Le pouvoir de choisir son propre destinLes toxines, chasseresses anthropophages, achèvent leurs proies grâce à la sève paralysante qui coule dans leurs veines. Pour se nourrir, elles doivent faire équipe avec leurs fleurs, de belles femmes qui appâtent les victimes en dégageant des phéromones enivrantes. Sous la gouverne des anciennes Aethuses, elles forment la Floralia – une communauté sectaire dont les ramifications s’étendent à travers les villes humaines. Dégoûtée par ce mode de vie qui lui a été imposé, Catopsis est une toxine qui refuse de chasser. Mais la faim devient chaque fois trop forte et le désir, trop impérieux. Alors elle cède. C’est ce qu’on lui a toujours dit : les toxines ne peuvent pas se sevrer. La prémisse fantastique et horrifique de Venefica sert de tremplin à une véritable quête de soi. Un récit qui met en scène des personnages féminins forts, complexes et nuancés; on peut facilement éprouver de l’empathie pour l’héroïne, Catopsis, qui revendique le droit d’être elle-même et de rêver à autre chose que le carcan qui lui a été imposé.
Originaire de Shawinigan, Raphaëlle B. Adam détient un baccalauréat en études françaises de l’UQTR ainsi qu’une maîtrise en création littéraire de l’Université de Sherbrooke. Elle évolue dans le milieu littéraire en tant qu’écrivaine, mais également à titre de chroniqueuse et de travailleuse culturelle.
Lauréate du prix Clément-Marchand en 2011, elle a publié des nouvelles noires et fantastiques dans plusieurs revues spécialisées (Alibis, Solaris, Nyx, Clair/Obscur, Brins d’éternité, Le Sabord) ainsi que dans quatre collectifs («Les Murmurantes» et «À l’Est de l’Apocalypse» aux éditions Les Six Brumes, «Cruelles» aux éditions Tête Première et «Face à face» aux éditions Druide). Son premier livre, le recueil de nouvelles fantastiques «Servitude» (Éditions Triptyque), a remporté le prix Alfred-DesRochers en 2021. Plusieurs de ses textes ont également été nommés pour divers prix. Son premier roman, Venefica (Tête Première), est paru en septembre 2023.
Ses écrits touchent principalement le fantastique, la psychologie humaine et la question des perceptions, et explorent les limites entre le réel et le fantasme. Son œuvre flirte également avec les genres de la science-fiction, de l’horreur et de la fantasy.
En plus de sa pratique d’écriture, elle est chroniqueuse spécialisée en imaginaire à l’émission de radio le Cochaux Show et pour la revue Lettres québécoises. Enfin, elle siège sur le conseil d’administration de la Société des écrivain.e.s de la Mauricie depuis 2021, en plus de travailler comme agente de communication et de marketing pour le Salon du livre de Trois-Rivières et le Festival international de la poésie.
2.5* Un récit inspiré de vampires, mais cette fois c’est eux qui sont les victimes. Une secte constituée que de femmes cannibales qui chassent des proies en guise d’offrande pour leurs hauts placées. Ça sonne plutôt intéressant n’est-ce pas?
J’ai beaucoup aimé le début du récit qui m’a paru assez original. Les toxines sont clairement inspirées des vampires mais n’opèrent pas de la même manière et ne sont pas immortelles. Ce sont des chasseuses avant tout, disposées à servir la Floralia même si cela signifie sacrifier leurs propres biens-aimées et même leur corps. C’était intéressant de naviguer à travers une histoire qui nous offre une vue plus vulnérable sur ces créatures pourtant puissantes. Toutefois l’histoire ne m’a pas intéressée davantage. Je me suis sentie déconnectée de Cathopsis qui manque de personnalité et surtout de détermination, la Floralia, qui est pourtant un concept intéressant, n’est que mentionnée mais on ne voit jamais réellement l’étendu de son pouvoir ni de sa dite cruauté. La seule relation d’intérêt est entre Cathopsis et sa mère qui est la chasseuse la plus carnassière de la Floralia et envers qui Cathopsis ressent une terreur inouïe. Les deux femmes ont clairement une relation tendue qui aurait pu être exploitée mais qui reste inexplorée comme tout le reste dans ce livre. Enfin, la conclusion forcée et bâclée m’ont déçue.
P.-S.: J’aimerais noter le style d’écriture qui était trop simpliste à mon goût. Pas que cela me dérange, mais je trouve que dans une histoire qui essaie de nous instiguer la peur il faut quand même s’aider de la prose pour établir une ambiance perturbante ce qui n’était pas le cas ici. (Je voulais tellement, mais tellement enfin pouvoir adorer une histoire de « vampires » mais j’imagine que ce sera pour une autre fois.)
Il s'agit d'un récit fantastique transmettant des messages importants de façon naturelle et dynamique. L'univers et les communauté créés par l'autrice sont bien campés. Les personnages présentent des personnalités définies clairement. J'ai particulièrement aimé les relations, amicales comme amoureuses, et leur influence sur les choix des personnages. J'ai finalement apprécié la richesse et la précision du vocabulaire. Raphaëlle sait utiliser sa plume pour créer des images fortes et des atmosphères immersives.