Une famille normale : le père, la mère, un bébé nommé Fabien et elle, la narratrice. Les deux aînés ont quitté la maison. Mais la normalité n’est qu’apparente : le père – un fanatique qui consacre sa vie à la religion plutôt qu’au travail et à sa famille – est un tyran. Pour lui, Dieu n’est pas amour, mais devoir. Il terrorise femme et enfants et les oblige à vivre dans la crainte du Seigneur. Bible à la main, il parcourt les environs pour prêcher la bonne parole. Pendant ce temps, sa femme s’échine en travaux de couturière à domicile, parce que le rôle d’une femme est de rester à la maison. Lorsque Fabien, malade depuis sa naissance, meurt, le père ne manifeste qu’impatience devant la douleur de sa femme. Alors, la narratrice, petit à petit, prend conscience de la souffrance de sa mère, du rigorisme et de l’immense égoïsme de son père. Alors que sa mère sombre dans la dépression muette, la narratrice choisit la vie : « Il y a eu le temps de pleurer que vienne enfin celui de rire. J’ai peur. J’ai hâte. » Du récit distancié à l’acte d’accusation… Un monologue intérieur implacable. Une dénonciation de l’intégrisme religieux, de l’autoritarisme, du machisme aussi.
Un livre composé de monologues dont la forme m'a plu dès le début, notamment pour sa forme unique, pour la succession fluide des paragraphes.
On croirait que la protagoniste âgée de 10 ans, s'adresse à nous en employant le pronom personnel « tu », cependant elle s'adresse à son père, ce sont des monologues qui se résument à des pensées lancinantes de mots qu'elle voudrait verbaliser.
Je ne m'attendais pas à ce que ça s'affadisse. Il y a eu des situations singulières pendant lesquelles la protagoniste sortait de sa vie insipide, comme lorsque la Kabyle l'a recueilli pour la soigner, ou lorsqu'elle allait chez la voisine.
Le décalage se ressent, entre elle, sensible et chaleureuse, et son père, insensible et froid. Il est même impassible, figé, comme un étranger présent dans un foyer sans y ajouter de la vie, un curé orgueilleux, qui ne sait que formuler des phrases injonctives face à sa fille, qui ne parle qu'en extraits bibliques, et c'est lassant, vide, dénué d'émotions, de pensées propres, de personnalité, et surtout, sa pratique est incompatible avec sa religion. Il consacre sa vie à Dieu pour l'au-delà, tout en semant la mort ici bas
Si vous le lisez, ne vous attendez à rien pour la fin, je ne m'attendais à rien mais je suis quand même triste :(