Dans ce livre limpide et lumineux comme un ciel de mistral, Veyne évoque tout avec distance et ironie. Et c'est en pudique qu'il réserve sa gravité à quelques êtres chers (ses épouses, son fils disparu, René Char, Michel Foucault...). Désormais, il attend le néant sans impatience et prétend même - mais y croit-il ? - qu'il ne s'y ennuiera pas. Telle est, pour cet homme singulier et attachant, sa façon de dire, à chaque ligne, qu'en dehors de l'intelligence, de l'amour et de la bonté rien n'est vraiment digne d'être pris au sérieux dans la vie
Paul Veyne was a French historian and a specialist on Ancient Rome. A former student of the École normale supérieure and member of the École française de Rome, he was professor at the Collège de France.
Professeur honoraire au Collège de France, Paul Veyne était un des plus grands historiens français de l’Antiquité romaine. Ses nombreuses publications sur la sociologie romaine ou les mythes grecs, rédigés d’une plume alerte et joyeuse, l’ont fait connaître du grand public.
Paul Veyne, célèbre historien de la Rome antique nous livre une série de souvenirs plus ou moins ordonnés. Il est mené par une simple passion de la connaissance, de la curiosité et des mystères des temps anciens. Le christianisme a bien plus de sens (il s'ennuie moins dit-il. C'est son entourage intellectuel qui est, pour moi, le plus intéressant : on y compte notamment Michel Foucault, Raymond Aron et d'autres figures de savants aujourd'hui moins connues, mais qui l'on marqué par leur passion et leurs travaux. Paul Veyne considère aussi l'Ecole des Annales comme motrice de l'innovation en Histoire. Même s'il reconnaît être un ingrat (notamment envers Raymond Aron) et un solitaire (ce qui lui permet d'affronter l'absence de communauté au Collège de France) il évolue dans une sphère bien particulière et prolifique en matière d'épistémologie et de conceptualisation des sciences sociales. Il affirme à maintes reprises l'importance de dépasser la vision négative de l'homosexualité, à la fois dans sa vie privé et dans ses travaux (on retrouve par exemple sa participation, considérée comme "provocatrice", sur l'amour à Rome). La question du communisme n'a pas grande portée pour comprendre le personnage, excepté qu'il n'a aucune attache politique particulière, mais elle instruit quant à la prégnance de ce parti dans les milieux intellectuels de l'époque. Pour le reste, il s'agit d'une expérience de vie qui reste en fin de compte la sienne.
Autobiografische herinneringen van Paul Veyne, een vooraanstaande antiek historicus die zich vanuit een bescheiden milieu in de Provence opwerkt tot professor aan het Collège de France. Neemt lezer mee via zijn jeugd in de oorlogsjaren door de jaren van studie, engagement en erkenning in jaren ‘50 ‘60 en ‘70, die hem als een simpele maar zeer nieuwsgierige en eigenzinnige outsider binnen de fine fleur van literair en academisch Frankrijk terecht doet komen. Met veel erudiete uitweidingen en rake observaties. Naast de interessante vriendschappen met dichter René Char en filosoof Michel Foucault wordt zijn leven ook gekleurd door veel persoonlijke troebelen waaraan zijn karakter mij zeker toe lijkt te hebben bijgedragen. Het boek eindigt dan ook ondanks de glorievolle carrière van Veyne in mineur met een triest relaas van het stervensproces van zijn tweede echtgenote nadat haar zelfdestructieve zoon in de jaren ‘80 aan AIDS bezweken was, terwijl hijzelf alweer aan de volgende buitenechtelijke relatie begonnen is. Metafysisch blijft hij namelijk een optimistische en extatische heideggeriaan die achter het dasein van de mens een bewijs van een hoger zijn vermoedt, dat ervoor zorgt dat hij zich ook na zijn dood in de eeuwigheid niet zal hoeven te vervelen.
Quel plaisir de partager les mots/maux de cet être à l'intelligence et l'humour certains. Poétiques et dramatiques, ses mémoires retracent une vie extraordinaire. Une lecture riche et passionnante à l'image de l'homme ✨
Comme l’indique le sous-titre, il s’agit d’un livre de souvenirs. Ceux d’un historien spécialiste de la Rome antique devenu professeur au Collège de France. Très classiquement il raconte son enfance, ses études, s’attarde sur son passage à l’école normale supérieure. A cette époque le communisme n’était pas encore mort – on ne connaissait pas ou on ne voulait pas croire à Staline et ses goulags – et PAUL VEYNE revient sans ambages sur son passé de communiste. A l’en croire – et il n’y a pas de raison de ne pas le croire puisqu’il fait preuve tout au long du livre d’une extrême franchise – il a adhéré au parti plus pour être dans l’air du temps que par conviction. Il est très lucide et n’hésite pas à être critique envers lui-même. Il est toujours honnête, il ne cache pas les zones d’ombres comme le comportement de son père pendant la guerre. Il est sensible au regard que portent les autres sur lui – peut-être est-ce à cause de sa malformation congénitale à la joue dite Leontiasis ossea – et sait qu’il est toujours passé pour être un original. Il évoque ensuite ses débuts peu convaincants en tant qu’archéologue et sa carrière de professeur. Il est une fois de plus très franc en insistant sur sa fâcheuse tendance à procrastiner quand il s’est agi de rédiger sa thèse et sur son ingratitude vis à vis de ses maîtres. Il ne nourrit pas vraiment de regrets, il sait que c’est comme ça et qu’il ne pouvait pas en être autrement. Enfin ce qui fut pour lui la véritable consécration, sa nomination au Collège de France.
Puis vient le dernier chapitre. Et là c’est le grand choc. Il y expose sa vie privée, je parle de sa vie sentimentale et de sa vie de famille. Il ne cache rien des drames qu’il a vécu. Ce chapitre est très émouvant alors qu’il est écrit sans aucun pathos. Il n’écrit pas pour faire pleurer dans les chaumières, mais simplement pour raconter la vérité et rendre hommage aux personnes qu’il a aimé. Ces souvenirs d’une intellectuel non conventionnel donnent une leçon d’humilité et sont une ode à la différence. Il faut accepter de ne pas être comme les autres, de ne pas vivre, de ne pas penser comme eux. Il faut s’accepter et poursuivre ses rêves.
Paul Veyne is one of France’s most distinguished historians and specializes on ancient Rome. He is also one of the last links to a generation of intellectuals like Michel Foucault, Raymond Aron, and Jean Baudrillard and was a friend of the poet René Char (he has written books about both Foucault and Char). At the age of 84, Veyne gives us, with this small autobiography, an exceedingly lucid and highly engaging account of his life from the occupation in his native Provence up to almost the present moment. So much could be said here about this keen intellect and large spirit, but I will only mention what were for me three highlights. First, his account of his always less than enthusiastic membership in the Communist Party raises interesting questions about belief that find echoes in his wonderful, small book “Did the Greeks Believe in Their Mythology”—i.e., belief for him always exists against a background of disbelief. Second, he describes Michel Foucault as a man of supreme intelligence and surprising intellectual generosity, who, according to Veyne, was always interested in understanding and never in judging. Third, he ends with a moving chapter in which he turns directly to his personal life and the final decades that include the suicide of his son, the tragic death by AIDS of his third wife’s son, and his fascinating relationship with his troubled wife Estelle and their mutual friend and his lover Francoise. One of the most endearing, and sometimes frightening, characteristics of the French people I have known is their constant search for lucidity. Veyne has achieved that goal and dares to speak the truth about himself.
Le livre de souvenirs du grand Paul Veyne, l'homme qui a révolutionné la façon de faire l'Histoire. Il montre ici un talent littéraire qu'il affirme ne pas avoir. Le livre est passionnant, malgrès un dernier chapitre un peu maladroit. A lire sans hésitation.