Dragon appartient aux RG. Son quotidien c'est la planque, les heures de surveillance ingrates, le terrain et l'investigation en tout genre. Ses récompenses : les coups d'adrénaline et les contrariétés du système politico-judiciaire français... D'organisations terroristes en réseaux d'immigrés clandestins, les enquêtes délicates se succèdent, sans complaisance.
"Le plus déprimant, dans ces périodes noires, c'est que, au-delà des événements ponctuels de la vie, je n'arrive plus à oublier que mon boulot ne sert à rien... Que les ateliers fermés rouvriront ailleurs... Que ma mission fondamentale, celle qui remplit ma vie, consiste au fond à vider la Seine avec une petite cuillère...Et je ne peux pas me permettre de m'encombrer de cette sensation."
On ne naît pas poulet, on le devient. Ou alors, on croise des personnes fascinantes qui donnent envie de leur ressembler. C’est le cas de ce commissaire, incarné dans la BD par Pierre Dragon, scénariste qui se met en scène en héros d’une histoire qu’il a peut-être vraiment vécue. On suit son adrénaline, ses doutes, ses tensions, et les vicissitudes de sa vie professionnelle et personnelle de flic. Un récit à la fois intime et intense, où la frontière entre réalité et fiction s’efface subtilement. Le dessin, un peu brut, ne gêne pas ; au contraire, il apporte une authenticité qui fait mouche. On n’est pas dans la finesse de Francq, mais ça fonctionne parfaitement. Une BD qu’on ouvre facilement et qu’on referme toujours à regret.