Cette fresque de 6 volumes d’un roman graphique m’a captivée pendant des heures et des heures pendant un confinement « covidien ». Ce récit graphique et autobiographique nous fait découvrir le parcours de son auteur depuis sa tendre enfance jusqu’à ses succès de jeune adulte. On rit, on pleure, on se fâche, on s’enrage même, mais surtout, on se prend d’une grande sympathie pour le personnage principal d’abord petit garçon blond né d’une mère bretonne et d’un père syrien, émerveillé devant tout ce que la vie lui offre, puis un adolescent qui perd ses repères et un adulte qui apprend à contrôler ses angoisses et tirer le meilleur parti de sa vie chaotique et par moment tragique. L’humour grinçant de Sattouf et son langage cru illustrant le racisme alimenté de part et d’autre par les Français, les Syriens et les Maghrébins est percutant. Enfin, Satouf jette un regard très sévère sur le détournement des lectures du Qu’Oran par les hommes au détriment des droits des femmes.