1940, Bienvenue à Coventry, et plus particulièrement chez les Vine. Cette étrange famille composée d'une mère charismatique, Martha, et de ses 7 filles, fait front aux bombardements et à la reconstruction qui s'impose alors. Cassie, la plus fragile des soeurs, met au monde un enfant, Frank. Elle a déjà abandonné un bébé et ne peut se résoudre à en abandonner un deuxième, mais elle n'a en aucun cas les capacités pour élever son petit de manière sereine. Martha prend alors les choses en main : Si Cassie ne peut pas se débrouiller, alors l'enfant sera élevé par toute la famille, et sera envoyé chez une soeur, puis chez l'autre... Et ainsi de suite. Frank a un pouvoir un peu spécial. Une sorte de deuxième oeil, il voit des choses que les autres ne voient pas.
*
Quand la keupine de mon coeur m'offre un livre (comprenez par là : meilleure amie), je suis d'office certaine que je vais prendre une claque. C'est encore une fois le cas !
Quand j'ai commencé cette lecture, je m'attendais à quelque chose de principalement fantastique, et pourtant non. Le "pouvoir" de Frank (qui ne vient pas de nulle part, puisque sa grand mère et sa mère l'ont aussi, à différents niveaux) n'est pas le thème principal du livre.
Le thème principal, c'est celui d'une famille soudée, qui reste solidaire malgré les tempêtes. Et des tempêtes, il y en a ! Chacune des soeurs a une histoire bien différente et connaît des tourments qui le sont tout autant. Mine de rien, Graham Joyce aborde une foule de sujets différents. Tout y passe : la solidarité, la politique, l'infidélité, les relations mères-filles ou soeurs-soeurs, l'enracinement, l'amour, l'amitié, la folie.. etc, etc.
Ce qui est génial dans ce livre, c'est qu'absolument tous les personnages ont leur petite particularité. On s'attache très vite à l'ensemble des protagonistes, et même à ceux qu'on voit un petit peu moins. Joyce dépeint un tableau haut en couleurs et en caractères.
"Lignes de vie" est encore meilleur que ce que j'imaginais. Certains pourraient être gênés par le fait que le côté fantastique de l'histoire soit relégué au second plan (voire au troisième), personnellement je préfère comme ça. Je referme ce livre en regrettant de ne pas connaître cette famille dans la réalité. Et je le ré-ouvrirai dans quelques temps, probablement... Quelque chose me dit qu'ils vont me manquer.