En 2003, c'était un coup de gong énorme: les 3 usines électroniques Daewoo, implantées à grands frais (et fonds publics) dans cette vallée de Lorraine, la Fench, désertée par la métallurgie, mettaent tout le monde à la porte et se délocalisaient en Turquie et Pologne.
S'ensuit une grève dure, avec séquestrations (c'était dans l'air, comme à Cellatex, ou cette usine qui avait menacé de verser toutes ses réserves d'acide dans la Meuse).
Lorsqu'avec Charles Tordjman, qui dirige le Centre dramatique national de Nancy, nous venons pour la première fois à Fameck, c'est à cause de la dignité de ces phrases dites par des ouvrières, et rapportées par la presse, contre la violence en gants blancs qui leur est faite.
Mais plus rien, usine vide. La "cellule de reclassement" ? Fermée suite à escroquerie.
Alors, en vue du spectacle que nous voulons venir jouer ici, dans les gymnases, commence pour moi une drôle d'enquête: via Internet, via l'ensemble des images et paroles, en revenant souvent hanter les lieux vides. Alors le projet de théâtre se double d'un carnet de notes, un journal où, pour fabriquer de plus près mes personnages, je reprends cette matière réelle, perturbante, dans des entretiens fictifs.
Le livre paraît en 2004 (il est toujours disponible en Livre de Poche). Mais comme chaque livre, c'est pour moi un atelier vivant. Ici les fragments de théâtre s'insèrent à l'enquête et aux entretiens inventés. On ne parle plus de Daewoo, le temps n'est plus à l'accueil de ces ouvriers coréens qui venaient symboliquement entourer d'un ruban la propriété niçoise de leur patron.
Mais les hommes politiques cités dans ce livre sont toujours ministres (de retour). Mais la question des usines qui ferment, ou de la nature même du travail, entre l'usine de téléviseurs et les shampoings pour chiens ou les centres d'appel, reste posée. Tous les jours.
Un très beau livre voire un chef d'oeuvre. Sur la fermeture des usines Daewoo en Lorraine et les ouvrier(e)s, essentiellement des femmes, qui perdent leur emploi. Pas de déploration, la mise en scène des récits, la reconstruction des lieux, celle des emplois de substitution qu'elles retrouvent (ou pas). Tout cela avec des formes narratives originales.
j'ai eu beaucoup de mal à me mettre dedans, je ne connaissais pas le style du roman donc je comprenais vraiment rien au début de ma lecture lol. le thème me paraît juste : il est plus que temps de donner une fois aux femmes ouvrières, qui sont encore bien trop silencieuses. j'ai ressentit quelques émotions pour sylvia :( le problème c'est que je me suis vraiment ennuyée quoi...
Fermeture d'usine en Lorraine et conséquences sur la population d'un territoire. C'est bien écrit, intéressant, mais aussi un peu décousu. Le côté fragmenté a perturbé ma lecture, mais ça reste un livre hybride (roman ? pièce de théâtre ? reportage ?) original.
(Lu pour les cours de L3) J'aurais vraiment aimé l'apprécier. Déjà parce que ça aurait rendu bien plus facile la présentation que je devais en faire, ensuite parce que l'idée de donner une voix à ces femmes licenciées, qu'on entend toujours trop peu, me paraissait bonne. Je n'ai pas tout détesté indistinctement ; certains passages m'ont même touchée. L'ensemble en lui-même m'a pourtant franchement déçue et ennuyée.