Les pères parlent peu de leur expérience. En littérature, la figure du père est souvent dépeinte par l'enfant – devenu adulte – sous les traits de l’absence ou de la violence. Et s’il existait « une communauté manquante […] potentielle de pères qui se parlent du temps qu’il fait dans leur rôle »? Dans une poésie limpide qui emprunte à l'essai et au journal, Soleil sans heures explore la paternité et les silences qui l'entourent. Olyvier Leroux-Picard raconte non seulement sa rencontre avec sa fille, mais aussi celle d'un enfant avec le monde et d'un père face à son nouveau rôle. Aveux d’échecs et enchantements se côtoient ainsi dans un seul poème fleuve dont la forme calque la temporalité inhérente à la parentalité et à la fulgurance de la première année de vie d'un enfant, quand le soleil et le corps ne partagent plus la même horloge.
Pas besoin d’être parent pour s’émouvoir de ce magnifique poème fleuve. Quiconque l’affirme est de mauvaise foi. Une poésie qui m’a émue par la force de ses images, par sa clarté sans entourloupes et par sa sincérité désarmante.
C'est en allant faire signer mon exemplaire, lors du dernier SILQ, au kiosque de la maison d'édition (Poètes de Brousse) à la poétesse Annie Landreville que la conversation l'a menée à me recommander ce recueil de poésie. Elle avait bien raison de dire que l'auteur aborde la paternité avec une belle sensibilité (je paraphrase).
De l'accouchement, aux premiers jours et le temps qui s'écoule après, on suit le fil des pensées d'un nouveau papa qui apprend à apprivoiser son rôle.
J’ai rien contre ce recueil toute en finesse et intimité, mais n’ayant pas d’enfants, ça me touche zéro.
Aussi, c’est le cinquième recueil de poésie sur la parentalité que je lis cette année, est-ce qu’il y a un club d’écriture parents-poètes pis je le savais pas ?