Avant de lire tout roman de Chick Lit, il faut définir nos attentes. Est-ce que l'on cherche un livre qui va nous conforter avec notre éternel célibat? Est-ce qu'on veut un livre qui va nous faire rêver (même si on n'y croyait plus, promis juré) au prince charmant? Est-ce qu'on veut un rappel qu'une fille ordinaire, comme on en croise tous les jours, comme nous, peut trouver le grand amour?
Ceci étant dit, je devrais peut-être suivre mes propres conseils. En achetant ce roman, j'avais l'impression que je choisissais un livre à la frontière entre la Chick Lit et la Littérature. Je m'attendais à quelque chose qui allait aborder l'amour et le célibat de façon nouvelle (le titre me promet une théorie, tsé), de façon drôle et légère. En fait, c'est bourré de lieux communs. «Quand ça va être le bon, tu vas le savoir.» «Des fois ça vaut la peine d'attendre.» «Il faut que tu apprenne à te connaître et à t'aimer avant que quelqu'un puisse t'aimer.» Etc. Etc. Et, malgré tout, Florence, le personnage principal, a eu neuf (9) amants. En dedans de 207 pages. On va lui donner une chance, ça représentait dix ans de sa vie. Quand même. Elle avait du trafic devant sa porte, pour une fille qui se plaint du célibat. Niveau de crédibilité: moyen.
En plus, à la fin du roman, elle est en couple. Ce qui présente l'un des grands problèmes des Chick Flicks et de la Chick Lit: la fille est en couple, ça va bien, il n'y aura plus de rupture, parce que le roman est terminé. Mais, dans la vraie vie, comment sait-on que le roman est terminé, que c'est lui, le bon, et qu'il n'y en aura plus, de rupture?
Et la fameuse théorie du drap contour... ça faisait un bien beau titre. Très attrayant. Très intriguant. Pour pas grand-chose. En fait, l'idée n'était pas mauvaise, mais avec le «hype» que ça avait généré... je ne pouvais qu'être déçue.
Je m'attendais au genre de roman que j'aimerais écrire. Quand j'ai lu le titre et le résumé, je me suis dit que peut-être que Valérie Chevalier m'avait coupé l'herbe sous le pied et que le sujet était déjà exploré. Heureusement (ou malheureusement), non, ce n'est pas le cas. Ce que ça veut dire? «Va-t'en écrire, paresseuse.»