L’auteur s’intéresse aux liens qui se sont noués, à travers l’histoire, entre les criminels et les États. Dès que les connaissances nous le permettent, nous découvrons des traces de tentatives de renier l’ordre, pour faire des profits ou acquérir du pouvoir. Ainsi, meurtres et contrebandes semblent être aussi anciens que les organisations sociales.
Au fil du temps, les États se sont structurés et ont commencé à vouloir réglementer certains domaines, comme ceux de la morale ou de la monnaie d’échange (que ce fut un objet ou, plus tard, une monnaie métallique). En grossissant, les gouvernants ont créé de nouveaux besoins économiques, mais aussi de nouvelles contestations intérieures et des conflits territoriaux. Ce besoin financier a permis la naissance d’une forme de criminalité autorisée, ou, à tout le moins, encouragée et taxée. On peut citer, par exemple, l’exaltation des pillages par les armées, qui ont favorisé le recrutement d’hommes, ou encore les corsaires, qui sillonnaient les mers en pillant les navires ennemis.
La croissance exponentielle de la puissance des États s’est accompagnée d’une tendance à réglementer de plus en plus les activités intérieures du pays, faisant entrer de nombreuses pratiques dans le domaine de l’illicite, au nom de la morale, de la religion, du bien vivre ensemble… Cet accroissement des interdits s’est heurté aux limites de l’acceptation des populations. Si certains ont été vus comme bienvenus, d’autres, vécus comme privatifs de libertés – la prohibition, la réglementation de la prostitution…) ou trop couteux (notamment avec la multiplication des domaines soumis à l’impôt) ont favorisé l’émergence de nouvelles formes de criminalités.
Les siècles avançant, les sociétés sont devenues de plus en plus complexes. Les formes de criminalités ont suivi le mouvement, pour leur propre survie. Se sont créés les bandes organisées, les mafias, les réseaux structurés et même les « franchises » mafieuses.
Dans notre XXIe siècle, les criminalités acquièrent de nouvelles formes. Elles se financiarisent, se numérisent et se morcellent. Les États accélèrent les interdictions, réglementations, les contrôles, y compris par caméras, IA… Mais le crime demeure ! Et l’argent qu’il génère pour les groupements terroristes, les États mafieux, et même les démocraties officielles, lui laisse un champ infini de possibilités.
Cet essai est empli d’anecdotes, passionnantes, voire amusantes, qui, au-delà même de la pure analyse, me l’ont fait dévorer encore plus rapidement.
Un ouvrage à découvrir !