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1914 : la grande illusion

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Présentation de l'éditeur
A la lumière des recherches les plus récentes, 1914 offre une synthèse des évènements qui ont précédé et suivi l'entrée en guerre de l'Europe. Dans une approche très concrète,nourrie d'archives, Jean-Yves Le Naour y restitue la façon dont cette année a été vécue par les contemporains, loin des antichambres ministérielles ou princières. Il montre la France plongée en situation de tension extrême, sensible à la moindre rumeur : les plaques de publicité Maggi ou du bouillon Kub auraient servi d'indications à l’armée allemande en marche, les Russes auraient débarqué au Havre, des espions allemands distribuent des bonbons empoisonnés, les soldats allemands coupent les mains des enfants durant l’invasion, etc.… Mais ce volume revisite évidemment les grands événements de 1914 comme l’attentat de Sarajevo, l’assassinat de Jean Jaurès et la bataille de la Marne. Il fait place à des évènements ignorés habituellement de l’historiographie : l’hésitation du gouvernement qui, partant pour Bordeaux, a failli décréter Paris « ville libre », sans défense, afin d’éviter sa destruction dans des combats ; l’incroyable réception de la célèbre voyante, Mme Fraya, en pleine nuit du 1er août devant une assemblée de ministres angoissés qui s’en remettent à l’irrationnel pour se rassurer ! Ou pourquoi Joffre a laissé les Allemands passer par la Belgique (contrairement à la version officielle, on savait que les Allemands passeraient par là !). L'auteur revient sur la fameuse « Union sacrée » qui ne restera qu'un rêve : les querelles se poursuivent, à fleurets mouchetés.... A chaque page, le récit est vivant et le lecteur peut éprouver ce climat si particulier, attisé par les premières morts, les errements des contemporains, leurs espoirs, leurs troubles et leurs angoisses. Poignant.
Biographie de l'auteur
Docteur en Histoire, spécialiste renommé de la Grande Guerre, Jean-Yves Le Naour est l'auteur de nombreux ouvrages sur le sujet. En 2010, il a reçu le prix du meilleur livre d'histoire en 2010 pour Les soldats de la Honte (Perrin).

408 pages, Paperback

First published November 8, 2012

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About the author

Jean-Yves Le Naour

163 books10 followers
Historien, né en 1972 à Meaux (Seine et Marne), docteur en histoire, spécialiste de la Première Guerre mondiale et de l'histoire du XXe siècle . Il est l'auteur de plusieurs films documentaires portant sur la Grande Guerre ainsi que sur le XXe siècle.
Deux de ses essais ont reçu un prix : L'affaire Malvy a remporté le prix Henri Hertz 2008, Les soldats de la honte, le Grand-Prix du livre d'histoire Ouest-France-Société Générale 2011 ainsi qu'une seconde distinction : le prix de l'Académie de Médecine Jean-Charles Sournia qui récompense "un travail original récent consacré à l'histoire de la Médecine".

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Displaying 1 - 4 of 4 reviews
Profile Image for Yann.
1,413 reviews393 followers
December 19, 2014


Ce livre est le premier d’une série d’un historien français contemporain dédié à la grande guerre, à l’occasion du centenaire, chaque tome étant dédié à une année du conflit. Ce premier tome, sur l’année 1914, est placé sous le signe de l’illusion. La première partie expose minutieusement les causes de la guerre à travers la chronologie des événements et des échanges diplomatiques entre les souverains et les chancelleries des grandes puissances, jusqu’à l’éclatement du conflit. La seconde partie se concentre sur le conflit en France, en particulier la grave incurie des hiérarchie militaires : l’échec du plan Joffre et l’invasion de la France, puis l’échec du plan Schlieffen et le début de la guerre des tranchées. Enfin, sont examinés les effets de la guerre sur la société, l’état d’esprit de la population, pourquoi le pacifisme a été inaudible, la face et l’envers de « «l’union sacrée ».

La première partie, qui se taille la part du lion, est fort éclairante. Le sujet des causes de la première guerre mondiale a été sujet à de nombreuses controverses, que l’auteur choisit d’aborder par l’histoire des mentalités, en faisant de la peur le ressort principal du déclenchement du conflit. Les rivalités coloniales, la course à la puissance et l’armement, l’état d’esprit de chaque pays, les alliances de circonstances, les coups de bluffs et manœuvres d’intimidation, les plans secrets des militaires qui doivent être suivis à la lettre une fois qu’ils sont décidés, la duplicité de certaines institutions qui cachent délibérément des informations aux dirigeants pour atteindre leurs propres objectifs, tout est décrit en détail, sans omettre d’étriller sévèrement ceux dont la responsabilité dans la guerre est la plus éclatante, c'est-à-dire les autocraties militaristes, autoritaires et religieuses de l’est de l’Europe. Partout domine l’illusion d’une guerre rapide. Personne n'imagine la catastrophe à venir.

En France, il n’y a plus d’esprit revanchard depuis longtemps, et en dehors d’un vague sentimentalisme patriotique, on songe bien peu aux provinces perdues. Ce sont plutôt elles qui en font voir de toutes les couleurs à l’Allemagne, dont elles n’ont jamais demandé à faire partie. Quand la guerre éclate, pratiquement personne ne s’en réjouit, à part quelques fous fanatisés par la foi et les doctrines racistes, comme un certain Hitler, qui, dans sa chambre à Vienne, remercie le Seigneur de donner enfin un sens à sa vie en l’envoyant au feu. De l’autre côté, les partisans de la paix sont bien inaudibles, faute de réussir à mobiliser les peuples dans le refus du conflit : avec l’invasion, les exactions commises, chacun s’en remet à la défense de la patrie attaquée, et les fortes dissensions se taisent. La gauche choisit sans ambages la défense du berceau de la révolution en Europe, la droite cesse de critiquer le régime.

Pour autant, parmi les opposants à la République, certains interprètent différemment le conflit, le voyant comme une expiation du crime que représenterait la modernisation de la société et le fait d’avoir tourné le dos aux valeurs traditionnelles. Ce genre d’interprétations est sévèrement jugé par la population, même par les plus pratiquants chez qui le patriotisme l’emporte sur l’idéologie. Chacun va faire son devoir sans passions ni enthousiasme, en détestant la guerre, mais avec résolution, car il n’y a malheureusement pas grand-chose d’autre à opposer à un ennemi perfide, brutal et déterminé. Du coup, la germanophobie et la crainte des espions monte en flèche, et ses effets tombent sur de pauvres innocents qui font les frais des rumeurs et de la frayeur collective. Les informations prodiguées par la presse, sans aucun fondement et n’ayant pour but que de maintenir le moral de la population, finissent par lasser et ne plus rencontrer qu’indifférence.

La conduite de la guerre par l’état major de l’armée est loin d’être irréprochable. Tant côté alliés que allemands, les fautes et les aveuglements sont légions et coûtent extrêmement cher. Ceux qui dirigent les opérations sont extrêmement prodigues en vies humaines, et justifient leurs choix désastreux par une victoire qu’ils espèrent proches et dont ils souhaiteraient mériter les lauriers par une conduite audacieuse et décisive. La difficile coordination des alliés, entre Français, Anglais et Russes n’aide pas non plus la conduite des opérations. Après une retraite difficile suite à l’échec cinglant de l’offensive imaginée par Foch, l’armée se replie en bon ordre et bloque l’avancée Allemande sur la Marne. La guerre des tranchées va commencer. Dans les territoires conquis, les Allemands se livrent à des crimes et exécutions sommaires de civils, étant terrorisés par les récits de francs-tireurs de la guerre de 1870. Le livre se termine par les touchantes fraternisations du Noël 1914 entre les soldats des deux côtés du front, mais la guerre est malheureusement partie pour durer...
Profile Image for Marvin Picklejar.
105 reviews1 follower
February 23, 2024
Si la question des facteurs qui ont contribué au déclenchement de la Première Guerre mondiale vous empêche de dormir la nuit, ce livre vous apportera des réponses. On m’avait toujours dit que l’assassinat de Sarajevo avait déclenché un mécanisme où les alliances entre pays avaient mené automatiquement à la guerre, mais c’est plus compliqué que ça.

Le livre montre aussi à quel point l’Allemagne est passée proche de gagner la guerre dans les premières semaines du conflit. Lorsque le général Joffre, commandant en chef de l’armée française, a fini par se sortir la tête du cul, il était moins une.
115 reviews2 followers
June 20, 2020
Se lit tel un roman. Que de richesses dans les détails de la grande comme de la petite Histoire ! Tenants de la guerre au jour le jour s'abstenir... Il est regrettable que les éditions Perrin aient arrêté la parution de cette série dans la collection Tempus a l'année 1915.
117 reviews8 followers
May 28, 2022
Premier volume de Jean-Yves LE NAOUR sur la première guerre mondiale.
On apprécie l'approche à la fois sociale, politique et militaire, même si ce dernier aspect est succinctement développé.
Seul bémol, cela pourrait être mieux écrit.
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