A 18 ans, entre deux alertes à la bombe, Ismet a trouvé un moyen de fuir la guerre : le théâtre. Et, quand sa troupe est invitée en Ecosse, il réussit à quitter le pays. Destination finale : la Californie. Là-bas, Ismet devient Izzy, tout en restant hanté par ceux qu'il a laissés. Il se met alors à écrire, à tout écrire : de ses jeux d'enfant obsédé par les ninjas au cheddar offert à son arrivée sur le sol américain, de la visite médicale où il croise un certain Mustafa au destin qu'il imagine à ce jeune homme resté en Bosnie, envoyé au front et blessé... Déchiré entre sa face A(méricaine) et sa face B(osniaque), Ismet porte un roman aussi beau que bouleversant sur une jeunesse en temps de guerre et la douleur de l'exil.
Ismet Prcic was born in Tuzla, Bosnia-Herzegovina, in 1977 and immigrated to America in 1996. He holds an MFA from the University of California, Irvine, and was the recipient of a 2010 NEA Award for fiction. He is also a 2011 Sundance Screenwriting Lab fellow. He lives in Portland, Oregon, with his wife.
Je ne suis pas sûre que donner un avis sur ce livre lui rendrait justice, il est complexe, intense et sublime. On ne sait pas vraiment ce qui est autobiographique et ce qui ne l'est pas, ce qui est une hallucination de l'auteur ou un vrai souvenir, mais c'est bouleversant. Je me rappelle, quand j'étais petite, d'avoir entendu parler de la guerre en Bosnie, mais forcément c'était loin de moi, pas vraiment une réalité, et là on s'y plonge et on rencontre des humains magnifiques qui ont vécu dans les bombardements, expérimenté la fuite et les chocs post-traumatiques. Et des humains moins magnifiques. Comme partout, comme tout le temps. Mais exacerbé dans ce contexte violent. J'ai adoré la façon dont ce roman est rédigé, entre souvenirs, extraits de journaux et hallucinations (?) d'une autre vie, et le style est superbe. Ça déchire un peu le coeur mais c'est vraiment un beau roman.