Je tiens, d'entrée de jeu, à remercier l'autrice et Notre bulle de romances francophones pour la belle Lecture Commune!
On dit qu'un livre entre à un moment précis dans notre vie. Ce livre est tombé à point dans la mienne. Dès les premières pages, j'ai été happée par la souffrance de Marianne. Derrière ses airs sévères, elle dissimule une peine, un deuil immense. Sa tentative de suicide au domaine de Samuel va changer sa vie, de même que celle du jeune homme. Ma vie a un autre goût depuis la fin de ma lecture de ce roman. Les thèmes du deuil, du suicide, de la reconstruction, et des illusions/rêves font de ce récit un éloge à la vie elle-même. Quand plus rien ne nous retient dans ce monde, que nous reste-t-il à vivre?
Suzanne Roy a le don avec les mots. Les émotions. Si le personnage de Marianne m'a paru antipathique sous le regard de Samuel à son arrivée dans son domaine, ma vision d'elle a rapidement changé. Je me suis reconnue en elle. Son désespoir a fait écho au mien. Ceci va être très personnel, mais depuis la perte de ma meilleure amie (Mylène), j'ai du mal à trouver un sens à ma vie. Je me demande ce que je fais encore ici et quels sont mes buts dans cette vie. Quand je disais, au tout début de cet avis, que les livres arrivent à un moment précis dans nos vies...Je fais référence à mon propre vécu. Cette lecture est venue me chercher profondément.
Marianne est une jeune femme qui se voit vieille, Samuel est un jeune homme dont la maturité le vieillit de quelques années. Ces deux êtres ont connus la souffrance, des deuils, côtoyer la mort. Leur rencontre est un feu d'artifice. Cet amour interdit n'est pas l'histoire d'une infidélité; elle est pour moi la renaissance d'une femme qui redevient fidèle à elle-même, à ses valeurs.
Le suicide est un thème qui viendra toujours me chercher dans mes lectures. Mylène est partie ainsi...Le fardeau des vivants, c'est de vivre la vie de ceux qui sont partis. Marianne et Samuel m'ont conquise de par leur authenticité, leurs failles, leurs lumières.
Je me suis moi-même longtemps vu comme du verre, à l'image de Marianne. Dans le même ordre d'idées, l'âge occupe une grande place dans le cœur de la protagoniste. La phrase sur la page couverture est magnifique et prend tout son sens, une fois cette lecture terminée: l'âge n'est qu'un chiffre quand le cœur sait aimer...
Le plus bel amour que l'on puisse offrir, c'est celui à nous-mêmes, avant tout. Ce long chemin ardu est celui des héros de cette romance, qui j'en suis persuadée, trouvera une résonnance dans votre propre vie.
Merci à Suzanne Roy pour cette magnifique histoire. J'ai hâte de lire, à présent, le cheminement de Charles dans Un cœur vide!