Je crois qu'il faut écrire avec la verve de l'adolescence, seulement nous raconter nous, Sven et moi, le tragique de cette histoire, mon désir sale, ambigu, mauvais. Il faut enfin écrire la grâce de cet amour dont il ne veut pas et qui l'encombre. Le narrateur, trente ans, travaille dans une bibliothèque. Lorsqu'il aperçoit Sven, il est subjugué. Ce jeune homme qui fait la manche assis par terre, le visage livide et émacié, lui fait penser à un jeune Glenn Gould fatigué. Ou à un animal sauvage. Le lendemain, Sven n'est plus là, laissant le narrateur mélancolique. Il réapparaîtra, disparaîtra de nouveau, acceptera l'hospitalité, pour fuir encore... Dans ce jeu de la séduction, c'est Sven qui mène la danse. Lorsqu'ils partent enfin ensemble à Groix, cela semble inespéré. L'île sera-t-elle le lieu du rapprochement des corps ? À la fois cru et romantique, sombre et lumineux, Prélude à son absence est un premier roman.
Robin, le narrateur a 30 ans, il travaille en bibliothèque à Lyon. Un soir, en rentrant chez lui, il croise Sven, un jeune homme mendiant dans la rue. Il lui fait penser à Glenn Gould.
Mélancolique, il espère le revoir le lendemain, cet homme lui manque. Il veut le revoir, cela devient une nécessité. Ils vont jouer au chat et à la souris, se revoir, se perdre à nouveau.
Jeu de la séduction, parallèle avec la musique de Glenn Gould mais aussi et surtout la poésie, la littérature de Jean Genet. Les livres les rapprochent.
Ce désir de Robin se mue en obsession.
Dans la seconde partie, le départ pour l'île de Groix, en voie pour un rapprochement des corps ??
Entre attirance et dégoût, deux mondes différents se croisent sur un fond de mélancolie du piano, des oeuvres musicales et littéraires.
C'est un roman intimiste à la plume belle, juste, romantique. Elle nous fait vivre les espoirs, les attentes du narrateur qui a besoin de Sven pour prendre la plume. On ressent la tension dans l'écriture, la tension du désir, l'attirance, l'attraction vers Sven, vers le sexe identique. Un désir qui devient une obsession pernicieuse. Ce roman est à la fois sombre et lumineux. J'ai pris du plaisir à le lire.
Ma note : 8/10
Une lecture dans le cadre de la présélection du prix du roman Fnac
Les jolies phrases
Si l'écriture est une réaction à l'intolérable de l'absence, alors je vais beaucoup écrire.
Le désir se transforme en obsession pernicieuse. Besoin impérieux de le voir. Entendre mon téléphone sonner, le sentir vibrer quand il ne vibre pas. Vouloir le bazarder à la première occasion parce qu'il n'appelle pas - concernant l'obsession amoureuse, le téléphone est un objet cruel, un instrument de torture, pourvoyeur de mirages, témoin de l'attente, silencieux et coupable. Garder ses mégots. Lire Genet avec l'espoir stupide de lire, au même moment, la même phrase. Ne pas quitter le canapé où il a dormi. Attendre c'est moisir, se faire avoir. Que fait-il ? Pourquoi n'appelle-t-il pas ?
Je suis un cadavre au soleil sur lequel s'acharnent les vautours.
L’histoire est captivante, je peux dire comme ça. En revanche, le personnage principal me vexe. Il s’obsède à Sven mais c’est clair du début, ce garçon ne veut absolument rien de lui. Il y a une tristesse chez lui car ce garçon est énervant et profite bien de la situation. J’ai eu envie tout le long de secouer le mec pour le réveiller. J’ai dû arriver jusqu’à la fin pour un petit twist mais pour moi, c’était un peu trop tard.