Le livre aborde l'histoire de la résistance communiste contre, d'abord, l'occupant nazi, puis contre la bourgeoisie grecque aidée par l'armée Britannique, avant son extinction avec les accords de Varkiza en 1945. De manière plus développée, le livre montre la montée du Parti Communiste Grec (KKE) et l'armée populaire de libération nationale grecque (ELAS) dans le cadre de la résistance, comme seule force antifasciste concrète, prenant le maquis, pillant les profiteurs de guerre afin de monter des collectivités autogérées avec tribunal populaire et démocratique sur un tiers de la Grèce. Ensuite, grâce à la coordination avec d'autres mouvements de gauche, comme le mouvement de Tito en Yougoslavie, les Italiens , Bulgares et allemands ont pu être repoussés, permettant le débarquement britannique à Athènes. Il faut cependant noter que ce débarquement a été préparé en avance "avec" la résistance, je mets des guillemets car les négociations n'ont été qu'une succession de "Faites revenir le roi !" "Non." "Faites revenir le roi !" "Non." Etc.
Et c'est là que les emmerdes commencent vraiment, pourquoi ? Parce que Churchill pousse à une union nationale avec la bourgeoisie afin de pouvoir tempérer les communistes, qui refusèrent, et éviter la révolution politique en Grèce, afin de faire revenir le roi. Les fameuses unions où on place des Bourgeois aux postes essentiels, genre Papandréou mdr. En parallèle, comme l'ELAS est ignorée dans ses revendications de punition envers les collaborateurs nazis et leur volonté de démocratie populaire, alors qu'ils sont soutenus par la population, du fait de leur rayonnement en tant que résistants, ils ont fait un gouvernement clandestin. Pire encore, Churchill s'appuie sur son pouvoir pour essayer de manipuler l'opinion en défaveur de l'ELAS, dans l'espoir qu'ils soient désarmés. En plus de cela, il fit libérer les monarchistes et leur fit donner des armes. En vain, la population soutient toujours le mouvement et cela se traduira par des manifestations qui seront réprimées dans le sang par la police.
Une véritable guerre civile aura lieu entre monarchistes et britanniques contre les communistes, en faveur des communistes. Cela conduira à des négociations, des accords que les britanniques vont trahir et à la terreur blanche des monarchistes, qui tueront et violeront tout ce qui n'est pas dans leur camp, sans aucune conséquence. Alors que des élections législatives sont en cours, l'ELAS appelle au boycott, et sera entendu (50% d'abstention) et quelle conséquence ? Aucune, la droite et l'extrême droite prennent le pouvoir et disent avoir la légitimité quand même. Ce qui se traduit par un retour du roi et la mort de l'ELAS. Moralité, la légitimité démocratique ne fonctionne que quand elle est en faveur des dominants, même s'ils tuent et violent sans vergogne.
Ce livre est long (333 pages) j'irais même jusqu'à dire trop long car j'ai été plutôt embrouillé par l'avalanche de noms d'organisation et de personnes à suivre, dont les noms grecs ne rendent pas la tâche aisée. Néanmoins, du point de vue de la dialectique de la lutte des classes, je le trouve très intéressant, et Illustre bien le problème de vouloir battre la bourgeoisie en suivant ses règles, dans un contexte mondialisé. Le livre est disponible gratuitement sur le site de La Fabrique pour la période du confinement donc si le sujet vous intéresse, ça peut être très intéressant, c'est de l'histoire pure et dure.