«Je suis content, bien content, que nous nous soyons rencontrés... Je ne pensais pas que nous pourrions être camarades. - Et pourquoi ?» demandai-je avec une sincère surprise... Sa main qui continuait d'étreindre la mienne, comme s'il eût voulu s'attacher à moi, trembla un peu. Ce ton et ce frémissement me bouleversèrent. J'entrevis chez cet être si différent des autres une détresse intime, persistante, inguérissable, analogue à celle d'un orphelin ou d'un infirme. Je balbutiai avec un sourire, affectant de n'avoir pas compris : «Mais c'est absurde... pour quelle raison supposais-tu... - Parce que je suis juif», interrompit-il nettement et avec un accent si particulier que je ne pus distinguer si l'aveu lui coûtait ou s'il en était fier.
Jacques de Lacretelle était un écrivain français, membre de l'Academie française du 12 novembre 1936 jusqu'à sa mort. Il était l'arrière-petit-fils de Jean-Charles-Dominique de Lacretelle, dit «Lacretelle le jeune», qui était aussi membre de l'Academie française, et dont le frère, Pierre Louis de Lacretelle, dit «Lacretelle l'aîné» était aussi membre de cette Académie.
Jacques Lacretelle was a French writer, member of the Academie française from 12 November 1936 until his death. He was the great-grandson of [author Jean-Charles-Dominique de Lacretelle | 4541723] aka «Lacretelle the Younger», who was also a member of the Academie française, and whose brother, Stone Louis Lacretelle aka «Lacretelle the Elder» was in his turn also a member of the Academie française.
Ecrit il y a pile 100 ans, en 1922, ce roman découvert dans le réversoir vaste et somptueux que constitue l'énorme bibliothèque d'une amie, Ariane, qui me permet d'y dénicher des trésors inconnus. Style un peu désuet, guindé, pas une surprise. Mais une belle description d'une amitié compliquée de deux collégiens (collège huppé bourgeois plus), un Luthérien (ce qui ne pose plus problème aujourd'hui, oubliée la StBarthélémy et autre stupidité du genre) et un Juif (et là, l'innomable bêtise perdurera encore sans doute jusqu'à ce que la disparition humaine, prévue de plus en plus tôt, jamais compris cet ostracisme débile). Dreyfus n'est pas si loin, donc le copain juif, ça fait mauvais genre. Il est cependant génial, ce David, survolant de sa superbe intelligence littérature et architecture (pas un mot sur la musique). Attachant, séduisant, agaçant de supériorité. Et vecteur de toutes les emmerdes possibles pour qui se lie d'amitié avec lui. Récit fort plaisant de cet académicien inconnu du grand public, donc forcément de moi! Mais il m'a fait hurler de mécontentement pendant plusieurs pages en abusant du vocable "race" en parlant de la "race juive", une mauvaise note pour un académicien. Fini par fouiller dans l'encyclopédie et lu: Ethnie, notion utilisée à partir de 1930, le terme impropre "race" étant auparavant utilisé... Et donc je suis réconcilié avec Jacques de Lacretelle.
Kratak roman iz đačkog života, nastao prije sto godina, a i danas aktualan po svojoj tematici i alegoričnosti. Cijela priča ispripovijedana je iz perspektive neimenovanog 15-godišnjaka, koji se u gimnaziji zbližava s vršnjakom Silbermannom, koji je Židov. Netrpeljivost i podbadanja vode kulminaciji događaja kojima pripovjedač tek pasivno svjedoči.
Zanimljiv je stil pripovijedanja, podsjetio me na djela Andrea Gidea i Rogera Martin du Garda (autor Silbermanna njihov je suvremenik). Cijeli roman može se shvatiti kao alegorija odnosa prema drugima, različitima, ali i kao alegorija o zavisti i odnosima moći. Ako roman čitamo doslovno, lik dječaka Silbermanna ipak će se doimati izvještačeno i neprirodno.
Prijevod na hrvatski potpisuje Neven Vulić, a izdavač hrvatskog izdanja su Petrine knjige.
Kratki roman koji tematizira antisemitizam u Francuskoj dvadesetih godina 20. stoljeća. Židov David Silbermann doživljava u gimnaziji u Parizu žestoke antisemitske napade i poniženja. Pametan, načitan, superioran svojoj okolini, prinuđen je svakodnevno trpjeti uvrede i fizičke napade svojih vršnjaka. Iako se trudi upoznati francusku kulturu, umjetnost i povijest kako bi postao dijelom francuskog društva, okolnosti mu to ne dopuštaju. Na kraju ogorčen odlazi s roditeljima u Ameriku, a Francuska gubi mladića raskošnog talenta. Pobjeđuje osrednjost, konformizam i uskogrudnost. Kod nas je roman objavio izdavač Petrine knjige u prijevodu Nevena Vulića. 3.5
Une courte histoire simple et très facile à lire. Elle décrit bien les souffrances des Juifs en France à cette époque, mais, sous tout ça, c'est une histoire des morales, la foi, et la nature humaine. La chose qui a été la plus interessante pour moi était le caractérisation du narrateur. C'est histoire est une question de son vue de la moralité. Lorsque Silbermann décrit ses souffrances, ce narrateur ne pense que lui-même et sa grande mission de "sauver" Silbermann parce-qu'il pense que ça sera bon pour son âme: il suit les règles de la justice que ses parents lui ont enseignées. Donc, quand il voit que ses parents n'en suivent parfaitement pour avancer leur rang dans la société et leur bonheur, il fait pareil à la fin du livre. Essentiellement, une bonne exploration de l'envie et de la moralité.
Relecture de ce chef-d'oeuvre de 1922 (Prix Femina) de 122 pages chez Folio. Ecrit dans une langue magnifique, celle du début de siècle, érudit, ce court roman traite de l'antisémitisme, cette gangrène de la société, chassée par la porte et par la loi, mais qui est en train de revenir par la fenêtre. Mais c'est aussi une critique sociale, un roman moral. Outre le fait qu'il décrit un cas de persécution antisémite, c'est aussi une histoire de corruption morale des deux jeunes héros idéalistes et exaltés, par les adultes, les parents, et par la société. Terrifiant.
ce livre a déjà 1 siècle (effrayant), la plume est tellement prenante, chaque page est plus intense que la précédente.
ce fût 100 pages d'émotions brutes, d'amitié splendides malgré le contexte historique qui n'est pas à ravir, le personnage de Silbermann est juste majestueux, un jeune homme en quête de savoir renié simplement « Parce que je suis juif. »
c'était dingue de voir comme le développement de l'amitié entre les deux, la fin était.. wow.
C’est semblant à l’œuvre de Musil « Les désarrois de l’élève Törless ». Je n’ai pas aimé la fin, je ne comprends pas pourquoi le narrateur a eu cette « conclusion » envers Silbermann, après tout ce qui c’est passé, ça n’a pas du sens pour le caractère et ces derniers actions (surtout les valeurs qu’il a… ou avait).
I just got started reading this book. I personally think the beginning is boring because it is introducing the characters. I think the book will be good because it is about a friendship. I just read the back of the book to see what might happen. I recommend this to people who love to read about friendships.
A multifaceted fictional view on early 20th century French anti-semitism. The Dreyfus-affair-era, you know... The psychological development of the protagonist / narrator is depicted very well. Overall a good book.