« Pendant que je fais des phrases, un homme fermente dans une cellule. » Philippe Jaenada Alain Laprie a été condamné à 15 ans de prison pour le meurtre de sa tante. La justice pénale a tranché. Sur la base d’un dossier vide, ne contenant aucune preuve tangible, elle a privé l’homme de sa liberté et l’a séparé des siens. À travers cet exemple, dont il décortique avec la minutie qu’on lui connaît chacun des éléments, Philippe Jaenada dresse un vibrant réquisitoire contre les dysfonctionnements inacceptables d’un système policier et judiciaire qui, par manque de moyens et de détermination, se délite sous nos yeux dans l’indifférence générale. Né en 1964, Philippe Jaenada est un écrivain majeur de la littérature contemporaine. Son humour irrésistible et son inimitable autodérision s’entremêlent avec grâce à la puissance de ses livres. La Serpe a reçu le prix Femina 2017. Ses romans sont disponibles chez Points. Postface inédite de l’auteur.
Philippe Jaenada est né à Saint-Germain-en-Laye où ses grands parents maternels possèdaient le restaurant Le Grand Cerf.
Issu d’une famille de pieds-noirs récemment revenue d’Algérie, il a grandi dans une banlieue pavillonnaire de Morsang-sur-Orge dans l’Essonne. Après des études scientifiques, il s’est installé à Paris en 1986 où il enchaîne les petits boulots pendant plusieurs années.
Sa première nouvelle est publiée en 1990 dans L'Autre Journal. Les sept premiers romans de Philippe Jaenada sont d'inspiration autobiographique. Outre ses livres, il écrit des articles pour le magazine Voici
Ah ah ! Heureusement qu'il indique au début du livre qu'il n'a pas le temps de faire de digressions 😂 En même temps, ça fait partie de ce que j'aime dans sa façon d'écrire, alors tant mieux ! Une fois encore, une démonstration qui ne peut qu'emporter notre adhésion à sa cause.
J'ai encore une fois pris plaisir à l'écriture si particulière de cet auteur. Néanmoins, je dois reconnaître un certain ennui dans le dernier tiers du livre.
Jaenada nous a habitué à des pavés de 700 pages et là on est limite déçue avec ces 100 pages.. Mais finalement non.
Une histoire écrite vite car moins habituelle, jaenada s empare d une affaire actuelle où le principal accusé est derrière les barreaux. Encore une fois Philippe jaenada semble convaincu de son innocence et on veut bien le croire avec l ensemble des preuves qui nous saute aux yeux.. Ce livre veut venir chambouler la justice..
Est ce qu un livre peut remette en cause une décision de justice ? Affaire à suivre.. Pour l instant à peine sorti, le livre fait qq remous donc attendons de voir..
Peut-on lire Jaenada seulement pour son écriture ? Oui ! (enfin, si on supporte les parenthèses !)
Mais en plus, ses romans (enquêtes, essais ?) sont passionnants. Et c’est avec un talent plein de cynisme, d’humour, de second degré, de sérieux, de minutie et de travail (oui, vraiment beaucoup de travail (impossible autrement)) qu’il s’attelle à ses sujets.
Un bémol ? Souvent il en fait trop ! (Est-ce un reproche ? Serait-ce possible de faire tout ce travail au rabais ? Non, clairement) Mais ici, non, Philippe est presque sobre. Certes, dans cette affaire les personnages sont nombreux, mais vite on se retrouve portés par son verbe et son art de conteur.
Et le fond ? L’affaire ?
L’invraisemblable sentiment d’assister à un procès de guignol, une gendarmesquerie, un déni de justice
Plus compact, plus resserré, un livre coup de poing, où on retrouve la passion de Jaenada pour les parenthèses et en filigrane la question de la justice (pas clair si c’est la justice ou les moyens qui lui sont accordés qui devraient être questionnés cependant). Ca ne va pas aussi loin que d’habitude, mais quel talent et quelle passion! Jaenada n’a pas son pareil pour rentrer dans les faits divers, aevc un esprit critique vif et cynique
Un homme, Alain Laprie, est en prison pour le meurtre de sa tante. Et Jaenada, avec son humanisme, son enthousiasme, sa distance, montre comment la machine judiciaire peut condamner parce qu'il faut bien un coupable
Toute la verve de Janaeda dans une nouvelle enquête sur un autre fait divers. Mais cette fois cela se passe de nos jours, et c’est encore plus glaçant parce que l’on ne peut plus se dire que ça n’arriverait plus de nos jours.
On est happés, on rit (jaune), on s’indigne. Mais on ne regrette pas cette courte lecture, un coup ryde aux certitudes que l’on pourrait avoir sur le bon fonctionnement de la justice.