Dans les Cinq Territoires, les saisons débutent un autre cycle et à nouveau, la Grande Relève en marquera l’amorce. Renvoyé vers son pays d’origine, Cahir, rongé par l’amertume et hanté par ses souvenirs, tente de retrouver sa place parmi les siens. Tandis que, dans la cité-capitale, l’on a préféré effacer toute trace du drame pour mieux l’oublier, certaines culpabilités, quoique silencieuses encore, commencent à peser lourd. Derrière les murs inébranlables de la tour du Nolath, l’Igilh reçoit un message glaçant en provenance des Plaines de Tilh. Il lui faut prendre une réelle décision. De celles qui, dépendantes d’un seul homme, peuvent déterminer pourtant le devenir de chacun.
Il s'en est passé des choses depuis ma lecture de L'Enfant Merehdian, le premier tome de la saga La Dernière Terre . A l'époque, je n'avais pas eu le coup de coeur comme presque tous les lecteurs mais j'avais tout de même beaucoup aimé. Alors je m'étais attardée sur ses créateurs, je me suis intéressée à leur(s) projet(s), j'ai été accueillie à bras ouverts et j'ai sympathisé avec eux. Ce qui fait que je me suis attachée à la saga et à ses personnages avant même de lire la suite... J'ai eu envie de suivre mon instinct, cette bonne impression que m'avait laissé L'Enfant Merehdian et j'ai bien fait...
En entamant Des Certitudes, j'avais donc peur de ne pas être objective. Mais je crois être capable de prendre suffisamment de recul et de vous dire sans honte et sans mentir que cette saga fantasy made in France est une vraie pépite . Il faut dire que j'ai plus ou moins fait avec eux mes premiers pas dans ce genre littéraire... Il y a un an je découvrais avec très très grand intérêt la série Game of Thrones , ce qui m'a donné l'envie de retenter de lire de la fantasy (qui était jusqu'alors un mauvais souvenir de mon adolescence, trop jeune pour apprécier le style sans doute). Le quatrième de couverture de La Dernière Terre ne me parlait pas particulièrement mais me rappelait vaguement ma chère série, puis l'avis du Bazar de la Littérature était si enthousiaste et élogieux que j'ai fini par m'y intéresser. Mais BREF, tout ça, je l'ai déjà écrit dans ma première chronique.
Donc oui mon instinct... il est chouette et je l'aime. Car en ayant refermé ce second tome, je ne regrette absolument pas de faire partie des Arpenteurs (comprendra qui pourra), d'avoir cassé ma tirelire pour quelques artworks de Magali Villeneuve et Alexandre Dainche ou encore pour voir trôner fièrement chez moi la figurine d'un des personnages (l'un de mes favoris du premier tome et qui l'est resté dans le deuxième) D'ailleurs, les personnages, c'est ce qui me plaît le plus dans ce roman : mes coups de coeur pour Feor, Reghia, Cahir et Ghent se sont confirmés mais le truc dingue c'est que TOUS les personnages sont intéressants, de la soeur maladivement timide à la mère bienveillante en passant par les Haut Garde et Haut Capitaine tout comme les nouveaux venus... Ils sont si fouillés et complexes qu'on ne reste jamais en surface des choses, l'auteur passe un temps fou à les rendre crédibles et elle y parvient merveilleusement bien. Le voile s'est levé sur certains mystères du premier tome mais de nouveaux sont apparus dans la foulée, ce qui instaure un intérêt constant pour le devenir de chacun et un développement très progressif de l'histoire... L'écriture est si agréable et immersive que l'ambiance est prenante, les détails si bien trouvés qu'on peut presque ressentir le froid, la nervosité des habitants quant à l'étrangeté du danger qui les guette, mais aussi cette peur que nous inspire la présence de ces... no spoiler :p J'ai été agréablement surprise par cet opus : j'ai beaucoup souri, chose à laquelle je ne m'attendais pas. Aussi bien de tendresse que d'amusement, les dialogues entre certains protagonistes sont vraiment un régal et ils ne font que renforcer cet attachement pour eux qui monte crescendo. Refermer ce livre m'a donné le sentiment d'abandonner mes amis, un peu triste donc mais largement satisfaite car c'est le signe qui ne trompe pas : j'ai été séduite du début à la fin.
Je n'ai volontairement pas parlé de ce qu'il se passe dans ce roman car il est difficile d'en parler sans spoiler un minimum et j'ai surtout préféré mettre l'accent sur les qualités littéraires de l'ouvrage... Je pense que tout le monde peut être conquis par La Dernière Terre , moins gore, sombre et sulfureux qu'un Trône de Fer mais tout aussi prenant. Un travail titanesque est constamment effectué pour cette saga, ce qui est une évidence une fois qu'on réalise être totalement plongé dans l'aventure. Cela peut vraiment être une bonne idée pour vous lancer dans la fantasy et vous accoutumer à ses règles mais aussi pour les déjà fans du genre qui voudraient lire quelque chose d'un peu différent. Des Certitudes est le second tome d'une saga qui devrait en comporter cinq, je ne peux que vous conseiller de rejoindre sans crainte la communauté (avec la fan-base la plus solide et présente que j'ai jamais vu !) et de voir et vivre ainsi l'évolution de ce beau projet :)
J'ai adoré ce 2e tome, encore plus que le premier L'Enfant Merehdian. Il y a plus d'action, c'est toujours aussi bien écrit et juste impossible à lâcher quand on l'a commencé. Feor qui n'était que superficiellement présent dans le 1er tome s'est avéré être juste hilarant et tordu et peut-être mon personnage préféré. Mais il y a toujours Ghent, un paquet d'émotions à l'intérieur et froid aux yeux du monde extérieur. Et ils s'entendent comme larrons (sarcastiques et sévères et casaniers) en foire (si la foire est un monde sans défense, assiégé par des hordes de créatures monstrueuses). J'ai eu peur pour Nelgoth un moment, mais il revient dans cette scène géniale où les notables convoqués par l'Ighil se rendent compte qu'ils sont dirigés par un ado, un môme. (Et plus, ils n'ont pas de guerriers, juste une armée de danseurs...) J'aurais mis 5 étoiles parce que j'adore le scénario, j'adore le rythme de l'histoire mais il y a quand même un problème. Les personnages féminins. Ce monde manque cruellement de personnages féminins intéressants. Heureusement il n'y a avait que peu de passages avec Reghia (qui malgré son manque de jugement ne meurt malheureusement pas), mais Gayle, que j'avais adorée dans le premier tome, change en quelques jours, trop rapidement à mon goût, et perd sa timidité et sa relative gaucherie (ce qui est bien, je ne dis pas le contraire) à cause d'un homme. Énervant. Surtout que ce n'est que moyennement bien amené. Quand à la Drea de l'Ighil, belle et creuse est sa description. Raya aurait peut-être pu être intéressante mais ils ne se passaient pas grand chose dans les scènes qui se passaient dans les Hautes Blanches. Je ne désespère pas de voir dans la suite un personnage féminin un peu intéressant mais...