‘’ - Grand-mère, pourquoi les Américains ont-ils envoyé deux bombes atomiques sur le Japon ?
- Parce qu'ils n'en avaient que deux à ce moment-là, dit-elle franchement.’’
‘’ La conversation entre eux ressemblait à un interrogatoire de police : ma mère voulait connaître chaque détail alors que mon père en disait le moins possible.’’
J’avais lu un livre de l’autrice déjà qui ne m’avais pas particulièrement plu, mais comme elle a écrit une quantité incroyable de roman, je me suis dit que je ne pouvais pas m’arrêté sur un échec. Surtout pour une autrice qui jouit d’une telle réputation. Alors j’ai réservé aléatoirement deux de ses romans et voici le premier que j’ai lu!
Tsubaki, est le nom japonais de la fleur Camellia et dans ce livre, Yukiko à l’aube de sa mort, va décider de livrer le secret de sa vie à sa fille dans une lettre. Rédiger juste avant de se donner la mort, elle va enfin livrer ce qu’elle a cacher depuis 50 ans, mais également son enfance, son adolescence et comment en ce tragique jours du 9 aout 1945, lorsque la bombe atomique anéantissait Nagasaki, elle âgé de quatorze ans venait de commettre un crime que les poussières de la guerre venaient d’effacer.
Ce livre m’a définitivement réconcilié avec l’autrice et maintenant j’ai hâte de lire ces autres romans. La manière dont le texte se défile, dont les éléments se découvre devant nous était fascinant et très envoutants. Le texte commence de manière très forte, mais sa conclusion est à égale hauteur maintenant notre intérêt tout du long. L’autrice ne nous laissait entrevoir que les abimes intérieurs des personnages créant une force à l’histoire tout en conservant une certaine délicatesse voire même pudeur qui caractérise bien cette famille qui a évolué dans les non-dits. Plus même qu’une famille, une génération qui a du tue ses traumatismes de la guerre. La grande force de ce livre est dans ce qu’on lit au-delà des mots, ce qui est dit dans les silences et plus que dans les mots. L’essentielle de la charge émotionnelle se trouve au-delà du récit lui-même, le contraste entre la béance qu’est devenu la vie de Yukiko et la violence et les atrocités de la destruction de sa ville et de sa famille, puis voir l’effondrement complet de son pays comme son propre châtiment. On la sent porter jusqu’à sa mort le poids d’un secret familial trop lourd pour elle et une culpabilité qui l’écrase.
C’était un livre super bien écrit avec une ambiance poétique qui donnait bien l’ambiance de la guerre tout en donnant cette aspect moderne également. Le livre était peut-être court, mais il était grand du message qu’il portait tout en se lissant très rapidement. C’était une plume à la fois fluide et harmonieuse, on se sentait porter par ses mots et ses personnages, vivant avec eux ce jour fatidique de l’explosion. J’aurai facilement pu en prendre plus, mais je comprends d’avoir choisi de faire ça aussi court, d’avoir choisi de nous laisser nous même déduire le reste, comme si nous aussi avions uniquement accès à la lettre de la grand-mère.
C’était un mélange parfaitement réussi entre drame familiale et la tragédie historique, un bon dosage entre ce que je savais de l’histoire, ce que je ne savais pas tout à fait et les émotions des personnages. J’ai ressenti avec les protagonistes un mélange de douleur, stupeur et de honte, montrant bien la cruauté de la guerre. C’était un roman excellent, je n’avais pas anticipé d’avoir un coup de cœur en le commençant et je ne peux que je recommander suite à ma lecture. Je pense que c’est une lecture facile à lire tout en étant quelque chose de suffisamment intellectuelle pour plaire à une classe plus littéraire.