La danse est l’écho vibrant du monde, de l’histoire et des sociétés. Du classique à la danse contemporaine, le territoire des esthétiques est vaste. Ainsi, les décennies 1960-1970 ont vu émerger des danses aux influences multiples. Le hip-hop, notamment, se réapproprie différentes formes d’art pour exister dans des sociétés très codifiées. Mais encore le voguing et le waacking qui rendent ostensibles les sentiments des minorités. Dans les années 2000, le krump laisse entendre, à son tour, le cri d’une jeunesse oubliée. La danse électro, quant à elle, 100 % française, essaime son esthétique du clubbing dans le monde.
Ce livre montre la danse comme un art résolument vivant, en évolution permanente, un phénomène social.
Il fait le portrait de 30 artisans du mouvement, qui font la danse d’aujourd’hui et de demain. Laura Arend - Mehdi Baki - Marion Barbeau - Camille Bon - Mellina Boubetra - Grichka Caruge - Paula Comitre – Dexter - Carlota Dudek - Johanna Faye - Jade Fehlmann - Jann Gallois - Fauve Hautot - Nicolas Huchard - Edouard Hue - Leïla Ka - Mehdi Kerkouche - Pablo Legasa - Germain Louvet - Josepha Madoki – Antonin Monié - Yanis Marshall - Brandon Masele - Matteo Masson – Nach - Laura Nala - Arthur Perole - Amalia Salle - Noé Soulier - Léo Walk
Pour ceux qui ne s’y connaissent pas du tout en danse, ce livre permet un accès.
En revanche, pour les connaisseurs, comme moi, on remarque davantage de défauts, a savoir 60 pages sur la danse contemporaine, mais aucun activiste pour défendre/raconter la culture voguing, ou encore La House, le Locking, le Popping, disciplines indispensable du paysage danse, qui n’apparaissent malheureusement pas.
Un livre mettant en avant les personnalités connu, régulièrement interviewé et/ou primé, et qui, malheureusement, invisibilise des activistes reconnus par leur haecceité visible dans le milieu, par exemple, Jean-Michel Cruel (anciennement connu sous « Diablo ») pour le Hip-hop, BBoy Benji, avant-gardiste inspirant BBoy Lilou, un compétiteur légendaire, Mounia Nassangar, un visage portant le Waacking (avec Suzanne Degennaro, qui aujourd’hui possède aussi une certaine lumière), en Locking, avec « Candyman », d’une virtuosité rappelant des légende tel que Gregory Hines, ou encore Goku Kepler et Jimmy Milliard, activiste incontournable dans le milieu danse electro, mentionné mais n’apparaissant pas.
De plus, La réponse à la question « sommes-nous tous danseurs? » à été débattu de manière intéressante par Le danseur Léo Walk, disant « Je connais des danseurs qui ne savent pas freestyler, pour moi, ce ne sont pas des danseurs. », car oui, ils ne savent pas s’exprimer, malgré tout les mots appris, ce qui met un doute à la question.
La krumpeuse Silent, figure incontournable du krump actuel, Quiet Storm (championne) au style unique, Sniper/Luka Austin (champion - qui rafle absolument tout), des personalites nécessaires à la compréhension de cette culture; invisibilisés par les pages du contemporain.
Au delà de tout ça, Le livre mérite une réel visibilité pour son investissement incroyable sur les codes couleurs, l’aspect iconographique et les photographies très belle.
Un livre qui, visuellement, pourrait facilement être accroché dans un musée et donner envie de lire.
Malgré mes reproches, je trouve que c’est une très belle démarche que de faire un livre sur la danse, et je trouve que le travail a été très bien réalisé.
Le livre est, je pense, une œuvre réalisé dans le but de permettre aux « non-danseurs » de comprendre que nous sommes « Tous Danseurs », et que la danse n’est qu’une question de « Liberté » et « d’expression », ce qui est en soit, une part de vérité, qui ne se débat que lorsque l’on prend du niveau, et je pense que c’est ce que Léo Walk voulait dire et ce que le livre, avec tous ses activistes contemporains, affirment, de par le leur désir « d’émancipation aux styles trop codifiés » et leur volonté de « se sentir vivant, par l’acte de bouger », que l’on appel « danse ».
Si c’est cela le message, alors, il est très bien transmis.