«j'ai la peau des mains qui fripe qui s'amincit le dedans des cuisses tendre comme du boeuf haché le dos qui coince quand je garde trop longtemps la même position je lis je réfléchis j'écris je médite devant la tête des arbres je ne bouge pas assez j'habite un corps de sédentaire qui n'a pas baisé depuis belle lurette ce qui me semble est pire encore»
Depuis la mort de sa mère, un an plus tôt, et le départ de sa fille, la narratrice se sent plus seule que jamais. Ni le chambreur avec qui elle partage son quotidien dans l'appartement de la rue de Vimy ni les hommes qui la courtisent sur les sites de rencontres ne parviennent à calmer sa faim. Jusqu'où ira-t-elle pour trouver l'amour et alléger ce coeur qui pèse dangereusement dans la balance?
Présenté sous forme de fragments, La Dévorante explore sans pudeur les thèmes du célibat et du rapport au corps. L'écriture de Lynda Dion est à la fois fluide, tranchante et viscérale.
Lynda Dion est née à Québec avec la Révolution tranquille. Elle habite les Cantons-de-l'Est, où elle enseigne le français. Elle a fondé le concours littéraire Sors de ta bulle! qui, chaque année, permet à de jeunes lauréats du secondaire de publier une première oeuvre. C'est une adepte de Rainer Maria Rilke, à qui elle doit la patience d'écrire. La Dévorante est son premier roman.
Lynda Dion est née à Québec avec la Révolution tranquille. Elle habite les Cantons-de-l'Est, où elle enseigne le français. Elle a fondé le concours littéraire Sors de ta bulle! qui, chaque année, permet à de jeunes lauréats du secondaire de publier une première oeuvre. C'est une adepte de Rainer Maria Rilke, à qui elle doit la patience d'écrire. La Dévorante est son premier roman.
Dans ce livre, on suit la narratrice qui tente à tout prix de combler le vide qui l’engouffre. On plonge dans son besoin d’aimer mais surtout, d’être aimé. À l’aide de sites de rencontre, elle espère trouver le véritable amour et ainsi faire une croix sur la solitude qui alourdit son coeur. L’absence de ponctuation dans le texte peu s’avérer dérangeante, mais elle nous permet de ressentir l’urgence et le flot d’émotion qui abonde la narratrice. Bien que ce fût une lecture agréable, ce livre n’a pas résonné en moi comme je l’avais espéré. Je m’attendais à plus d’aventures loufoques et de moments intimes. Je suis resté sur ma faim. Probablement à cause de mes attentes. Tout de même, j’étais heureuse de retrouver la plume de Lynda Dion. À lire si vous avez envie de plonger dans les fragments de vie d’une femme célibataire à la recherche du grand amour.
Je n’ai pas embarqué autant que je l’aurais voulu, et ce, probablement parce que j’avais de la difficulté à entrevoir le fil conducteur tout au long de ma lecture. Malgré mon manque d’enthousiasme face à l’organisation de l’histoire, la plume de l’autrice a pu garder mon intérêt; je l’ai lu un peu comme on lirait un livre de poésie – et non une (auto)fiction.
Il me faut toujours quelques pages pour me faire à une prose sans ponctuation. L'absence de repères syntaxiques déboussole forcément un peu le lecteur, mais ici cela va de soi; il ne pouvait pas en aller autrement. Le fond et la forme s'harmonisent merveilleusement bien et confèrent une puissance inouïe au propos. Cette solitude amoureuse vous aspire et vous dévore. J'ai goûté cette prose poétique à petites doses, son intensité mélancolique me bouleversait. Et que dire de la couverture, si bien choisie! Ce livre est un petit bijou.
Depuis le décès de sa mère et le départ de sa fille, la narratrice se sent plus seule que jamais. Elle tentera de combler son manque par le sexe, par la recherche de l’homme idéal, par l’amour jusqu’à se détruire. . L’absence de ponctuations dans ce livre met en couleur le tourbillon infernal qui vrille dans la tête de la narratrice. La solitude de cette dernière et ses solutions pour ne plus en souffrir sont abordées avec poésie. C’est en douceur que le tranchant de la solitude est démontrée. Allant plus que seulement l’absence d’un homme dans sa vie, la narratrice soulève également la douleur de voir sa fille quitter le nid, l’absence d’amis sincères. Les dernières pages m’ont réconfortée face à la narratrice quand elle décide de cesser d’être exploitée par Manuel pour combler sa solitude.
La solitude, le besoin d'être aimé. C'est magistral. Un récit sans ponctuation très réussi.
Un roman de Lynda Dion paru aux éditions Hamac. C'est une lecture conseillée par la libraire du Square à Montréal.
C'est plutôt noir, limite déprimant mais je suis contente de l'avoir lu car la forme est étonnante.
Le livre se divise en huit parties comprenant de très courts chapitres. Particularité : on a chaque fois le titre du chapitre suivi d'un point. Ensuite la ponctuation est absente jusqu'à la fin du chapitre. Comme le dit le titre "La dévorante", le récit est "rendu" d'une traite, j'ai malgré tout trouvé des respirations à la lecture. J'ai eu le sentiment d'une urgence.
Notre narratrice, s'exprimant à la première personne, souffre de solitude depuis la mort de sa mère il y a un an et le départ du nid familial de sa fille.
Elle a un trou, un vide, un manque énorme à combler. Elle l'assouvira par le sexe, par la recherche de l'homme, d'amour, de vie jusqu'à petit à petit se détruire. Elle a une FAIM inextinguible de l'autre, d'amour, d'homme... Elle cherche via le virtuel, et puis il y a Manuel à Varadero. Elle apprend l'espagnol pour le revoir, se fixe cet objectif pour apaiser sa peine.
N'oublions pas que la narratrice a une partie de sa vie derrière elle, cinquantenaire, elle aborde aussi le vieillissement et la solitude, l'amour.
Une découverte intéressante et la forme est tout à fait adaptée au récit.
Ma note : 7.5/10
Les jolies phrases
Ce n'est pas un homme que je veux c'est l'amour.
J'ai mal là où c'est désert je suis dépeuplée une rivière desséchée une forêt coupée à blanc je suis menacée d'extinction
le lit est un vrai champ de bataille la petite pilule bleue est digérée qu'attend -il encore mon cerveau pour se mettre à off mon corps ne répond plus aux commandes j'ai tout essayé pourtant je respire avec lenteur en profondeur j'écoute un CD du chant des vagues en visualisant la mer le souffle de la mer respire ma chérie détends-toi
en vieillissant je rentre dans le rang j'essaie de me faufiler en douce de trouver ma place mais ce n'est pas si simple les meilleurs sont déjà occupées je n'ai pas cotisé quand c'était le temps on m'avait prévenue si tu brûles la chandelle par les deux bouts
depuis qu'elle a quitté l'appartement pour vivre avec son amoureux ma fille a laissé un grand trou dans le bas de mon ventre qui ne saigne plus je me dis voilà tout est en ordre en attendant d'être grand-mère je ne désespère pas mon corps parle mon corps crie mon corps appelle l'amour où qu'il soit il finira par trouver le chemin de mon ventre déserté.
il est bon de partir l'enfant le sait déjà parce qu'il y a le retour
Lynda Dion a été mon professeure de création littéraire au secondaire, un cours optionnel que j’ai eu en 5e secondaire (meilleur cours!). Non seulement cette femme est touchante, drôle et overall fabulous, elle a aussi une plume qui se distingue par son authenticité, sa simplicité et sa profondeur. Et tout sauf pudique. « La dévorante » est sorti en 2011, aux éditions Septentrion, collection Hamac-Carnets (230 pages). Ce roman n’utilise pas (ou très, très peu) la ponctuation. C’est magnifique, fluide et tranchant à la fois, et ça essouffle - ce qui ajoute à la sensation d'urgence lors de la lecture. 5/5