Jump to ratings and reviews
Rate this book

La Traversée

Rate this book
French

195 pages, Paperback

First published January 1, 1982

1 person is currently reading
44 people want to read

About the author

Mouloud Mammeri

19 books28 followers
[From Wikipedia] Mouloud Mammeri attended a primary school in his native village. In 1928 he emigrated to Morocco to live in his uncle's house in Rabat. Four years later he returned to Algiers and pursued his studies at Bugeaud College.
He then went to Lycée Louis-le-Grand in Paris intending to join the École Normale Supérieure. Conscripted in 1939 and discharged in October 1940, Mouloud Mammeri registered at the Faculté des Lettres d’Alger. Re-conscripted in 1942 after the American landing, he participated in the allied campaigns in France, Italy, and Germany.
After the end of the war, he received his degree as a professor of arts and returned to Algeria in September 1947 . He taught in Médéa, and then in Ben Aknoun, and published his first novel, The Forgotten Hill in 1952. He was forced to leave Algiers in 1957 because of the Algerian War. Mouloud came back to Algeria shortly after its independence, in 1962.
From 1965 to 1972 he taught Berber at the university in the department of ethnology. Teaching Berber was prohibited in 1962 by the Algerian government. He voluntarily taught some Berber courses under certain permission until 1973, when certain courses such as ethnology and anthropology were judged as "colonial sciences" and disbanded.
From 1969 to 1980 Mouloud Mammeri directed the Anthropological, Prehistoric and Ethnographic Research center at Algiers (CRAPE). He also headed the first national union of Algerian writers for a time, until he left due to disagreements over views of the role of writers in society.
In 1969 Mouloud Mammeri collected and published texts of the kabyle poet Si Mohand. In 1980, the prohibition of one of his conferences at Tizi Ouzou on kabyle poetry caused riots and what would be called the Berber Spring in Kabylie.
In 1982, he founded the Center of Amazigh Studies and Research (CERAM) and a periodical called Awal (The Word) in Paris, and organized several seminars on amazigh language and literature at the École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS). Thus he was able to compile a wealth of information on the amazigh language and literature. In 1988 Mouloud Mammeri received an honorary doctorate from Sorbonne.
Mouloud Mammeri died the evening of February 26, 1989 in a car accident, which took place near Ain-Defla on his return from a symposium in Oujda (Morocco). His funeral was spectacular, with more than 200,000 people in attendance. No officials attended the funeral, where the crowd organized in demonstrating against the government.

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
10 (55%)
4 stars
4 (22%)
3 stars
2 (11%)
2 stars
1 (5%)
1 star
1 (5%)
Displaying 1 - 2 of 2 reviews
Profile Image for Amina (ⴰⵎⵉⵏⴰ).
1,565 reviews299 followers
May 21, 2020
"La caravane mit plus de sept mois à traverser le désert, parceque sur son chemin le soleil les hyènes, les vipères, plusieurs sortes de fièvres, la soif tous les jours et la faim quelques fois retardaient sa progression. Comme toujours en pareil cas, en tête marchaient les héros. Seuls et exaltés, ils occupaient les jours à taillader les obstacles toujours renaissants et les nuits à compter les étoiles.
Pendant qu’à l’avant les héros, téméraires et distraits, tombaient par gerbes entières, derrière eux, le troupeau agglutiné suffoquait dans sa laine et la chaleur du soleil, mais il prenait bien soin de rester soudé. Le destin des héros est de mourir jeunes et seuls. Celui des moutons était aussi de mourir, mais perclus de vieillesse, usés et, si possibles, en masse. Les héros sautent d’un coup dans la mort, ils y explosent comme des météorites dévoyés, les moutons s’accrochent à la vie jusqu’à la dernière goutte de sang.
De temps à autre, au milieu de la caravane, des enfants naissaient, que leurs mères attachaient à leurs dos dans des linges étroits, pour avoir les mains libres, aussi pour imprimer la douleur en traits indélébiles dans les petits corps mal nourris, les accoutumer aux liens dès l’enfance, et ainsi les dégouter de l’héroïsme à jamais.
Il fallait les guérir aussi du gout de l’indépendance et de la solitude, Pour cela les mères, prévenantes, les pendaient à leurs seins, chaque fois que l’occasion s’en présentait. Elles savaient d’instinct que les petits d’homme, habitués à la chaleur du sein, ne pourraient plus tard se passer de la chaleur du troupeau. Le pourcentage de ceux qui mordaient le sein en hurlant était faible.
Les mères savaient que beaucoup de ceux-là mourraient tôt, un petit nombre arriverait jusqu’à l’adolescence et ferait les futurs héros. Elles savaient que de toute façon, on ne pouvait pas compter sur ceux-là : ils étaient d’avance perdus. Il restait heureusement la masse des autres, ceux qui vieilliraient tassés dans la tiédeur grégaire..."

Encore cette force de description..
Une Algérie post-independance, sur tous les plans, économique, social, culturel.. Le chaos qui pousse à la depression?
Tout simplement magnifique..
32 reviews1 follower
December 2, 2020
Une lecture magnifique/bouleversante d'une des plus belles plumes algériennes. J'ai eue un peu de mal à rentrer dedans du désespoir ambiant de l'ouvrage surtout à côté de l'opium et le bâton lue juste avant. Mais c'est aspect qui rend cette oeuvre écrite près de 20 ans plus tard d'autant plus poignante
Displaying 1 - 2 of 2 reviews

Can't find what you're looking for?

Get help and learn more about the design.