En 1912, alors que le dernier empereur chinois était chassé du trône, grand-mère Lie-Fei avait cinq ans. Elle venait de subir l'opération destinée à rapetisser ses pieds, afin de les rendre "beaux comme des fleurs de lotus". Mais grâce au changement de régime, ou à cause de lui, l'opération fut vite interrompue, et c'est avec des pieds "moyens" - garants d'une position médiane dans le conflit entre la tradition et la modernité - qu'elle traversa sans trop de heurts le régime communiste... Ce destin singulier, la narratrice, "la petite", le retrace avec un humour à froid et une tendresse jamais démenties tout au long d'une histoire qui traverse le xxe siècle, celle de grand-mère Lie-Fei bercée par les odeurs et les couleurs des eaux d'une Chine en profonde mutation.
Ying Chen (en chinois, 应晨) est une écrivaine sino-canadienne née à Shanghai en 1961. Ying Chen y poursuit ses études universitaires jusqu'à l'obtention de sa licence-ès-lettres françaises. Outre le dialecte de sa région et le mandarin, elle a appris le russe, l'italien, l'anglais et le français. En 1989, elle vient étudier au département de langue française de l'Université McGill. Elle a habité Magog et depuis 2003 réside à Vancouver. Elle est mère de deux enfants. Puis pour tromper la nostalgie de sa Chine natale, elle se met à l'écriture jusqu'à y consacrer douze heures par jour. Lorsqu'elle commence ses journées, elle se laisse bercer par la musicalité des textes de Marcel Proust qu'elle lit à haute voix. Son premier roman La mémoire de l'eau relate l'histoire de la Chine contemporaine à travers les yeux de femmes de plusieurs générations. Son second, Lettres chinoises, a pour sujet la correspondance d'un jeune immigrant à sa fiancée restée en Chine, et témoigne du choc des cultures, du déracinement et de l'impossibilité de l'amour. Son roman L'ingratitude lui vaut le prix Québec-Paris décerné en février 1996 ainsi que le prix des lectrices de la revue Elle-Québec. Le roman Immobile a la saveur d'un conte de fées. Le temps est le principal sujet de ce roman et il porte sur la mémoire.
This book is kinda written like on Earth we’re briefly gorgeous but French version. But I liked it this time cuz since it’s short it didn’t drag on. It was hella scattered on purpose ofc but it got me SAD. I was quite captivated. Ik cultural values are always changing and that we should all have some sort of cultural relativism in us but sometimes, I can’t help but think that some cultures are just bad, that some people are victims of their environments more than products. I’m glad foot binding is no longer a thing, what a silly practice rooted in misogyny, it grossed me out when she said that the reason was apparently that men believed that woman with binded feet had basically tighter vaginas 😨. Body mutilation as a cultural norm is such an INSANE concept.
Being a Chinese person in the mid 1900s must’ve been hella rough. Not only did they get absolutely massacred by the Japanese, they got massacred by their own people too all because of some dumbass politics. Having to transition from an emperor to communism from the disgusting cultural revolution … what a time to be alive then. Not that any big country has remotely anything to a clean past but I guess I don’t hear much about the Chinese one. Thanks mom and dad for bringing me to Canada. Y’all are hella brave for that and I am endlessly thankful.
This is Ying Chen’s first book and the third one I’m reading from her. It’s nice to see how her style evolved from this fragmented form. I hope she keeps writing. She fulfills the Chinese Canadian immigrant niche so well.
Je retourne vers ce livre quand je me sens lourde. Je ne peux m’empêcher de trouver ça beau, même si l’eau sent mauvais partout et que les pieds font mal.
Ce court récit est une fresque de la Chine du XXe siècle. A travers l'histoire de la grand-tante de la narratrice, nous découvrons l'évolution de la société chinoise liée en grande partie aux changements politiques du pays.
La condition de la femme est au centre de ce roman puisqu'on y aborde le sujet des pieds bandés (tradition archaïque qui consistait à bander les pieds des jeunes femmes pour stopper leur croissance et qu'elles conservent ainsi d'adorables petits pieds avec lesquels il était compliqué de marcher!). Y est également présenté la position inférieure de la femme dans la hiérarchie sociale, la tradition des mariages arrangés,... la liste est longue et révoltante. Avec l'arrivée du communisme, les traditions sont soudainement devenues indésirables et synonymes d'archaïsme. Parmi les bénéficiaires de cette évolution, les femmes, qui obtiennent le droit de travailler et n'ont plus à subir la torture des pieds bandés, devenus pratiques obsolètes.
Le roman suit le destin d'une femme puis d'une famille disloquée. Les chapitres courts sont comme des évocations de souvenirs, qui suivent un ordre chronologique mais ne sont pas forcément rapprochés (cf. Récits de notre quartier de Naghib Mahfouz). Ce procédé narratif marié à l'écriture agréable, légère et poétique de l'autrice, rend la lecture addictive.
Une oeuvre captivante, une fresque historique et intime, une plongée dans la société chinoise, qui propose un parallèle intéressant entre arrivée du communisme et libération de la femme.
Je donne 4 étoiles car en si peu de pages l’auteure transmet une partie de l’histoire de la Chine. À travers les femmes de la famille secouées par certaines traditions, elle sait lier l’action autour de l’eau.
Ce n’est pas pour moi une lecture particulièrement marquante, cependant j’ai pris plaisir chaque soir à la retrouver, avant d’aller dormir, afin de me replonger dans cette ambiance sereine et poétique.
J'avais déjà lu Ying Chen au secondaire et je n'avais pas apprécié plus qu'il le faut. Pourtant le résumé de ce roman m'intriguait et j'ai été agréablement surprise ! Ying Chen a une écriture toute simple et cette incursion dans la fin de la Chine impériale était instructive à sa façon. Je connaissais peu la culture chinoise et ce livre me pousse à en apprendre plus sur cette culture.
Lu dans le cadre de mon défi lecture 2016 : un livre sur une culture que l' on connait peu
A short, interesting story about a woman's life during the shift from dynasticism to communism in China. Written in little vignettes, you're introduced to different facets of Chinese cultural life throughout this monumental transition. My favorite pieces of the story were "Les beaux pieds", "Oncle Jérôme," and, " "La nouvelle mode."