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Frédéric Metz est un visage bien connu du Québec branché et artistique. Ce légendaire professeur et directeur du département de design de l’UQAM, fondateur du Centre de design et de l’École de mode, ne laisse personne indifférent. Il a son fan-club personnel et ses ennemis jurés. Dans sa carrière, il aura touché à tout : vitrines, emballages, affiches, événements, logos, signalétique et image de restos. Aucun secteur du design ne lui fait peur.
C’était mercredi le 2 octobre 2012 que s’est tenu le lancement de son nouveau livre « design ? Beauté et fonction passées au crible ». Ce livre n’est pas une rétrospective de sa carrière, mais plutôt une invitation à regarder les choses autrement. Frédéric Metz explique comment le design influence notre vie quotidienne, souvent à notre insu.
« Il faut en finir avec le cliché que seuls sont design les objets en acier inoxydable et les intérieurs blanc immaculé. » s’emploie à expliquer celui qu’on surnomme le pape du design.
« Selon l’idée populaire, le design signifie l’apparence, la décoration intérieure, le tissu des tentures et du canapé. Mais rien n’est plus éloigné de la véritable signification du mot « design ». Au contraire, le design est l’âme d’une création façonnée par l’homme qui saura exprimer, selon des modifications successives, le produit ou le service. »
Cette citation, bien connue de Steve Jobs, est placée en évidence au début du livre. Mais cette citation aurait pu venir de Frédéric Metz. Elle est l’essence même de son enseignement. Ayant eu la chance de l’avoir comme professeur à l’UQAM, il y a déjà bien longtemps de ça, j’ai été tout de suite frappé par la similitude entre cette définition et celle qui m’est resté des cours de Metz, comme on le nommait tous à l’époque, qui nous apprenait littéralement à « penser design ».
Le livre couvre l’ensemble des secteurs du design, réuni sous des chapitres aux titres courts et évocateurs : Designer, Colorer, Informer, Signaler, Marquer, Afficher, Emballer, Virtualiser, Réinventer, Persévérer. On se retrouve tout de suite dans le verbe, dans l’action, dans le concret.
Le premier chapitre, Designer, traite de la question « Qu’est-ce que le design? » « Toutes les solutions devraient aboutir à une solution fonctionnelle, simple, logique et esthétique. La fonction est primordiale et doit absolument précéder la beauté. » Comme exemple concret, on découvre qu’un designer réputé a pensé à ajouter en dessous d’une banale tasse blanche trois petites encoches qui facilitent l’égouttement de l’eau à la sortie du lave-vaisselle. Ce chapitre définit spécifiquement chaque secteur du design : Écodesign, Design industriel, Design de transport, Design d’intérieur, Design graphique, Design d’exposition, Design en mouvement, Design multimédia, Design interactif, Design de paysage, Design de mode, Design événementiel, Design culinaire et Design global.
Le deuxième chapitre, Colorer, parle, comme on se doute bien, du rôle des couleurs. Nos véhicules d’urgence ont certaines couleurs, mais en devrait-il être autrement? C’est grâce à ses explications que j’ai enfin compris pourquoi les camions de pompier de ma jeunesse étaient jaunes plutôt que rouge. Le chapitre traite aussi du rôle des couleurs en signalisation et au niveau des emballages de produits d’alimentation. Chaque couleur est analysée avec des exemples concrets pour sa signification et son impact.
Dans le troisième chapitre, Informer, on passe au design d’information. Le meilleur exemple : Qui n’a pas cherché le bouton de sortie dans un ascenseur alors que la marche à suivre devrait être claire? Le chapitre discute aussi de design souvent trop complexes pour s’y retrouver, comme nos télécommandes, ou des variations d’un guichet automatique à l’autre qui ne cessent de nous embêter si on n’est pas attentif. Même une montre ou une horloge peut faire preuve d’un mauvais design.
Chapitre 4, Signaler. Je dois avouer que c’est un chapitre qui m’a beaucoup intéressé puisque mon premier emploi était dans une boîte spécialisée en signalétique. Choix typographiques, grosseur de caractères, toutes ces options ont un impact sur nos vies lorsque vient le temps de prendre rapidement une décision éclairée. Frédéric Metz passe en revue plusieurs exemples de mauvaise signalisation routière au Québec et la compare avec d’autres pays où l’information est structurée, claire et précise. Je dois avouer avoir jubilé en lisant cette partie puisque je ne peux m’empêcher de refaire constamment la signalisation routière du Québec pendant ma conduite.
Le chapitre Marquer s’attaque à l’image de marque, aux symboles, aux logos et au branding. Je vous laisse lire le chapitre pour bien comprendre toutes ces nuances. Il catégorise aussi le choix d’un nom d’entreprise : le fondateur, le descriptif, l’abréviation, les initiales, le mot inventé, l’appropriation et l’analogie. La partie du chapitre qui donne un petit pincement au coeur des graphistes est sans nul doute celle où il précise qu’un logo sera reconnu seulement s’il est abondamment diffusé. Ça n’a strictement rien à voir avec la qualité du logo, qu’on se le tienne pour dit! Le chapitre passe en revue les logos de certaines grandes marques et leur évolution, pour le meilleur ou pour le pire.
Le chapitre Afficher parle de ce qu’on préfère le plus, c’est-à-dire toutes ses affiches colorées qui bordent nos routes, tapissent les murs et qui doivent passer rapidement un message clair. Frédéric Metz nous raconte la petite histoire des affiches et de l’affichage extérieur à Montréal. Beaucoup d’exemples sont mis de l’avant dans ce chapitre. On voit, entre autres, du matériel inédit de Vittorio, le célèbre affichiste qui a créé le petit personnage sympathique de Juste pour rire.
Le chapitre Emballer passe en revue les emballages de toutes sortes, surtout au niveau des produits d’alimentation. Le chapitre parle non seulement du graphisme d’emballage, mais de l’emballage lui même, les différents choix de contenant et leurs impacts sur le consommateur. On y voit des emballages de lait 2% et une erreur semble s’être glissée sur l’un deux. À vous de découvrir laquelle.
Le chapitre Virtualiser est celui qui nous tient à coeur ici chez Kryzalid puisque c’est notre métier. Le chapitre traite de la venue du monde virtuel dans nos vies. Selon une recherche de ComScore, citée dans le livre, les Canadiens comptaient, au quatrième trimestre de 2011, parmi les plus importants utilisateus d’Internet au monde, avec en moyenne 45 heures par mois (loin devant les Américains à 38,6 heures par mois). Le chapitre démystifie l’idée qu’un gars seul dans son sous-sol peut faire l’ensemble du site correctement. De nos jours, plusieurs personnes gravitent autour de la réalisation d’un site Web : planificateur stratégique, spécialiste UX, designer, intégrateur et programmeur. La liste est longue.
Enfin, le dernier chapitre, Réinventer, traite de notre engouement pour le faux, qui nous pousse à imiter des styles déjà existants, souvent hors contexte, plutôt que de créer du nouveau, adapté à l’endroit où nous sommes. Le chapitre tire à bout portant sur des aberrations qu’on retrouve à Las Vegas ou à Disneyland. On y discute aussi de ces nouveaux faux vieux emballages que les compagnies tentent de nous refiler pour éveiller en nous un sentiment de déjà vu réconfortant.
Voilà, j’espère avoir donné assez de détails pour vous donner le goût de lire ce livre bien intéressant et imagé à souhait, sans toutefois en avoir trop dit. Rappelez-vous que ceci n’est qu’un survol et que le livre regorge d’exemples concrets et d’anecdotes fort intéressantes. À noter que Frédéric Metz sera à une séance de signature de son livre à la librairie Indigo, angle Ste-Catherine et McGill College, le vendredi 26 octobre, à 19 h.
Bonne lecture.
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