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Gros Mots

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Johnny, le narrateur, mène une vie infernale entre sa compagne, la combative Exa Torrent, et la trop grande amie qu'il appelle sa Petite Tare. Celle-ci est d'ailleurs l'épouse de son frère adoptif Julien. Johnny noue aussi des liens avec Poppée, serveuse dans ce genre de bar où le personnel féminin se trémousse devant les clients. Tandis que se déroule cette danse de mort, Johnny ramasse un journal intime en se promenant. Ce que raconte l'auteur de ces écrits, en qui Johnny voit un autre lui-même, c'est une vie comparable à la sienne, à celle d'Exa, de la Petite Tare, de Julien, de Poppée... On ne serait pas surpris si les deux histoires finissaient par se rejoindre. Dans l'une et l'autre se déploient l'art de Réjean Ducharme, son goût de la dérision, son chant de désespoir, et sa langue inimitable.

320 pages, Paperback

First published January 1, 1999

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About the author

Réjean Ducharme

22 books85 followers
Nous en connaissons peu sur la vie personnelle de Ducharme. Jusqu'à maintenant, il refuse toutes demandes d'entrevue et demeure en retrait de la société.

Réjean Ducharme devient l'un des écrivains les plus influents du Québec avec son premier roman, "L'Avalée des avalés" (1966), publié chez Gallimard. L'oeuvre est très bien reçue et est même nominée cette année-là pour le Prix Goncourt, soit la reconnaissance la plus prestigieuse en littérature francophone, aux côtés d'écrivains, surtout de nationalité française, chevronnés. Deux manuscrits qu'il avait envoyés avec celui de son premier roman, "L'Océantume" et "Le nez qui voque", sont publiés plus tard par la même maison d'édition et reçoivent un accueil chaleureux des critiques et un succès presque comparable à celui de "L'Avalée des avalés". Après avoir fait publier une dizaine de romans et de pièces de théâtre entre 1966 et 1978, Ducharme disparaît de la faune littéraire pendant presque quinze ans avant de revenir avec son roman "Dévadé", qui n'est pas aussi bien reçu que ses romans précédents. Sa carrière littéraire se rendort à la fin des années 1990, et il se consacre maintenant à ses oeuvres visuelles, qu'il expose sous le nom de Roch Plante.

Ducharme a écrit plusieurs pièces de théâtre dont "Ha ha!..." et "Le Cid maghané" ainsi que quelques chansons pour Robert Charlebois et Pauline Julien, et a collaboré aux scénarios de deux films de Francis Mankiewicz. Le film "Léolo", ouvertement inspiré de l'oeuvre de Ducharme, sort en 1992 et connaît un énorme succès, jusqu'à être nommé en 2005 parmi les 100 meilleurs films de tous les temps selon le Time Magazine.

Ses récompenses sont nombreuses:
1973, 1982 et 1994 : Prix du Gouverneur général
1974 : Prix Littéraire Canada-Communauté Française de Belgique
1976 : Prix Québec-Paris pour "Les Enfantômes"
1983 : Prix Littéraire du Journal de Montréal
1990 : Prix Gilles-Corbeil
1994 : Prix Athanase-David
En 2000, il est fait Officier de l'Ordre National du Québec

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1 star
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Displaying 1 - 3 of 3 reviews
Profile Image for Renaud Houde.
150 reviews
May 12, 2025
Il n’y a pas de chapitres, pas de séparations et en plus Ducharme raconte deux histoires très similaires. La lecture est assez mélangeante mais ça vaut la peine. L’écriture est tellement belle, c’est drôle, c’est triste, c’est absurde. Il ne se passe pas grand-chose dans l’histoire et pourtant c’est captivant. Ça touche plein de thèmes mais jamais directement, c’est toujours de façon très poétique. C’est vraiment un beau dernier roman pour finir la carrière de Réjean.

“Parce qu'on se parlerait tout le temps et qu'on tend à se protéger contre une propension aux excès, les communications sont un peu compliquées. On n'ose pas non plus les régulariser complètement, et ça crée un flottement, qui tient le cœur en suspens, mais qui peut aussi me faire passer la nuit à bercer le combiné sans avoir ouvert mon livre, attendre un quart d'heure encore avant d'aller le reposer sur son guéridon, dans le salon, pour échapper à l'inquisition... Aussi, quand la sonnerie assourdie grelotte enfin, est-ce un feu d'artifice.”

“Des os de sa cage thoracique, et que je ne pourrai plus les forcer comme des barreaux pour regagner son cœur, siège de son amour...”

Et je pourrais trouver 40 autres passages à mettre ici…
Profile Image for Johan Clouâtre.
4 reviews
November 7, 2023
Dostoievsky québécois. Une fenêtre sur la psyché crue et sans détour de Johnny, torturé par ses rencontres. Très décousu, dur à suivre, mais la fin en vaut le chemin.
« Me trouvant déjà planqué derrière un bouquin dont le peu qu’elle sait la fait douter de mes inclinaisons, Exa me jette un regard qui n’annonce en effet rien de bon du haut des talons qui l’ont torturé toute la journée, mais qui lui font une belle jambe et la dressent un peu plus au-dessus des copines… Elle s’est trouvée. Ce qu’elle ignorait qui lui manquait durant tout ce temps, c’est la jungle. Juste assez haute et assez serrée pour tout offrir et tout interdire. Je le lui dis. Pour contrarier son humeur. Pour m’apprendre, elle me met sous le nez le bouton de frustration qui lui a poussé sous le menton.
«J’ai parlé à Simon. Tu vas avoir de ses nouvelles…»
Comme il n’y a plus qu’un Simon pour elle, elle bondit. Puis elle flaire un piège et se ressaisit.
«Ce que tu veux savoir, tu me le demandes.
-Justement, j’attends de la visite en fin de semaine. Si tu étais organisée, je la recevrais ici…»
Ça passe mal mais elle avale. Elle s’arrangera. Est-ce que le chat peut rester, est-ce qu’il sera mieux traité?... Elle me fait bien savoir que c’est tout ce qu’elle veut savoir. Mais elle n’a pas le cœur à faire la cuisine, elle me sert un tournedos à la semelle de botte.
«tu vas me zigner longtemps comme ca ? »
De zing, au sens de coups d’archet, sur les nerfs. Je suppose. Ou est-ce qu’elle a pris ça ? Il lui met déjà des trucs dans la bouche ou quoi? Je lui fais savoir, en zignant son steak avec mon couteau, que je ne lui dirai pas ce que je pense…
«C’est ça, ferme ta bouche quand tu manges ma bouffe.»
Sans blague !... Et c’est reparti… Mais on ne peut plus allez aussi loin que dans le temps que ça finissait dans la couchette, ou on pouvait s’entre-dévorer. Alors on s’arrête, aussi raide. Quoique… Elle suit le même courant de pensée, je le vois à ce qui fait pétiller ses yeux, comme quant elle riait aux éclats, quelque chose de mouillé que le battement des cils ne peut pas balayer. Avec tout ce qui nous lie, le pire encore plus fort que le meilleur, quelques mots pourraient tout arranger, on dirait. On les a sur le bout de la langue, on dirait, et on ne va pas les trouver.
Hein, ma furieuse?
Je n’ai pas attendu le signal, je me suis risqué, je suis monté lui dire bonsoir. Ça ne s’est pas mal passé. C’est dans le tas de tout ce qui m’échappe. J’ai rêvé d’elle. Toute la nuit. »
194 reviews3 followers
August 4, 2011
Une bonne dose de dérision à la sauce Ducharme, écrit de main de maître, mais décousu et souvent difficile à suivre.
Displaying 1 - 3 of 3 reviews

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