"... tous les soirs, cette banquette grise où je me retrouve moi-même, la traversée de Paris, les agents en pèlerine, les phares qui glissent mais ne coupent pas. Je monterai au troisième étage. Elle m'ouvrira dans un peignoir rouge et des mules de cuir rouge. Nous entrerons dans le salon. Je prendrai son visage entre mes mains et je l'embrasserai sur les joues. Visage obstinément retiré - la sagesse d'un monde moins avide, une conscience embarrassée d'ailes, une vision mystérieuse faite d'épées rentrées au fourreau et qui brillent à l'intérieur de l'ombre. Elle se laissera tomber devant la cheminée, je m'allongerai à côté d'elle."
He was born in 1925, and served in the French Army, specifically in the 2nd Hussard Regiment in the Second World War (Until 1945). He began to write quite early in his life. His first novel, Les Épées (The Swords) was published in 1948, when he was only 23.
He was the leader of the Hussards, a literary group which included notably Antoine Blondin, Michel Déon and Jacques Laurent, opposed to existentialism. He was opposed to the figure of the "engaged writer" symbolized by Jean-Paul Sartre. His most famous work is considered to be Le Hussard bleu published in 1950. Nimier also wrote in monarchist review La Nation française.
He also worked with director Louis Malle on the screenplay for Malle's 1958 film Ascenseur pour l'échafaud.
I libri sconosciuti - cinici, dissonanti e "velatamente" schierati dalla parte degli sconfitti - che leggo solo io, mi danno enormi soddisfazioni.
Nimier a 23 anni scrive qualcosa che in molti non riuscirebbero a replicare nemmeno dopo una vita di studio, esperienze ed elucubrazioni. Ho passato quasi più tempo a sottolineare, e a pensare che mi ricordasse tanto Céline, che a leggere. Ottimo segno.
In postfazione leggo che di fatto era molto amico di Céline e come quest'ultimo disprezzava Sartre. Bella storia.
L'histoire commence entre un petit garçon et Marlène Dietrich... Puis nous entraine dans la complexité et la sentimentalité de ce petit garçon qui grandit dans une France occupée. Pour lui c'est la Résistance ou la Milice, le reste ne vaut rien, Dieu vomit les tièdes.
Ici Nimier, à 23 ans, nous livre son génie et sa fulgurance.
Quand on dit d’un jeune auteur qu’il est un « petit con », c’est le signe qu’il écrit bien.
On le minore par rapport au Hussard bleu, qui serait plus abouti dans le fond. C’est réduire ce texte à ce qu’il n’est pas. Sa valeur réside dans l’éclosion du génie littéraire de Roger Nimier, qui passe d’une idée à l’autre à une vitesse folle, va droit au but et lance nonchalamment les formules éclatantes. Les Épées, c’est le déchaînement d’un esprit fort déjà échauffé par le refus de son premier manuscrit, l’Étrangère, publié à titre posthume par Gallimard. Et aussi par l’air du temps où il écrit – et comment lui en vouloir ?
Nimier abuse t-il du paradoxe ? C’est possible. Mais notez ceci : aucune outrance, ni dans l’horreur ni dans la pornographie ; aucune outrance, si ce n’est peut-être dans l’amoralité. Quand Nimier pèche, il a le sens de l’aristocratie et ne pèche que contre l’esprit. C’est pourquoi il déroute le lecteur contemporain.
Oui, ce roman tient par le style. Où est le mal ? Au Xxe siècle, c’est par le travail de la langue avant tout qu’on défend la singularité de la littérature par rapport aux autres arts. Nimier, pas davantage qu’un autre, mais sans doute mieux que les autres, marque son territoire. Avant les errements de l’Oulipo et les dérives de l’écriture « blanche », la langue de Stendhal obtient un sursis et une nouvelle jeunesse. À ce titre, ici plus que jamais, le style c’est l’homme. Ce que l’on comprend mal, c’est que Sanders n’est pas un personnage pensé : c’est un personnage écrit. C’est, à notre sens, une novation qui eût mérité une plus grande carrière. Sanders, personnage littéraire et manifeste esthétique, est un pied de nez à l’engagement obligatoire décrété par les Temps modernes de Sartre et de ses thuriféraires.
Je garde un souvenir ému de l’échappée sur les toits de Paris, passage qui m’a enchanté. Alors que les forces françaises libres prennent la capitale, Sanders fuit, non pas sous les crachats de la foule, mais au-dessus d’eux. Ce passage, vers la fin du roman, est une bonne synthèse de la posture du personnage et de son auteur.
5/5 pour remonter la moyenne de ce livre proprement exceptionnel qui m’a donné envie de danser.
Le roman est intentionnellement provocateur, et aborde des sujets qui peuvent paraitre dérangeants. Roger Nimier fait ici preuve d'un grand talent littéraire et stylistique. J'ai beaucoup aimé cette première rencontre avec cet écrivain.