À l’image de ce qui s’est produit dans les autres sociétés occidentales, l’histoire des femmes au Québec a été profondément marquée par le développement du capitalisme marchand, puis industriel, comme elle a aussi été modelée par le patriarcat qui s’est appliqué à restreindre les droits des femmes et leurs champs d’activités. Contrairement à ce que voudrait un mythe tenace, le Québec n’a jamais été une société matriarcale où les femmes auraient dominé les hommes et exercé le pouvoir dans la société.
Par ailleurs, l’histoire des Québécoises comporte aussi des particularités, que cette brève synthèse fait ressortir en privilégiant six thèmes : les questions démographiques ; l’éducation ; le travail salarié et domestique ; la religion ; le droit et les rapports entre les femmes et l’État ; et l’action sociale et politique des femmes, y compris le féminisme.
Beaucoup plus court que L'histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles du collectif CLIO, l'ouvrage réussit cependant très bien à couvrir l'histoire du Québec jusqu'en 2010 (histoire que je n'avais jamais vraiment lue, la plupart des ouvrages sur le sujet qu'il m'a été donné de lire finissait dans les années '70-'80).
Ça se concentre beaucoup sur des questions larges jusqu'au milieu du 20ème siècle (démographie, religion, travail, législations), mais après, on touche à des enjeux plus ciblées (contraception, avortement, débat, CPE, etc.)
Si jamais quelqu'un·e m'affirmait que le Québec fut/est une société matriarcale, c'est probablement cet ouvrage auquel je ferai référence pour lui démontrer que non, ce n'est vraiment pas le cas, bien au contraire. L'auteure démonte aussi pas mal d'autres mythes similaires (dont celui de ce «légendaire» haut taux de natalité des femmes québécoises) sans jamais les aborder sous l'angle de mythes à démystifier, mais plutôt en continu avec le récit.