Si toute expérience du deuil est à la fois commune et singulière, le vide laissé par la personne aimée a ceci de particulier qu’il creuse le ventre, la chair, les os et la pensée de celles et ceux qui demeurent. Dans La tiédeur des sépultures, Alizée Goulet explore avec une immense tendresse les traces que la disparition laisse dans nos corps et nos gestes alors qu’il faut bien continuer à vivre. Un dialogue s’installe entre la vie et la mort qui nous écartèle entre le désir de s’enterrer soi-même et la nécessité d’embrasser la douleur pour y semer les germes d’une guérison. Peuplé d’images saisissantes et de « lamentations à planter », le recueil se déploie comme une oraison aux survivant·es, habité·es et façonné·es par la perte, tandis que la poésie s’efforce d’en « restaurer les territoires ».
Alizée Goulet (elle) habite un quartier où les poèmes poussent aussi haut que la verge d'or. Elle est titulaire d'une maîtrise en création littéraire (UQAM). Elle est l'autrice des recueils de poésie Ennuagée (Triptyque, 2022) et La tiédeur des sépultures (Poètes de brousse, 2023). Qui de nous trois s'égare est son premier roman.
Deuxième recueil de cette poétesse, les pages nous tirent dans une poésie marquée par le deuil. Dans l'absence qu'on peine à remplir, dans la terre contre laquelle on voudrait se coucher pour se rapprocher de l'être perdu, dans les morceaux de soit qu'il faut apprendre à recoller, Alizée Goulet peint une expérience du deuil très personnelle. Les sentiments, eux, sont universels. Avec un ton qui convient à la nostalgie et à la mélancolie qui accompagnent le changement de saison, ces verres nous permettent de confronter nos propres peines pour mieux voir ce qui est lumineux.
Cette écriture nous porte dans le monde des émotions et des souvenirs. Les impressions nous traversent et nous bousculent. Lire et relire des passages parce qu'ils nous parlent et où l'on peut se reconnaître. Quel talent ! quel puissance dans chaque mot. Une joie de pouvoir partager une seconde fois le travail d'Alizée Goulet.
Un recueil touchant sur le deuil. Il est difficile à mettre en mots, mais je trouve les images fortes et originales. La tristesse de la narratice est ressenti tout au long des poèmes dans une tension entre le désir de vivre, avec l'être perdu et l'abandon vers le sol, rejoindre la défunte dans la mort. Je le recommande fortement pour une lecture touchante et intelligente.
Le thème ne se devine pas aux premiers abords, mais nous ressentons bien la fragilité de celui-ci. L’auteure le décrit à travers l’environnement qui l’entoure, ce que j’ai trouvé très joli.
Grand retour d’une des plus belles voix en poésie québécoise, Alizée Goulet. Après Ennuagée, j’avais hâte de retrouver l’impact des mots que Alizée transmet. Ce 2e recueil qui fait l’éloge de la nostalgie et de la confrontation du deuil, a une connexion très fragile avec la nature et un sens du détail bien calculée. Alizée Goulet fait revivre les souvenirs, avec une prose imagée et facilement accessible. Très observatrice de l’environnement qui l’entoure, Alizée Goulet nous transporte dans une déconcertante cohésion d’eau, de forêts, de corbeaux et même de fantômes. Si le ton se veut triste et mélancolique, il sert office d’élan à ce fabuleux recueil qui demande quelques relectures de passages pour bien saisir l’ampleur du portrait éloquent et fragile qui se dessine.
Une poète/autrice québécoise que je tiens en grande estime pour son talent et ses thématiques et qui me fait découvrir la poésie d’une toute nouvelle et belle façon!