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La paix des ménages - Histoire des violences conjugales, XIXe-XXIe siècle
Si la question des violences conjugales est aujourd'hui présente dans les médias et l'espace public comme un " fait de société ", nommé et condamné, leur lente définition n'avait été écrite. C'est chose faite avec ce livre, contribution majeure à la compréhension du XIXe siècle et à la définition de ces " brutalités domestiques ", et désormais disponible en poche. Devenue un " fait de société ", la question des violences conjugales avance lestée de chiffres, mais aussi d'une " belle " mythologie : nous autres modernes serions les premiers à lutter contre elles, à les juger réprouvables et même à les punir.
À l'heure où les historiens s'emploient à revisiter la place de l'État dans l'organisation des sociétés, ce livre est une contribution majeure à la compréhension historique de la place du droit et de la justice dans le processus de pacification des mours qui tenaille tant le XIXe siècle. Nourri des centaines d'affaires de violences conjugales dont les tribunaux n'ont pas cessé d'être saisis, il souligne la difficulté de saisir ces violences bien particulières, pour les victimes notamment, il plonge le lecteur dans l'ambiance des tribunaux et il fait le pari de se placer au plus près des magistrats qui traitent ces affaires. Y apportant des arguments solides et historiquement fondés, il permet également d'alimenter les débats citoyens et d'aller à l'encontre de certaines idées reçues : les hommes battus existent aussi, le XIXe siècle ne fut pas que celui du " droit de correction " et peut-être, ayant fait de ces violences un " fait de droit " et non pas un " fait de société ", savait-il mieux les punir qu'aujourd'hui.
À l'heure où les historiens s'emploient à revisiter la place de l'État dans l'organisation des sociétés, ce livre est une contribution majeure à la compréhension historique de la place du droit et de la justice dans le processus de pacification des mours qui tenaille tant le XIXe siècle. Nourri des centaines d'affaires de violences conjugales dont les tribunaux n'ont pas cessé d'être saisis, il souligne la difficulté de saisir ces violences bien particulières, pour les victimes notamment, il plonge le lecteur dans l'ambiance des tribunaux et il fait le pari de se placer au plus près des magistrats qui traitent ces affaires. Y apportant des arguments solides et historiquement fondés, il permet également d'alimenter les débats citoyens et d'aller à l'encontre de certaines idées reçues : les hommes battus existent aussi, le XIXe siècle ne fut pas que celui du " droit de correction " et peut-être, ayant fait de ces violences un " fait de droit " et non pas un " fait de société ", savait-il mieux les punir qu'aujourd'hui.
- GenresNonfiction
416 pages, Pocket Book
Published December 7, 2023
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Community Reviews
Displaying 1 - 3 of 3 reviews
August 13, 2021
+ : le thème prometteur choisi par l'autrice, l'attention particulière à ne pas genrer les violences conjugales et la mise en avant de la méconnaissance généralisée des maltraitances envers les hommes.
- : Le titre peut déjà porter à confusion, il aurait été opportun de préciser qu'il s'agissait de l'histoire du DROIT des violences conjugales. De plus, le livre ne traite véritablement en profondeur que le XIXeme siècle. Le XX et le XIXeme siècle n'apparaissent que dans la conclusion de 15 pages. L'écriture et le sujet sont plutôt pointus (on sent que c'est principalement pour un public motivé), et deviennent un peu répétitif (au bout de 150 pages, les chapitres commencent à se ressembler). La recherche est par ailleurs totalement hétérocentrée: l'autrice ne mentionne les violences dans les couples homosexuels qu'une seule fois dans la conclusion.
- : Le titre peut déjà porter à confusion, il aurait été opportun de préciser qu'il s'agissait de l'histoire du DROIT des violences conjugales. De plus, le livre ne traite véritablement en profondeur que le XIXeme siècle. Le XX et le XIXeme siècle n'apparaissent que dans la conclusion de 15 pages. L'écriture et le sujet sont plutôt pointus (on sent que c'est principalement pour un public motivé), et deviennent un peu répétitif (au bout de 150 pages, les chapitres commencent à se ressembler). La recherche est par ailleurs totalement hétérocentrée: l'autrice ne mentionne les violences dans les couples homosexuels qu'une seule fois dans la conclusion.
June 26, 2025
Dans La paix des ménages, l’historienne du droit Victoria Vanneau explore plus d’un siècle de violences conjugales, du XIXe siècle à nos jours. Nourri d’une documentation impressionnante et de centaines d’affaires judiciaires, l’ouvrage s’intéresse à la manière dont le droit, la justice et la morale ont (ou non) traité la question des violences conjugales, bien avant que cette notion ne s’impose dans le débat public.
Ce livre m’a profondément bousculée. Il remet en cause beaucoup d’idées reçues : non, le XIXe siècle n’était pas simplement une époque où l’on tolérait toutes les violences dans le couple ; et non, les progrès en matière de droits des femmes n’ont pas toujours été linéaires ni garantis.
La lecture est dense, très académique, voire technique. Chaque page regorge d’informations, de références et d’analyses poussées. Pour quelqu’un qui, comme moi, n’est pas habituée aux lectures juridiques ou historiques de ce niveau, cela peut devenir fatigant, voire frustrant. À titre de comparaison, j’ai trouvé Nos corps, leur champ de bataille de Christina Lamb — également centré sur les violences faites aux femmes mais dans un cadre de guerre — beaucoup plus fluide et accessible.
Malgré cette difficulté, ce livre m’a ouvert les yeux sur la complexité du traitement des violences conjugales, à travers les siècles. Il met aussi en lumière des aspects qu’on évoque rarement : les hommes battus, l’évolution lente mais réelle des droits des femmes sous l’effet des luttes féministes.
Ce n’est pas un coup de cœur, car je ne peux pas dire que j’ai pris du plaisir à le lire : c’est trop technique pour cela. Mais je pense que La paix des ménages a toute sa place dans une bibliothèque si l’on s’intéresse à l’histoire du droit, à la condition féminine ou aux violences de genre. Ce n’est pas un livre que l’on lit d’une traite, mais plutôt un ouvrage de référence, dans lequel on peut venir piocher des connaissances solides et documentées.
Ce livre m’a profondément bousculée. Il remet en cause beaucoup d’idées reçues : non, le XIXe siècle n’était pas simplement une époque où l’on tolérait toutes les violences dans le couple ; et non, les progrès en matière de droits des femmes n’ont pas toujours été linéaires ni garantis.
La lecture est dense, très académique, voire technique. Chaque page regorge d’informations, de références et d’analyses poussées. Pour quelqu’un qui, comme moi, n’est pas habituée aux lectures juridiques ou historiques de ce niveau, cela peut devenir fatigant, voire frustrant. À titre de comparaison, j’ai trouvé Nos corps, leur champ de bataille de Christina Lamb — également centré sur les violences faites aux femmes mais dans un cadre de guerre — beaucoup plus fluide et accessible.
Malgré cette difficulté, ce livre m’a ouvert les yeux sur la complexité du traitement des violences conjugales, à travers les siècles. Il met aussi en lumière des aspects qu’on évoque rarement : les hommes battus, l’évolution lente mais réelle des droits des femmes sous l’effet des luttes féministes.
Ce n’est pas un coup de cœur, car je ne peux pas dire que j’ai pris du plaisir à le lire : c’est trop technique pour cela. Mais je pense que La paix des ménages a toute sa place dans une bibliothèque si l’on s’intéresse à l’histoire du droit, à la condition féminine ou aux violences de genre. Ce n’est pas un livre que l’on lit d’une traite, mais plutôt un ouvrage de référence, dans lequel on peut venir piocher des connaissances solides et documentées.
August 16, 2026
Je pense que le livre est beaucoup trop technique pour moi (car non spécialiste du droit) mais il a le mérite de nous apprendre des choses juridiques sur le XVIIIe siècle et de bousculer aussi un peu nos clichés.
En revanche :
- le livre traite dans sa quasi totalité du XVIIIe siècle et non du XXe et XXIe siècles (évoqués dans la conclusion)
- je trouve que bcp de parties sont assez répétitives et je ne sais pas si c’est un trait propre à la discipline, mais j’avais l’impression que l’autrice se contredisait par moment
- (là encore c’est peut-être propre au droit mais je trouve que) le livre bénéficierait d’être enrichi par quelques notions sociologiques ou réflexions plus poussées. Notamment sur la partie (très interessante) sur les jurys populaires. Il aurait été intéressant de discuter comment la justice semblait (comme aujourd’hui) plus « avancée » par rapport aux normes sociétales. Aussi, j’ai trouvé la conclusion assez (passive) agressive sur le féminisme et la sexuation des violences conjugales. Il n’est pas question de nier que les hommes peuvent être victimes, mais il convient aussi de noter que ces violences sont tout de même perpétuer et admises dans un système de domination patriarcale :)
En revanche :
- le livre traite dans sa quasi totalité du XVIIIe siècle et non du XXe et XXIe siècles (évoqués dans la conclusion)
- je trouve que bcp de parties sont assez répétitives et je ne sais pas si c’est un trait propre à la discipline, mais j’avais l’impression que l’autrice se contredisait par moment
- (là encore c’est peut-être propre au droit mais je trouve que) le livre bénéficierait d’être enrichi par quelques notions sociologiques ou réflexions plus poussées. Notamment sur la partie (très interessante) sur les jurys populaires. Il aurait été intéressant de discuter comment la justice semblait (comme aujourd’hui) plus « avancée » par rapport aux normes sociétales. Aussi, j’ai trouvé la conclusion assez (passive) agressive sur le féminisme et la sexuation des violences conjugales. Il n’est pas question de nier que les hommes peuvent être victimes, mais il convient aussi de noter que ces violences sont tout de même perpétuer et admises dans un système de domination patriarcale :)
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