Je m'appelle Marie. Le 18 mai 2002 j'ai perdu ma petite soeur, Laurette, d'une leucémie. Elle avait vingt-deux ans, nous avions six ans d'écart. J'étais la grande, l'aînée, celle qui montre l'exemple. Celle qu'on copie, qu'on imite, qu'on adule. Et pourtant, ce samedi 18 mai, elle ne m'a ni imitée ni copiée. Elle est partie. Elle a lâché prise. Elle m'a lâchée. À 20 h 20... Sa dernière blague de petite soeur a été de me choisir, moi, comme témoin de son départ. Pour quitter ce monde qui la faisait tant souffrir depuis dix mois et six jours.
Je n'aurais pas cru qu'il était possible d'écrire un livre aussi optimiste (sans sombrer dans la nunucherie) quand il s'agit du récit de la mort de votre jeune soeur suite à une leucémie, et du sentiment d'abandon qui vous a envahie les mois/années qui ont suivi.
Et bien, Marie Fugain l'a fait. J'ai même ri de bon coeur lors de certains passages. Bien entendu, d'autres moments sont extrêmement tristes mais j'aime beacoup le ton, le style, qui ne sombre jamais dans le mélo et qui sonne très vrai (on n'a pas l'impression de lire un livre de commande vite bâclé par un "nègre").