On porte toujours un masque en société, on est forcément la moyenne de ce que les autres veulent qu'on soit, de l'image qu'on souhaite projeter et de ce qu'on est en réalité. On joue ce personnage naturellement, sans y mettre aucune duplicité. Comme tout le monde, Philippe savait cela sans le savoir, du moins sans se soucier de l'énoncer.
À onze ans, Philippe Châteauneuf, à l'instar de ses vingt-quatre camarades de la classe de cinquième année de Valérie Gauthier, a déjà assimilé un certain nombre de vérités concernant la vie en société. Ainsi, le premier prix du concours de costume d'Halloween est affaire de popularité davantage que d'originalité ; l'amitié est un absolu qui ne peut s'accommoder de la tiédeur ; le plaisir réside dans l'attente plus que dans la résolution, trop souvent décevante. Coralie, Joé, Marie-Élyse, Charles, Nicolas, Marie-Pier, Catherine et les autres rêvent de devenir joueur de centre pour les Canadiens, actuaire, écrivaine, concepteur de jeux vidéo, archéologue, médecin... Que reste-t-il de ces aspirations vingt ans plus tard ? François Blais compose une mosaïque à partir de fragments de vie, des fenêtres donnant accès à un personnage et à son environnement, à trois étapes cruciales : à la fin de l'enfance, à la fin de l'adolescence et à l'âge adulte. Microscosme de l'humanité, La classe de madame Valérie est le lieu de tous les désirs, de toutes les douleurs et de tous les espoirs
La classe de Madame Valérie n'est pas mon premier rodéo avec François Blais, mais c'est le premier livre que je lis de lui depuis son décès. Je savais à quoi m'attendre, c'est-à-dire qu'avec lui, l'histoire n'est pas toujours plus importante que la mise en abime de l'écriture et les expérimentations auxquelles il se livre en tant qu'auteur, mais cette fois, j'ai moins bien adhéré à son projet. Je comprends l'idée d'étudier des personnages à divers moments de leur vie, mais moins certains choix éditoriaux sur les personnages qui occupent une plus grande place dans le récit et sur les arcs narratifs laissés en suspens à la fin du livre - oui, oui, je comprends que c'est le temps du récit qui prédomine et que les arcs narratifs laissés en suspens le sont parce que l'auteur a choisi d'avoir un coup d'œil sur les seuls trois jours que durent le récit en 1990, 1997 et 2011, mais dans la mesure où on a affaire à une œuvre de fiction, il y a quand même une volonté arbitraire d'abandonner certains fils narratifs en chemin, arbitraire qui demeure la prérogative de l'auteur, mais sur laquelle je me questionne quand même en tant que lectrice.
Donc, ce projet, pour moi, ne revêt pas le même intérêt que d'autres de l'auteur qui m'ont longtemps habitée (ma lecture d'Un livre sur Mélanie Cabay qui avait rallumé en moi la flamme du "true crime" intelligemment mené, notamment), et je me suis sentie infiniment coupable de ne pas l'avoir apprécié à sa juste valeur, probablement parce que j'avais l'impression de participer, d'une façon ou d'une autre, à l'hostilité du monde auquel François Blais a choisi de renoncer. Un sentiment un peu confus sur lequel je ne m'étendrai point, par pudeur et par absence de légitimité.
Ce qu'il me reste de ma lecture, finalement, c'est une réponse à la question que je posais dans le compte-rendu de ma lecture de Document 1, à savoir si la parenté que je dessinais dans ma lecture entre Tess et Jude de Document 1 et André et Nicole de L'hiver de force était une autre des manifestations de mon obsession pour Réjean Ducharme, ou une influence directe de François Blais, discrètement énoncée par l'auteur. La classe de Madame Valérie a apporté beaucoup d'eau au moulin de mes observations, et je suis maintenant convaincue que j'ai trouvé en François Blais un lecteur aussi minutieux (et obsessif) que moi de l'œuvre du Ducharme, une découverte qui m'a par ailleurs dévastée puisque je n'aurai plus le plaisir de suivre la piste de cette filiation.
Quel merveilleux livre! À la fois divertissant et très bien écrit. Je n'ai que de bons mots! Je lirais tout de suite un autre roman de cet auteur. Le processus littéraire des trois époques était super intéressant et permettait de vraiment donner beaucoup de profondeur à chacun des personnages (même s'il était un peu difficile parfois de se démêler dans les 25 personnages...).
C'était mon premier roman de François Blais et j'ai beaucoup aimé son style. Drôle, s'adresse au lecteur, donne beaucoup de détails qui peuvent sembler inutiles mais qui font qu'on a vraiment l'impression d'y être. Avec autant de personnages, je me suis mise à prendre des notes après quelques dizaines de pages. Mais peut-être finalement que ça n'a servi à rien. Je m'attendais à ce que les personnages s'entrecroisent plus tard dans leur vie, qu'on comprenne pourquoi certains avaient agi de telle manière, etc. mais non. Plusieurs pistes sont restées sans réponse. Par exemple, Marianne Genest a un admirateur secret en 1997 qui lui écrit une lettre. J'aurais bien aimé en savoir plus : qui est-ce ? va-t-elle lui écrire à son tour ? va-t-il revenir la voir ? Mais l'auteur s'arrête là. Aussi, Catherine Branchaud, tout ce qu'on sait d'elle, c'est qu'elle faisait de l'insomnie au primaire. Tout tourne autour de ça, puis à la fin du roman elle finit par s'endormir après sa tournée d'Halloween. C'est tout !
Malgré ma critique, j'ai beaucoup aimé cette lecture. C'est complètement différent de tout ce que j'ai jamais lu et ça laisse un sentiment d'insatisfaction, comme si on avait encore faim...
J’ai découvert François Blais grâce à Cataonie, pour lequel j’ai eu un coup de foudre immédiat. j’ai quêté des suggestions dans mon entourage et ai fini par me tourner vers celui-ci, qui était complètement différent (par sa forme, mais aussi par le contenu et je dirais même, par le style d’écriture) C’est totalement nouveau, mais j’ai succombé au charme une deuxième fois. J’ai tout lu d’une traite! C’est le récit des 25 élèves de la classe de Madame Valérie. Ils se prêtent aléatoirement la plume, et nous donnent accès à 3 périodes marquantes de leur vie: 1990 (en cinquième année du primaire), 1997 (fin de l’adolescence) et 2011 (des adultes). C’est un vrai coup de génie, de réussir à dépeindre 26 personnages de façon à tous les rendre attachants et singuliers. Il m’a fallu certes quelques chapitres avant de bien distinguer les différents personnages, mais après un bout, c’était assez simple, et chacun avait le mérite d’être bien développé. C’est absolument génial! 🙌
Le concept est tellement bon. D’accompagner tous ces jeunes de 11 ans au Cégep, puis la vie adulte. J’ai adoré de A à Z, et je pense que je suis officiellement en train de succomber à l’écriture de François Blais. Mention spéciale à l’unique chapitre sur Émilie, qui méritait seulement quelques lignes vu son impertinence, et pour qui le narrateur nous laissait même choisir son costume d’Halloween et son dessert parce qu’il n’avait pas envie de se casser la tête avec elle. Je l’ai ri 🤌🏻
Je ne mentirai pas, j'ai décidé de lire ce livre suite au décès de son auteur. Je ne me souviens pas avoir lu une de ses oeuvres auparavant.
Le résumé me paraissait prometteur, original et bien écrit. J'ai apprécié le début de ma lecture mais au fil des pages, je me suis un peu perdue dans la tonne de personnages. Il me semble qu'il manquait de liens, de raisons pour lesquelles tel ou tel personne était passée de cet enfant en 1990 à cet adulte en 2011. C'était un peu comme des personnages supplémentaires et je n'arrivais pas à m'attacher à eux.
La fin m'a laissée perplexe. Ce n'était pas vraiment une fin, rien n'était conclu. On dirait que l'auteur a juste décidé d'arrêter son histoire et c'est tout.
Je ne suis peut-être juste pas le public cible pour ce que François Blais a écrit. Le livre n'est pas mauvais en soi, seulement, il n'est pas pour moi.
Reste que l'idée de départ était vraiment bien! :)
En premier lieu, je tiens à souligner l'écriture ennivrante de François Blais. Comment ne pas être charmé par un écriture aussi fluide et riche à la fois. J'ai adoré ma lecture! De plus, ce roman aborde tellement de thème différent ! Tout cela en passant par diverses phases de la vie. Que ce soit à travers les yeux d'un enfant de 5e année, d'un étudiant du cégep ou bien d'un adulte les points de vue sont fascinants et tellement variés! Le seul point négatif est qu'il y a une multitude de personnages et que j'aurais vraiment eu besoin d'un aide-mémoir pour démêler certaines histoires😅
Belle mosaïque de portraits d’enfants-ados-adultes. Sort-on jamais de son enfance et de sa jeunesse? Chose certaine, plusieurs traits marquants y prennent racine et se cristalliseront ensuite. Sachant que Blais s’est enlevé la vie dans les dernières semaines, les passages du jeune Laurent Boisvert-Lemay sont assez troublants. Triste perte. Il aurait sûrement pu apporter beaucoup encore.
Ce livre m’a beaucoup fait réfléchir sur mon primaire (on peut vraiment être con quand on est amoureux à cet âge-là!) et mon cegep. Le concept est très intéressant et c’est bien exécuter. Oui certain personnages sont caricaturaux e.g. Coralie Vandal à 30 ans! J’aurais également aimé que certain personnages soit plus présent ou développé mais c’est normal que Blais a dû faire des choix avec 25 d’entre eux.
Justement on peut se perdre facilement avec autant de personnages. Mon côté Philippe Châteauneuf a embarqué dès le début et j’ai pris des notes sur chaque personnage à chaque époque. Je suis certain que je n’aurais pas autant apprécié si j’avais passé mon temps à me demander qui est qui au début de chaque chapitre.
J’aime bien le style de Blais. C’est très direct et très Québécois. J’ai également lu Sam au moment d’écrire ceci et c’est certain que je vais lire plus de lui.
Une lecture qui captive, qui fait éclater de rire à l'arrêt de bus, qui fait oublier ce qu'il y a autour, qui nous replonge dans les dilemmes existentiels du primaire et de l'adolescence, qui joue avec les mots, qui rappelle des détails oubliés... La psychologie de ballon-chasseur, les règlements de l'élastique, les questions rhétoriques des parents qui grondent, les rivalités de cour d'école, les kick sur un.e camarade de classe, tout y passe!
J'ai beaucoup aimé et je relirai certainement cet auteur. À découvrir si ce n'est pas déjà fait! :-)
Avec un ton humoristique et parfois grinçant, l'auteur nous présente les enfants de la classe de Mme Valérie en 1990, 1997 et en 2011. L'auteur fait tomber la distance entre le lecteur et lui-même, en précisant, entre autres, qu'il a préparé des fiches pour ses personnages puisqu'il est un auteur sérieux... L'intrigue est plus ou moins importante: on se délecte plutôt des portraits savoureux de ces jeunes qui se transformeront (ou pas) en adultes plus ou moins adaptés. Plaira aux lecteurs aimant les romans de style choral et les clins d’œil d'auteur.
Vraiment excellent. Drôle, touchant, intrigant, et tellement réel (le speech que Madame Valérie donne sur les travaux d'équipe, on a tous dû l'entendre cent fois...). La profusion de détails, que j'avais aussi adoré dans Vie d'Anne-Sophie Bonenfant, est un délice. Je recommande fortement ce livre, un très beau moment de lecture.
Moi qui aime les romans avec beaucoup de personnages, j'ai été servi! On suit les 25 personnes de la classe à travers 3 moments : la fin de l'enfance, la fin de l’adolescence, et à l'âge adulte. J'aurais aimé avec un index par contre, pour pouvoir retrouver facilement les interventions des personnages. Faut dire que j'ai lu le livre avec un rhume alors disons que j'étais peut-être moins alerte que d'habitude.
Merci François Blais pour m'avoir rappelé les règlements aux élastiques!! :)
J'ai vraiment aimé le début, j'ai sourit à plusieurs reprises en me rappelant plein de souvenirs du primaire. J'avais hâte de savoir ce qui allait arriver aux personnages, mais en fin de compte il y en avait tellement et j'ai trouvé le livre trop long, j'ai perdu l'intérêt en plein milieu... dommage c'était bien partie.
Beaucoup aimé, j'adore le style de François Blais. L'histoire est parfois un peu complexe, mais il y a une diversité de personnage vraiment intéressante.