Le nouvel essai percutant de Mathieu Bock-Côté. " Les Occidentaux ont voulu se faire croire après la chute du communisme que l'histoire du totali tarisme était derrière eux, qu'elle ne les concernait plus. Au pire redoutaient-ils l'apparition d'un totalitarisme doux, à visage humain, mais ils ne le croyaient pas vraiment, ne le prenaient pas au sérieux. Et pourtant, le totalitarisme revient. Dans l'incrédulité générale, puisqu'il revient sans goulag, car il n'en a plus besoin. Et il revient sous une forme paradoxale. Nos sociétés veulent croire que ce qu'elles appellent "l'extrême-droite' les menace existen tiellement, comme si elle sortait des enfers pour les y ramener avec elle. Cette catégorie politique fantomatique, in définissable, manipulée et instrumentalisée, sert essentiellement à étiqueter tous ceux qui s'opposent au régime diversitaire. Mais pas seulement : toute personnalité de gauche n'adhérant pas à la doxa ambiante est désormais frappée de cette marque de l'infamie. La lutte contre la prétendue "extrême-droite' justifie aujourd'hui une suspension progressive des libertés, le retour de mécanismes d'ostracisme et un contrôle social croissant, prétendant éradiquer le mal du cœur de l'homme. En d'autres mots, ce n'est pas "l'extrême-droite' qui nous menace, mais la lutte contre "l'extrême-droite' qui nous conduit au totalitarisme. Je sais cette thèse contre-intuitive. Je me donne la mission ici de la démontrer. " Mathieu Bock-Côté
MBC démontre toute sa pertinence dans sa capacité à analyser les idées avec une clarté saisissante. Lire cet essai, c’est structurer sa pensée. C’est rendre intelligible la folie du quotidien. Enfin, pour ceux qui conservent encore un brin de sens commun. Mais ce qui fait la force de cet ouvrage, c’est la manière dont il expose les liens unissant l’ensemble des hérésies post-moderne. Il montre ainsi à voir comment tout est système. C’est ce système tentaculaire, totalitaire, qu’il nomme le « régime diversitaire ».
J’ai particulièrement aimé le décryptage qu’il fait de l’extrême-droite dans son premier chapitre. J’ai plusieurs fois demandé aux gens autour de moi ce qu'il entendait par extrême-droite, et la réponse fut toujours vague. J’ai longtemps cru que l’extrême-droite se caractérisait par le rejet de la modernité et du libéralisme, et que les gens qui utilisaient ce terme ne faisaient que se tromper. Mais, forcé de croire que l’emploi qu’on fait de l’extrême-droite aujourd’hui n’a qu’une seule fonction; jeter l’opprobre sur l’autre. MBC met en lumière comment l’anathème ne sert qu’à faire sortir de la sphère de la respectabilité sociale ceux qui ne se plie pas aux nouveaux dogmes de la gauche. Ceux qui sont critiques ou qui s’opposent aux apprentis sorciers qui tentent de remodeler le monde selon une idéologie pernicieuse.
L’ouvrage m’a également convaincu par sa capacité à relier le « régime diversitaire » à des problématiques plus profondes, touchant à la nature humaine et à son rapport à la transcendance. Lorsque l’on met en relation tous les dérives d’aujourd’hui, on voit de quelle manière tout revient à la base : l’Homme Éternel. La révolution que l’on subit aujourd’hui n’est pas seulement politique ou sociale, c’est avant tout une révolution anthropologique qui déstabilise les fondations mêmes de la Nature Humaine. Le fantasme de l'homme nouveau détaché de toute contrainte n’est pas une libération, mais l’errance de l’âme dans un magma d’incertitude.
I've read one third of this book and put it down because there was no indication of it getting any better.
The author keeps repeating the same 3 ideas over and over again. Honestly, the whole book seems like a very long repetitive rant. There are some life examples, but most of it is just the author's thoughts.
The way in which it is written makes me wonder if there was even an editor involved, or if they simply published the original draft. Sentences, sometimes, are so long and incoherent that you get lost mid-sentence (and yes, I speak French). There is really no structure because it's not going anywhere, it's just self repeating.
Oh, and if you are from Quebec and picked up this book thinking it is a Quebec author who will talk about politics in North America, that's too bad! There is a lot more focus on French politics and references to politicians and journalists of whom you wouldn't know anything.
On nous propose dans ce livre la pensée MBC face à la "révolution soviétique" nouveau genre, selon l'auteur, du totalitarisme identitaire de nos sociétés. Une évolution de l'homme nouveau vers un idéal en rupture avec l'appartenance civilisationnelle occidentale. Le communisme ne serait pas mort, mais retransformé en un régime identitaire menaçant la survie de la civilisation occidentale. Malgré que l'auteur amène plusieurs réflexions importantes sur la censure des médias, les dérives du courant woke, le désintérêt politique, la dominance des réseaux sociaux ainsi que l'impact des nouvelles technologies sur notre société. Il n'en demeure pas moins que cette oeuvre est d'une manière peu discrète bien plus dans une optique de la théorie du grand remplacement qu'une simple relativisation de la "droite". On y retrouve les peurs habituelles du conservatisme social parsemé d'exemples épisodiques. Le tout trop souvent généralisé à l'aide d'exemples historiques non factuelles. Paradoxalement, on vient à se demander si MBC réalise qu'il participe lui même, de part ce manque de nuance, à une forme d'ingénierie sociale qu'il tente pourtant de combattre.
Magistrale. Le meilleur livre de MBC que j'ai eu le plaisir de lire. L'auteur démontre comment une analyse sérieuse sur les mouvements sociétales totalitaires installés en Occident peut être fait, sans tomber dans le conspirationnisme professionnalisé dans les recherches Google.
C'est aussi dans ce livre que je trouve que ressort davantage un élément du transcendant dans la pensée et des réflexions de MBC : je crois qu'il se dit maintenant lui-même un croyant catholique (a plusieurs reprise il disait ailleurs : "Ce n'est pas que je n'ai pas ma part de doutes, mais j'aime mieux douter dans l'Église qu'en dehors de l'Église.") Il semble donc croire que l'homme a une part ontologique religieuse et qu'une humanité saine est une humanité qui ne rejette pas le mystère et le transcendant. Plusieurs de ses réflexions sur les rejets et déconstructions du régime diversitaire qu'il analyse conduit donc notre pensée à considérer ce qui se passe en Occident sur le plan ontologique de ce qu'est l'homme, à quoi doit-il ou non aspirer, et comment cela influence t'il sa réaction et sa perception vis-à-vis ce nouveau totalitarisme sans goulag.
Par exemple, voici un extrait tiré de la conclusion : "On pourrait aussi parler d'un fantasme d'autoengendrement, qui s'accompagne d'une nouvelle révélation, l'être humain, pour se libérer de toutes les déterminations entravant sa liberté, revenant au magma originel, antérieur à la création, antérieur à la division de l'humanité en sexes, en religions, en civilisations, en cultures et en nations pour se fabriquer lui-même à partir de sa pure volonté, devenue autoréférentielle, à travers une forme d'existentialisme fanatisé. Il espère parvenir à vaincre la mort, pour devenir enfin immortel, et même éternel. Avant d'y parvenir, il entend néanmoins maîtriser sa mort, et exercer sur elle une pleine souveraineté. Maître de sa naissance, il se veut maître de son dernier moment. On n'exagèrera pas en disant que la modernité a moins voulu congédier Dieu pour ramener l'homme à une taille microscopique dans un univers désormais privé de sens qu'elle n'a voulu mettre l'homme à sa place, en lui promettant une forme de souveraineté universelle, censée se concrétiser par les promesses de la technique. Le transhumanisme relève moins de la science-fiction que de la prospective." (P.227)