*Exodes* est un livre glaçant, pardonnez l’ironie, puisqu’il nous montre un futur plus que probable d’une Terre qui a succombé au réchauffement climatique et à tous les scénarios catastrophes : fonte des glaciers, montée des eaux, catastrophes naturelles dantesques, températures insoutenables... le moindre kilomètre carré de la planète est devenu hostile à la vie humaine, voire à la vie tout court, en tout cas telle que nous la connaissons.
Et au milieu de ça, des personnages, qui luttent pour leur survie. Espagne, Italie, Norvège, France, Suisse, on se paie un petit tour d’Europe dévastée, sans électricité ni eau courante, où les seules choses qui pullulent en abondance sont les maladies, la violence, les armes et les connards.
L’intrigue est bien ficelée, intelligente, même s’il y a à certains moments de grosses ficelles scénaristiques. Les descriptions sont perturbantes, apocalyptiques, et la foi de Jean-Marc Ligny dans la race humaine semble n’avoir jamais existé.
Mais malgré tout, des défauts m’ont empêchée de savourer pleinement ma lecture. Des personnages auxquels je ne me suis pas attachée, tout d’abord. Aucun ni aucune ne m’a fait trépigner d’impatience pour connaître la suite de son histoire. J’ai eu beaucoup de mal avec la plupart des dialogues, que j’ai trouvés mal gérés et « faux ». Je n’arrivais pas à « entendre » les personnages, ni à croire en eux. Et la plume de Jean-Marc Ligny m’a paru très mécanique au début du roman. Je trouvais ça assez froid, sans style véritable, et si ça s’améliore, certains termes de vocabulaires deviennent redondants et perdent leur saveur au fil des pages.
Alors voilà, sentiment un peu mitigée. Le côté ultra-réaliste de ce roman post-apocalyptique plus vrai que nature joue vraiment en sa faveur, et son côté pessimiste au plus haut point concernant la race humaine est déprimant mais se comprend. Malheureusement, la plume et les personnages ne m’ont pas transcendée et je pense que c’est là où le bât blesse pour moi : sans personnages, pas d’histoire(s).