Ces missives, adressées au père, sont une recherche d'entendement de la violence que les enfants héritent des parents, elle-même héritée des structures de notre société. Les souvenirs de deux générations, celle du père et celle de la narratrice, se racontent ainsi dans une même temporalité troublée. L'Algérie, patrie-mirage, apparait dans les fragments de cette histoire partagée. Le récit se déploie par une expression proche du ressassement, dans une voix qui frôle « le rechignement, le refus artificiel de l'inévitable, cette grâce stérile de la mauvaise humeur ».
j'ai pris ce livre au hasard dans ma librairie un jour où j'avais besoin de me réconforter en achetant un bouquin, et honnêtement merci le hasard c'était hyper bien, quelques phrases que j'ai trouvées maladroites mais c'est la contrepartie du fait qu'elle tente vraiment des trucs... c'est une exploration assez complète de son rapport avec son père et de plein d'autres sujets qui gravitent autour mais qui s'appesantit pas au point de perdre en subtilité, trop bien
Super texte, j’ai adoré même si j’ai mis du temps à le reprendre - dur à lire par moments
« Aujourd'hui, comme tous les jours, je dois choisir entre être femme et être arabe, française ou fille de l'immigration. Ma contradiction est le lieu de toutes les réappro-priations. Mon moi n'existe pas, je n'ai que les milliards d'images qui me collent à la peau et qui parlent à ma place. »
« En parlant de violence, je n'ai pas écrit contre la violence, j'ai écrit pour ce qui la dépasse et dont le simulacre survit entre ces lignes. Chacun de mes cris de haine est un chant à l'amour, à ses formes d'existence les plus accidentées et les plus éloignées de ce bonheur « dégoulinant de conformisme » que l'on nous vend comme la vérité. Je suis fatiguée d'être en guerre, fatiguée de ce monde en guerre contre moi. Batailler pour se nourrir, pour vivre, pour travailler est insupportable. Doit-on également se battre pour aimer ? J'ai l'impression de ne pas comprendre les émotions des gens autour de moi et de me forcer à vivre avec en faisant semblant de sentir le monde comme les autres. Je n'ai pas envie qu'on me reproche ma colère, alors j'essaie de trouver des explications mais elles ne sont guère suffisantes. »
J’ai refait mon vocabulaire aussi, c’était super riche