Reclus dans la petite république ethniquement " pure " pour laquelle ils ont combattu leurs voisins croates et bosniaques, les Serbes de Bosnie sont pourtant aujourd'hui les gens les plus désespérés qui soient. Un voyage aux confins de l'Europe et une méditation sur la guerre et l'inaptitude au bonheur. Fasciné par le destin des enfants de criminels de guerre, Marc part à Belgrade en 2010 pour enquêter sur le suicide de la fille du général Mladic, accusé de crimes contre l'humanité par la justice internationale et pourtant vénéré dans son pays. Dans la minuscule république serbe de Bosnie, Marc se retrouve face aux acteurs de ce conflit abominable. Avec une franchise déconcertante, ils racontent les désastres qu'ils ont vécus, les atrocités qu'ils ont commises pour conquérir une paix improbable. Aujourd'hui, ils ont le sentiment d'avoir gagné, ils ont chassé les Musulmans et les Croates. Enfermés dans un territoire ethniquement pur, ils ont réalisé ce rêve nationaliste qu'on voit ressurgir aux quatre coins de l'Europe : se débarrasser enfin de l'autre. Mais leurs frontières infranchissables ne sont qu'une prison derrière laquelle meurt tout un peuple. Lionel Duroy pose sur ces êtres démunis, enlisés dans leurs certitudes, un regard lucide et empreint d'empathie. Ces hommes et ces femmes sont-ils les derniers survivants d'un monde qui disparaît ou les précurseurs d'un désastre à venir ?
Prix Renaudot des lycéens 2012 Prix Joseph Kessel 2013
Më duket se në krejt gjithësinë nuk ekzistojnë qënie më fatkeqe dhe më tërheqëse sesa ne. Njëherazi të paditur rreth arsyeve të pranisë sonë mbi dhè, e megjithatë të paepur për të qëndruar dhe për të zbuluar qëllimin tonë përfundimtar, me çdo kusht.
Sur le plan émotionnel, c'est une lecture difficile qui se résume d'une manière très simple : le Serbes n'assument toujours pas leur responsabilité dans la guerre d'ex-Yougoslavie et tentent de justifier par tous les moyens le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica, tout en idolatrant des dirigeants criminels de guerre condamnés par le tribunal de La Haye.
Sur le plan humain, c'est puissant. Il existe souvent des tas de livres sur le vécu des victimes (qui sont bien entendu importants et indispensables), mais bien pu sur le vécu des auteurs de massacres. Entre ceux qui continuent de se mentir après toutes ces années parce que sinon, ils ne pourraient pas se regarder dans un miroir, et ceux qui ont été embriguadés par la propagande et l'hystérie collective, c'est tout un panel de criminels qui nous est dévoilé.
Un journaliste français se rend en Bosnie-Herzégovine, où il veut faire enquête sur les enfants de criminels de guerre. C'est l'histoire d'Ana Mladić, fille de Ratko Mladić qui s'est suicidée pendant la guerre, qui éveille son intérêt. Dans ce roman qui se lit comme un reportage, Lionel Duroy donne la parole aux Serbes et dresse le portrait d'un peuple toujours incapable d'accepter ses responsabilités pour une guerre qui a pris fin il y a 20 ans.