorsque la globalisation efface les identités nationales, le sport devient le moyen le plus efficace pour ressouder la nation, autour d’un projet commun et fédérateur. Dans ce « village global » qu’est devenue la planète, les champions sont les habitants les plus connus et les plus populaires. Tout le monde a entendu parler d’Usain Bolt, de Kylian MBappé ou de Cristiano Ronaldo. Le nom de Pelé est gravé à tout jamais dans les mémoires.
Le sport, c’est donc plus que du sport. C’est de l’émotion, des sensations, des moments de désespoir, de joie, de fraternité, etc., mais aussi de la géopolitique, de la puissance en version « soft ». Bref, un élément essentiel de rayonnement pour un État.
Lorsque la globalisation efface les identités nationales, le sport devient le moyen le plus efficace pour ressouder la nation, autour d’un projet commun et fédérateur. Dans ce « village global » qu’est devenue la planète, les champions sont les habitants les plus connus et les plus populaires. Tout le monde a entendu parler d’Usain Bolt, de Kylian MBappé ou de Cristiano Ronaldo. Le nom de Pelé est gravé à tout jamais dans les mémoires.
Le sport, c’est donc plus que du sport. C’est de l’émotion, des sensations, des moments de désespoir, de joie, de fraternité, etc., mais aussi de la géopolitique, de la puissance en version « soft ». Bref, un élément essentiel de rayonnement pour un État.
264 pages, Pocket Book
First published May 14, 2014
About the author
Pascal Boniface
262 books73 followersPascal Boniface, est un géopolitologue français, fondateur et directeur de l'Institut de relations internationales et stratégiques. Il a notamment traité de l'arme nucléaire et du conflit israélo-palestinien avant de développer un intérêt croissant pour la géopolitique du sport, notamment du football.
http://www.iris-france.org/cv.php?fic...
http://www.iris-france.org/cv.php?fic...
Ratings & Reviews
Friends & Following
Create a free account to discover what your friends think of this book!
Community Reviews
Displaying 1 - 3 of 3 reviews
July 24, 2014
Les élites françaises n’ont qu’indifférence ou mépris pour le sport. « Opium du peuple », le sport serait un loisir d’ilotes uniquement soucieux de « cirque » et de « pain » pour paraphraser la formule de Juvenal. Pascal Boniface le sait mieux que quiconque, lui qui, depuis une quinzaine d’années a tenté d’ériger le sport en général, le football en particulier, au rang de sujet géopolitique à part entière. Il ne se passe plus désormais de Coupe du Monde qui ne soit l’occasion pour cet auteur prolixe de publier un ouvrage sur le sujet : « Géopolitique du football » en 1999 (suite à un colloque tenu à, l’Assemblée nationale en mars 1998), « La terre et ronde comme un ballon » en mai 2002, « Football et mondialisation » en avril 2006, « La coupe du monde dans tous ses états » en avril 2010. Il ne déroge pas à la règle en publiant, quelques semaines avant le début du Mundial 2014 une « géopolitique du sport » qui étend aux autres disciplines sportives et actualise les idées développées dans ces précédents ouvrages consacrés au football.
Première idée : le sport est un fait social mondial. 14 pays participaient aux jeux olympiques d’Athènes en 1896 ; pas moins de 205 – soit plus que les 193 États membres de l’ONU – ont participé à ceux de Londres en 2012. A l’heure du « village global », les grands événements sportifs rassemblent la planète toute entière : on estime à plus de 2 milliards le nombre de téléspectateurs de la finale de la Coupe du monde le 13 juillet dernier entre l’Allemagne et l’Argentine. 90 Chefs d’Etat et de gouvernement assistaient à la cérémonie d’ouverture des JO de pékin en 2008 Les stars du ballon rond sont universellement reconnues. Leur popularité éclipse celle des chefs d’Etat et des artistes.
Deuxième idée : le sport est multipolaire. La géopolitique du sport est le reflet des rapports de force stratégique. Si, pendant la Guerre froide, Washington et Moscou se disputaient la première place au palmarès olympique, la Chine a effectué une percée impressionnante, devançant les Etats-Unis aux JO de Pékin (mais devancés par eux aux JO de Londres 4 ans plus tard). L’Occident ne domine plus la scène sportive et n’a plus le monopole de l’organisation des grandes manifestations sportives. En l’espace de dix ans, les BRICs auront accueilli trois JO (Pékin 2008, Sotchi 2014 et Rio 2016) et deux Coupes du monde (Brésil 2014 et Russie 2018). L’organisation de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar est un signal fort d’intégration du monde arabe dans la mondialisation.
Troisième idée : le sport suscite la fierté nationale. C’est un paradoxe à l’heure de la mondialisation qui brouille les frontières et dissout les identités. On nous dit que le monde est devenu post-westphalien, que les Etats sont désormais concurrencés sur la scène internationale par de nouveaux acteurs (entreprises, ONG, médias, mafias, religions ….) ; mais chaque JO, chaque Coupe du monde sont l’occasion d’un engouement chauviniste pour son pays. La popularité des Diables rouges, dans une Belgique qu’on disait à l’agonie, lors du dernier Mundial brésilien en est un exemple. Les États le savent qui n’hésitent pas à en faire un instrument de prestige et de propagande : ce fut le cas à Berlin en 1936 ou, deux ans plus tôt, à Rome lors de la Coupe du monde organisée et remportée par l’Italie.
Quatrième idée : le sport peut réconcilier les peuples et susciter des guerres. Cette idée est réductrice. Comme l’écrit très justement pascal Boniface « la seule rencontre sportive ne viendra pas mettre fin à des décennies de haine entre certains peuples ; mais [le sport] n’est pas non plus déclencheur de guerre. Le ping-pong n’a pas suffi à rapprocher les États-Unis et la Chine maoïste en 1971. Le football n’a pas entraîné à lui seul la guerre qui opposa en 1969 le Honduras au Salvador.
Il ne faut pas donner au sport plus d’importance qu’il n’en a. Le monde contemporain reste dominé par des rapports de puissance et le sport, aussi populaire soit-il, reste un loisir. Pour autant, la mondialisation a donné au sport une visibilité globale et, dans une logique dialectique, se nourrit elle-même de sa capacité d’intégration. Paraphrasant Malraux, Boniface n’a pas tort d’affirmer : « le XXIème siècle sera sportif ou ne sera pas ! ».
Première idée : le sport est un fait social mondial. 14 pays participaient aux jeux olympiques d’Athènes en 1896 ; pas moins de 205 – soit plus que les 193 États membres de l’ONU – ont participé à ceux de Londres en 2012. A l’heure du « village global », les grands événements sportifs rassemblent la planète toute entière : on estime à plus de 2 milliards le nombre de téléspectateurs de la finale de la Coupe du monde le 13 juillet dernier entre l’Allemagne et l’Argentine. 90 Chefs d’Etat et de gouvernement assistaient à la cérémonie d’ouverture des JO de pékin en 2008 Les stars du ballon rond sont universellement reconnues. Leur popularité éclipse celle des chefs d’Etat et des artistes.
Deuxième idée : le sport est multipolaire. La géopolitique du sport est le reflet des rapports de force stratégique. Si, pendant la Guerre froide, Washington et Moscou se disputaient la première place au palmarès olympique, la Chine a effectué une percée impressionnante, devançant les Etats-Unis aux JO de Pékin (mais devancés par eux aux JO de Londres 4 ans plus tard). L’Occident ne domine plus la scène sportive et n’a plus le monopole de l’organisation des grandes manifestations sportives. En l’espace de dix ans, les BRICs auront accueilli trois JO (Pékin 2008, Sotchi 2014 et Rio 2016) et deux Coupes du monde (Brésil 2014 et Russie 2018). L’organisation de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar est un signal fort d’intégration du monde arabe dans la mondialisation.
Troisième idée : le sport suscite la fierté nationale. C’est un paradoxe à l’heure de la mondialisation qui brouille les frontières et dissout les identités. On nous dit que le monde est devenu post-westphalien, que les Etats sont désormais concurrencés sur la scène internationale par de nouveaux acteurs (entreprises, ONG, médias, mafias, religions ….) ; mais chaque JO, chaque Coupe du monde sont l’occasion d’un engouement chauviniste pour son pays. La popularité des Diables rouges, dans une Belgique qu’on disait à l’agonie, lors du dernier Mundial brésilien en est un exemple. Les États le savent qui n’hésitent pas à en faire un instrument de prestige et de propagande : ce fut le cas à Berlin en 1936 ou, deux ans plus tôt, à Rome lors de la Coupe du monde organisée et remportée par l’Italie.
Quatrième idée : le sport peut réconcilier les peuples et susciter des guerres. Cette idée est réductrice. Comme l’écrit très justement pascal Boniface « la seule rencontre sportive ne viendra pas mettre fin à des décennies de haine entre certains peuples ; mais [le sport] n’est pas non plus déclencheur de guerre. Le ping-pong n’a pas suffi à rapprocher les États-Unis et la Chine maoïste en 1971. Le football n’a pas entraîné à lui seul la guerre qui opposa en 1969 le Honduras au Salvador.
Il ne faut pas donner au sport plus d’importance qu’il n’en a. Le monde contemporain reste dominé par des rapports de puissance et le sport, aussi populaire soit-il, reste un loisir. Pour autant, la mondialisation a donné au sport une visibilité globale et, dans une logique dialectique, se nourrit elle-même de sa capacité d’intégration. Paraphrasant Malraux, Boniface n’a pas tort d’affirmer : « le XXIème siècle sera sportif ou ne sera pas ! ».
August 20, 2014
La synthèse de cet ouvrage en une phrase : le sport est un puissant outil diplomatique de soft power. Ceux qui n'auraient jamais entendu parler de mondialisation, du village global de Marshall McLuhan ou qui n'auraient pas eu vent du plus récent Mainstream de Frédéric Martel trouveront peut-être là matière à réflexion. Pour les autres, les spécialistes du sport, même du dimanche, et les amateurs passionnés des questions de mondialisation, il ne s'agit nullement d'un scoop et la déception est inéluctable. Cet ouvrage est agaçant car son introduction et sa table des matières nous évoquent la promesse d'une analyse nouvelle et approfondie mais étonnamment pour quelqu'un de cette acabit et de cette position, c'est toujours la même sentence - qui dépasse à peine celle du pilier de comptoir - qui est assénée et ressassée à longueur de page, parfois même de manière bancale et tarabiscotée, si bien que notre esprit finit par vagabonder et que l'on sait à la moitié de l'ouvrage qu'il va falloir boire le calice jusqu'à la lie. En plus de ces répétitions, de légères contradictions, quelques fautes de frappe et des légendes approximatives ou peu claires font également trébucher la lecture par moments, donnant le sentiment général d'un devoir d'étudiant bâclé sur la fin pour être rendu à l'heure. Le seul intérêt de cette lecture réside finalement dans le rappel de faits historiques où la politique et le sport se sont téléscopés (diplomatie du ping-pong entre les USA et la Chine en 1971, la guerre du football entre le Honduras et la Salvador en 1969, le bain de sang de Melbourne en 1956 impliquant les équipes de Water-Polo de Russie et d'Hongrie, l'UEFA empêchant l'Azerbaidjan et l'Arménie de tomber dans le même groupe depuis 2008), même si cet ouvrage est loin d'être exhaustif en la matière. Une compilation plus large et plus rigoureuse de ces interactions historiques aurait été en fin de compte préférable à cette analyse superflue qui enfonce des portes déjà ouvertes (notamment le chapitre du Qatar qui malgré quelques pistes intéressantes ne se contente de ce que l'on sait déjà ou presque). Un brouillon d'idées à revoir...
February 22, 2022
Pour un néophytes comme moi, les points abordés sont amenés de manière simple, clair et logique.
Le sport étant de plus en plus médiatisés et prenant une ampleur pouvant poser de vrai enjeux de relations diplomatique, c est un vrai sujet d actualité.
Petit bémol cependant, je trouve que c est un livre qui vieillit mal, les contextes évoluant super vite il faut bien penser à le remettre dans son contexte d écriture.
Le sport étant de plus en plus médiatisés et prenant une ampleur pouvant poser de vrai enjeux de relations diplomatique, c est un vrai sujet d actualité.
Petit bémol cependant, je trouve que c est un livre qui vieillit mal, les contextes évoluant super vite il faut bien penser à le remettre dans son contexte d écriture.
Displaying 1 - 3 of 3 reviews



