Imagino este ensayo como un combate. Quisiera escribir un ensayo-enojo, un ensayo-rabia. Que fuera recibido como una avalancha de golpes. Entre una frase y otra, habrá que visualizar energía desplegándose. Habrá que ver los músculos de mis muslos contrayéndose, mi centro de gravedad descendiendo y mis puños en posición de guardia. Habrá que entender por qué me esfuerzo por mantener mis hombros relajados y mis reflejos alertas, imaginar con precisión un codo que baja levemente, unas caderas que giran. Vean esa rotación, vean cómo esos huesos siguen el ímpetu del brazo y lo propulsan hacia su blanco. Entre cada palabra de cada una de las frases que componen este texto habrá que oír el ruido de un cuerpo pegándole a otro cuerpo. El martilleo de mi ira acaso no baste para que reviente la historia de mi familia. Entonces, será mejor guardar en la mente la imagen de unas vendas negras alrededor de mis articulaciones, que atenúan el filo, impiden que la piel se resquebraje, me protegen de una fractura en la muñeca. Que me permiten, sobre todo, embestir más fuerte.
Pour que je sois sans mots, sans voix, faut que ma lecture m’aille ébranlée profondément. J’ai enfin l’impression que je trouve un lieu refuge dans l’écriture de Marie-Pier Lafontaine. J’ai l’impression que la littérature de combat est ce qui m’interpelle le plus. J’ai toujours été une femme en colère, la rage au coeur et qui se bat de manière perpétuelle, voire infini.
« La force morale, c’est de réussir à repousser au lendemain son suicide »
Je me sens validée par cette écriture, elle me donne des impressions de tous les possibles. Bien contente d’en avoir une copie, je sens que je vais la relire souvent. Lu d’une seule traite et je finis en tremblant de rage mais énergisée dans le but de poursuivre le combat!
Ouvrage coup de poing, étoffé et personnel à la fois.
Ouvrage qui dénonce la manière qu’on éduque les femmes dans la peur et dans la fuite face aux comportements problématiques des hommes et de la misogynie.
Ouvrage qui dénonce le droit d’utiliser la littérature aux fins désirés même si ça ne plait pas. On y aborde un peu les réactions que son livre Chienne a eu.
Ouvrage qui aborde la peur de l’autrice de se reconnaître dans la violence de sa famille.
Ouvrage poignant. J’ai apprécié les recherches faites, citées et les divers concepts appuyés par des exemples. Ça fait d’autant plus mal.
Essentiel. En complément de Chienne, mais aussi comme oeuvre à part entière. Pour celles et ceux qui pensent comprendre, la littérature, la violence, le trauma; pour celles et ceux qui veulent bien entendre.
Lecture percutante, troublante même, mais ô combien légitime et plus que pertinente. La première partie - la plus importante en nombre de pages - se consacre à la question du trauma, et, même si je n'ai rien appris de nouveau (simplement parce que je suis/lis de nombreuses féministes), l'autrice en parle avec une telle précision et une telle clarté que ce livre devrait être mis entre les mains de tous les adultes.
Plus que tout, cette phrase, sur laquelle je suis restée accrochée plusieurs minutes, clignant des yeux, disant 'mais oui, mais oui, c'est ça': « La culture du viol est une culture qui demande aux femmes d’incorporer à répétition et en silence l’image de leur propre cadavre. En d’autres mots, la culture du viol distille une forme diffuse de trauma, qui se produit tout au long d’une vie, et dont toute personne s’identifiant comme femme peut souffrir. "
Mais quel livre percutant. L’autrice m’a déstabilisé avec la force de ses mots. Sa rage est palpable. On la ressent, on la vit et on la comprend. C’est un essai pertinent, très d’actualité. J’ai le cerveau en ébullition. Je continue de réfléchir, de m’indigner. Être une femme, c’est un combat quotidien !!
« Jusqu’où faut-il aller pour se sentir en sécurité dans un monde où ce sont les hommes qui décident de nos droits, où ce sont les hommes qui décident de nos vies ? »
Lire les écrits de Marie-Pier Lafontaine en se mordant l'intérieur des joues pour se rappeler qu'on survie, c'est se défendre.
Très reconnaissante d'avoir la chance de lire les textes d'une autrice qui donne envie de mettre les gants et d'avoir l'énergie pour se tenir debout face à la vie à venir.
Extrait: « Pour moi, Armer sa rage a été un essai tellement puissant et rempli de vérité qui m’a, tout le long de ma lecture, bouleversée page après page. Sans aucune honte, j’avoue que j’ai même eu la chance d’en apprendre énormément sur les traumas et le trouble du stress post-traumatique dont je ne connaissais même pas l’existence. De plus, j’ai même réussi à découvrir les différences entre les trois genres de traumas qui existent. »
Un livre dur, mais nécessaire, plus particulièrement pour les personnes socialisées homme qui veulent améliorer leur posture d'allié.
Je retiens particulièrement les notions suivantes, étayées dans la première moitié du livre:
En s'appuyant sur d'autres penseuses, l'autrice recadre la notion de trauma pour mettre en lumière comment le patriarcat encourage ces violences, sous-évalue leurs impacts et dirigent la honte vers les survivantes plutôt que vers les aggresseurs.
Il y a encore, dans l'imaginaire collectif, l'impression que le trauma relève d'événement hors-de-l'ordinaire. Et que les symptômes traumatiques ne peuvent être ressentis que par la personne ayant vécu cet événement.
Or, les violences à l'égard des femmes sont tristement très courantes. Elles ont longtemps été banalisées par la culture patriarcale, et certaines formes continuent de l'être (catcalling, "séduction" insistante, blagues de viol, etc.).
Mais nos normes sociales tendent à invalider que ces violences constituent des événements fort potentiellement traumatiques.
Ce faisant, on banalise la reconduction de ces violences. Les hommes, conditionnés par le patriarcat, ne sont pas conscients de l'intensité des impacts que peuvent avoir ces comportements qu'ils voient chaque jour dans la rue, à la télé, dans leurs groupes d'amis. J'ose croire que si les hommes (dont je suis) jugeaient ces comportements sans être biaisés par le patriarcat, ces violences seraient des cas isolés, plutôt que des normes sociales.
On fragilise aussi encore plus la santé mentale des survivantes, en leur faisant vivre une honte d'être aux prises avec des symptômes traumatiques intenses (hypervigilance, paniques, freeze, etc) pour des événements jugés, par la société, comme étant banals.
Ces symptômes d'insécurité intenses peuvent également être ressenties par des personnes n'ayant pas vécu d'événement traumatisant en soi, mais étant conscientes que ces violences ont lieu partout autour d'elles. L'autrice, en s'appuyant sur Maria P.P. Root, parle alors de traumas indirects et insidieux.
La seconde moitié du livre est un témoignage des conséquences d'une enfance traumatique et violente. Pour moi, ça me force à reconnaître l'ampleur du privilège que représenre avoir grandi dans une famille bienveillante. Un exercice d'empathie nécessaire.
Toutes des raisons pour faire de notre mieux pour renverser le patriarcat, pour que la honte se loge dans le ventre des agresseurs plutôt que dans celui des survivantes.
Dans son premier livre, le roman Chienne (Héliotrope, 2019), Marie-Pier Lafontaine témoigne d’une enfance passée sous le joug d’un père violent, incestueux et misogyne. À travers une série de vignettes à glacer le sang, elle affronte l’horreur, la dissèque, la donne à voir dans toute sa cruauté et sa laideur, dans l’espoir peut-être de changer les choses. Son écriture en fragments, ponctuée de phrases percutantes qui s’incrustent dans la mémoire comme dans la chair, a beaucoup été critiquée pour sa facilité. Dans son nouveau livre, l’essai Armer la rage. Pour une littérature de combat, qui paraîtra le 14 mars chez Héliotrope, elle répond à ses détracteurs, se portant à la défense d’une forme qui reprend la logique d’un état de stress post-traumatique. « L’écriture par fragments moule les contours d’une mémoire morcelée, écrit-elle. Tout simplement. Prétendre qu’elle traduit une paresse d’écriture, c’est refuser que les réalités des femmes qui vivent avec un trauma soient adéquatement représentées. C’est nous refuser une existence littéraire. C’est misogyne et ignare. » Cette verve, cette colère, marque chaque page de cette grande réflexion intime et politique sur le trauma, de cette charge littéraire contre la culture du viol, la banalisation de la violence et une société qui prive les femmes et les minorités d’agentivité.
me colgué en marcarlo como leído bueno pero eso no le importa a nadie. la cosa es que es un libro que me dejó con la mandíbula contracturada de tanta bronca. es un ensayo simple, no suma ninguna arista nueva a la discusión feminista y las violencias que sufrimos, pero no por eso deja de ser un testimonio más de todo lo que viene con una feminidad: violencia, abuso, discriminación, acoso. lo leés con los puños cerrados para cagarte bien a trompadas con el primer varón que te cruzás.
lo que si me resultó interesante fue la conciencia de la racialización y la ¿cómo le dirán? bueno la visión de las primeras naciones de la cuestión, pero es entendible porque la autora es canadiense. no le pidamos que hable de pobreza o del ecuador (el río bravo) para abajo.
Alors que l’on me demandait, en me voyant ouvrir ce livre, si je n’en avais pas un peu marre de lire encore des bouquins de ce genre (entendons par là : féministes et révoltés). J’avais répondu que non, vraiment pas ! J’y trouvais de la rage, une écriture nouvelle et politique. Une littérature jubilatoire et engagée pleine de convictions, armée de revendications solides et argumentées.
Ce livre en est un parfait exemple !
Un essai qui tient entièrement dans son titre, 100 pages qui disent fièrement : ne nous chiez plus dans les bottes où vous allez vous les prendre dans le cul ! (notez que c’est beaucoup mieux dit que ça !)
Je commence par dire que j’avais adoré Chienne. C’est vraiment un roman unique, qui continue de résonner en moi encore aujourd’hui. C’était du travail de maître autant sur le fond que sur la forme.
Je suggère Armer la rage en complément à Chienne. J’ai aimé découvrir l’autrice et ses traumas en dehors du voile de la fiction. Elle y fait un essai sur le rôle de la littérature dans la dénonciation des agressions sexuelles, ravive la mémoire des féminicides les plus sordides pour les lecteurs… Difficile à lire sans avoir envie de vomir, mais oh combien nécessaire.
Lire Marie-Pier Lafontaine, c’est lire la rage au cœur et les dents serrées. Déjà que Chienne ne m’avait pas épargné il y a quelques années, Armer la rage n’aura pas été plus tendre. Rejetant la fiction pour cet œuvre-ci, Marie-Pier Lafontaine nous livre un essai percutant sur la culture du viol et la violence familiale dans notre société. C’est fâchant, c’est indignant mais c’est nécessaire parce qu’être femme, même en 2022, n’est pas chose aisée.
En todo momento leí aparentando la mandíbula y nudo en la garganta de la impotencia ante cada hecho que relataba Marie-Pier en este simple ensayo. En momentos me encontré identificada aunque mi historia sea completamente diferente y muchísimo menos llena de violencia como la de la autora, pero aún así me llenó de preguntas internas que cuestionaban y respondían al mismo tiempo los miedos que tengo hoy en día. Excelente.
Suite à une agression dans le métro, Marie-Pier Lafontaine a écrit un manifeste pour attirer l'attention sur le phénomène universel des agressions contre les femmes. Elle y raconte également le contexte des agressions qu'elle a subies dans son enfance de la part de son père. Elle écrit un roman brutal, "La Chien", qui connaît un grand succès.
Tout le monde devrait lire cet essai. Mais ça fait mal.
« J’ai su à l’âge adulte seulement qu’il existe des familles sans inceste. Que certains enfants ont un droit de parole à la maison. Qu’exploiter le corps de ses propres gamins est passible d’emprisonnement. J’ai su très tard qu’il y a des femmes qui ne sont pas mortes d’avoir révélé le secret de leurs colères. »
Un ensayo breve pero brillante, agudo y crítico sobre la violencia contra los cuerpos de quienes nos asumimos mujeres. Una toma de posición sobre la literatura y su papel para escarbar y sacar a la luz las atrocidades que un hombre puede cometer contra una mujer. Es lo primero que leo de Marie-Pier Lafontaine y por supuesto que la seguiré leyendo.
Librazoooooooo como la literatura permite a la escritora denunciar el abuso que sufren las mujeres. A los 26 años sale de su casa, huye de su familia de esa puerta roja. Su escritura alza la voz por las mujeres ¿por que en la sociedad normalizan el abuso? ¿Por que re victimizan a las víctimas? Muestra como ser mujer es un error en el mundo.
Un propos livré avec une puissance de frappe étonnante. Des vérités révélées sans fioritures. Une écriture d’une beauté simple et brute. Une réflexion juste, et profonde, qui ne saurait laisser indifférent.
Chaque phrase est effectivement un coup de poing immense. Qui perturbe et encourage le mouvement simultanément. Ça aide à éclaircir des états, des pensées liées au trauma. La rage devient une lumière.
J’aimerais bien que tous les hommes et les privilégiés puissent le lire. Me faire répéter tous mes traumas, c’est good, mais ça servirait mieux aux autres. Entk, je mets quand même 5 étoiles pour augmenter sa visibilité et son potentiel nombre de lecteurs😌 bonne lecture à touss
J'annote mes livres : j'ai choisi cinq couleurs d'onglets pour ma lecture. J'avais espoir de laisser au moins une pour quelque chose de positif (espoir, peut-être ?). À la moitié du livre, j'ai réalisé que je ne pouvais utiliser la dernière couleur que pour "Désespoir".
Un livre que je souhaite faire lire à tout mon réseau. Un essai tellement juste qu'il donne mal au ventre, un mal de vérité. Documenté, dans la recherche et dans l'expérience de vie de l'autrice. À lire absolument.