Une version manga de Critique de la raison pure, d’Emmanuel Kant : à première vue, l’idée sonne comme une blague. Mais après tout, pourquoi pas? C’est avec une pointe de scepticisme et beaucoup de curiosité (voire un peu d’enthousiasme) que j’ai ouvert ce petit volume.
Bonne surprise! L’intrigue en elle-même est très simple (un robot féminin qui s’éveille à la conscience selon différents modes et devient de plus en plus humaine), voire n’échappe pas à quelques clichés sexistes ou facilités scénaristiques – le drama et les personnages aux émotions qui débordent continuellement, ça n’est pas tant ma tasse de thé. Mais en tant qu’outil pédagogique pour aborder la philosophie de Kant, c’est franchement réussi. Moi qui ai sué sang et eau sur Critique de la raison pure au lycée puis en hypokhâgne, j’aurais bien aimé que ce manga existe il y a quinze ans, histoire de pouvoir aborder le sujet d’une manière un peu moins aride.
Je vois passer de plus en plus de vulgarisations en manga sur les sujets les plus variés (scientifiques, historiques, etc.). Et franchement, ça me réjouit : j’aime bien l’idée de dynamiter les frontières entre divertissements populaires et sujets sérieux.