Dans un domaine isolé du canton d’Armagh, à l’est de Québec, l’héritière de la seule mine de sel au pays s’apprête à recevoir l’artisan qui a sculpté, durant dix ans, l’étrange monument funéraire de sa famille. Pendant que les servantes croquent du sucre d’érable en cachette, Lily McEvoy prise du sel en évoquant les ombres de son père, héros de la Conquête, et de sa mère, la « fille du fleuve » aux pieds palmés. C’est au cours d’un souper où les salières sont pleines mais les verres, vides, qu’elle exhumera pour son hôte tous les secrets du passé – un passé cruel qu’il serait aussi dangereux d’oublier que de vénérer.
Emporté par une puissante alchimie littéraire où se confondent histoire et légendes, ce roman de l’auteure de Maleficium explore, à travers les vertiges fantasmagoriques de ses personnages, les pièges individuels et collectifs de la mémoire.
Deuxième d’une famille de six enfants, Martine Desjardins a reçu le baptême et la confirmation à Mont-Royal, où elle vit toujours avec son mari et leur fox-terrier Winnie. Après des études de russe, d’italien et de littérature comparée, elle a travaillé pour plusieurs magazines. Elle tient maintenant la chronique Livres à L’actualité. Saluée par la critique pour son premier roman, Le cercle de Clara, ainsi que pour L’élu du hasard, elle a reçu le prix Ringuet en 2006 pour L’évocation. Elle ne fréquente plus l’église et a horreur de voyager.
"Les banshees ne font entendre leur chant funèbre que pour les familles irlandaises, dit Lily. Certaines ont un cri si strident qu'il fait éclater les tympans. D'autres produisent le son de deux planches qui se heurtent. La banshee des McEvoy était comme une harpe éolienne : elle produisait un tintement lorsque son souffle agitait ses dents."
J'ai adoré l'ambiance étrange, presque onirique, de ce petit roman! L'intrigue se déploie autour des secrets d'une riche famille et des mystères entourant la mine de sel d'où elle tire sa fortune. Le sel y symbolise la richesse, mais aussi le passé et la mémoire, c'est-à-dire l'héritage, qui constitue le thème principal du roman.
Il ne s'y passe pas grand-chose, mais l'atmosphère semi-fantastique et l'originalité de l'histoire la rendent captivante. On dirait un conte sombre et mélancolique, dans lequel l'Histoire du Québec se mêlerait à la mythologie. Une très belle découverte!
Déjà, je suis vendue Martine Desjardins. Ses mots habiles, d'une acuité épatante, me plongent chaque fois dans les confins de ses univers sombres et singuliers. Ici, j'ai été confrontée à une de mes faiblesses : les références historiques fréquentes que je trouve personnellement ennuyantes parce qu'elles ne résonnent pas pour moi. Cependant, l'histoire est fort bien menée, avec une intrigue toute simple qui s'étire à travers des secrets du passé finement amenés jusqu'à une fin digne de l'étrangeté des personnages. Un petit roman assez costaud à lire quand la concentration y est.
Like a fairytale out of old Irish legend, A Covenant of Salt is a tall but enthralling tale communicated in that deceptively simple prose that only a few literary fabulists have ever managed to master. Desjardins bounces back and forth through ages with effortless clarity to relate the tale of the young and mysterious Lily McEvoy and her mysterious designs in hosting a dinner with her father's hires stone carver Master Anselm. Characters roles in the plot are not immediately clear. One finds oneself much in Master Anselm's confused shoes despite seldom seeing him. What unravels is a parable in which salt becomes the bitterness a human heart is capable of and spans a commentary about class, order, and loyalty.
3.6 L’univers de M Desjardins est toujours spécial et celui-ci n’y échappe pas. Nous sommes dans les années, fin 1700 et Lily hrite du domaine familial et de la mine de sel. Le sel d’Armagh dont Lily voue un véritable culte. Le sel préservé les souvenirs et aussi sa rancune. Elle conviera maître Anselme, sculpteur qu’elle a engagé pour sculpter le monument funéraire familial, à un souper afin de déverser toute cette rancune.
Comme ce livre est courte, sa critique le sera aussi. J'ai beaucoup aimé, spécialement pour l'ordre dans lequel tout est raconté, personnage par personnage, à travers une prose superbe. Les personnages sont fondamentalement humains et ont voit où leurs défauts peuvent les mener tout au long du récit. Et malgré tout le désordre qui se crée de leurs erreurs, ils restent intéressants, certains même attachants, par leur humanité, on peut croire que ces événements se seraient déroulés ainsi, que l'ordre des choses se doit d'être ainsi. S'il y a une seule chose pour me faire aimer un roman, ce sera que les personnages aient cette profondeur qui justifie toute la causalité d'un récit.