Une écriture clinique et sans fard qui n’est pas sans rappeler celle d’Annie Ernaux À la fin de l’été, Françoise Lane évoque devant ses enfants l’idée d’avoir recours à l’aide médicale à mourir. Saisie par l’urgence, sa petite-fille décide de reprendre avec sa grand-mère une relation qu’elle avait laissée s’étioler avec les années. Jour après jour, elle observe un quotidien monotone et fait l’expérience de la beauté et de l’absurdité d’une fin de vie qui s’éternise. Un roman qui livre un hommage à la famille, forcément imparfaite, et aux liens familiaux parfois complexes, toujours riches. L’observation fine d’une relation du quotidien entre une grand-mère et sa petite-fille suscite des questions périlleuses et fondamentales sur le temps, la mémoire et la perte.
Sarah Desrosiers a fait des études de danse classique à l’École supérieure de ballet contemporain, puis de littérature à l’Université de Montréal. Elle a posé son baluchon pendant quelque temps à Ucluelet, sur l’île de Vancouver, avant de revenir s’installer au Québec. Chemin faisant, elle a publié chez Hamac le roman Bon chien (2018) et participe régulièrement à différents collectifs littéraires. Son écriture s’intéresse à l’infiniment petit, à l’ordinaire grandiose.
Coup de coeur pour ce si touchant récit sur l’ultime tabou : la mort. J’aime particulièrement que l’auteure nous fasse vivre son malaise face à l’état de sa grand-mère qui se détériore. On se dit ben voyons, mais en même temps on comprend. Et l’aspect de l’acharnement thérapeutique est aussi très bien abordé, sans pudeur, humainement. C’est le meilleur mot pour décrire ce livre: humain.
En tant que lecteur, j’ai aimé l’écriture directe, précise. J’ai aimé la répétition du style de chaque chapitre, qui se calquait à la répétition de ses visites, même si au début je trouvais redondant et un peu trop sévère le fait que la “chute” de la plupart de ses chapitres soit une forme d’auto-attaque cinglante sur son manque de responsabilité.
Mais ces auto-critiques étaient au final un symptôme des sentiments complexes entourant la mort d’un.e proche. J’ai particulièrement aimé les réflexions autour de l’aide médicale à mourir, quand l’autrice discute avec son père et qu’ils se demandent si les proches devraient se forcer à faire quelque chose qui les rend mal à l’aise pour respecter les fameuses dernières volontés.
En tant que proche ayant moi-même perdu ma grand-mère récemment, tant d’éléments de son récit me projetaient à ma propre expérience. C’était super touchant, surtout la valse entre les différents membres de la famille. Et j’ai adoré la façon dont les dialogues étaient rapportés, surtout les paroles de sa grand-mère, si colorées. On pouvait tellement imaginer une personne âgée de cette génération dans les tournures c’était magnifique.
Et finalement en tant que professionnel de la santé, j’ai été tellement impressionné par la façon dont elle a rapporté les milieux de résidences et de CHSLD, la relation avec les préposées et les infirmières (et les médecins surtout absents évidemment), les décisions à prendre, les niveaux de soin, etc. J’espère que cette lecture pourra aider des gens à mieux comprendre et à se préparer à cette étape pour des proches.
Un petit bijou à mon avis, et je suis content que la grand-mère de l’autrice ait connu un décès aussi serein et paisible entourée de ses proches. Un grand merci d’avoir partagé son histoire.
Encore une fois, un roman de Sarah Desrosiers qui frappe fort.
Cette fois, l’autrice aborde des sujets sensibles en nous partageant les derniers mois de vie de sa grand-mère, Françoise Lane. Au travers les visites qu’elle lui rend à sa résidence, elle nous dresse un portrait de la condition de vie des aînés en pertes d’autonomie, du processus entourant l’aide médicale à mourir et la charge mentale des proches aidants.
C’est un livre dans lequel les visites se succèdent, les questionnements s’enchaînent et les inquiétudes entourant l’état de santé de Madame Lane se multiplient. Ça peut vite devenir redondant mais en même temps, cette redondance, rappel le quotidien monotone et routinier de la grande majorité des aînés. Ça nous rentre dedans et ça fait prendre conscience de la lourdeur des jours qui se suivent et se ressemblent.
L’histoire de cette famille nous amène à réfléchir à l’aide médicale à mourrir, au passage du temps et à ce qui nous reste rendue au bout de notre vie.
J’ai bien aimé ma lecture.
C’est un bel hommage que l’autrice fait à sa grand-mère, à sa famille. ✨
J'aurais voulu aimer ce livre, mais je n'y suis pas arrivée. Je n'ai pas ressenti quoique ce soit pour la narratrice ou sa grand-mère, je n'ai pas été charmée par l'écriture, et le projet que représente ce livre ne m'a pas amenée à réfléchir quant à la vieillesse ou à l'aide médicale à mourir. Dans l'ensemble, le récit m'a semblé fade et répétitif; déjà vers la moitié j'avais hâte que la grand-mère passe l'arme à gauche. C'est dommage, j'avais beaucoup aimé le roman 'Bon chien' de cette autrice, mais je n'ai pas retrouvé ici la même plume fascinante.
Je conviens que l’écriture froide et clinique illustre bien le malaise des proches face à la mort imminente, la monotonie de la fin de vie de beaucoup d’aînés et l’apathie qui s’installe, mais personnellement, vu le sujet, j’aurais aimé être émue. J’aurais préféré que le livre me fasse pleurer, m’indigner, ressentir quelque chose. Ce n’est pas un livre auquel je repenserai une fois terminé. Comme la narratrice qui oublie vite sa grand-mère après une visite.
Sarah Desrosiers nous offre un récit honnête de sa relation avec sa grand-mère. Ça fait beaucoup réfléchir, à la mort, aux relations familiales, à la façon dont les personnes âgées sont traitées. J'ai beaucoup aimé la façon simple dont Sarah narrait ses visites à sa grand-mère. J'ai adoré ma lecture et j'ai bien hâte de lire "Bon chien", par la même autrice.
Livre très touchant. Écriture simple et efficace. Les pensées de la narratrice nous confrontent sur les réalités de la vieillesse et de la mort et sur les sentiments qui peuvent nous habiter dans l’accompagnement d’un proche dans ces moments.
J’ai vraiment aimé ma lecture. J’ai été profondément émue à de nombreuses reprises. L’écriture assez dépouillée m’a permis de me reconnaître dans ce qu’avait vécu Sarah Desrosiers, de pouvoir m’approprier, jusqu’à un certain point, ses réflexions. Ça m’a beaucoup fait réfléchir à mes propres expériences avec mes grands-parents et au fait que, comme plusieurs, j’avais été une petite-fille ingrate. À mon avis, un roman qui nous touche ET qui nous fait réfléchir, c’est toujours une combinaison gagnante.
J'ai beaucoup aimé ma lecture tout en douceur et simplicité. J'ai trouvé son écriture apaisante, sans artifices. Sarah détaille chacune des visistes qu'elle fait à sa grand-mère en fin de vie sur une période de 6 mois. Ce n'est rien de trop profond ni bouleversant, c'est même un peu redondant, mais il n'y a pas de feu d'artifices dans la vie qui s'éteint. Elle choisit d'être présente pour sa grand-mère, malgré son impuissance et son malaise face au chemin que parcoure sa grand-mère vers la mort. Accepter que ça ne lui tente pas toujours d'être là, qu'elle ne sait pas trop quoi dire ni quoi faire, elle n'essaie pas de jouer un aitre rôle et surtout elle continue d'y aller. Si seulement toutes les grands-mamans du monde pouvaient être accompagnées ainsi par leurs proches. C'est plein de temdresse et de simplicité.
Du simple, du quotidien et du doux avec une personne proche en fin de vie. Pas de flafla, du vrai. Des répétitions, des p'tits chocolats pour la visite et des bouts de récits entremêlés d'imaginaire.