Comment retrouver un semblant d'ordre et d'humanité dans une réalité brisée par la guerre ? L'autrice ukrainienne Sofia Andrukhovych tente ici de nommer et d'exprimer ce qui n'a pas de nom, ce qui se trouve bien au-delà de la perception humaine : ce dont il est effrayant de parler, ce qui se dérobe. Il s'agit pour l'autrice de rechercher de liens entre des fragments de réalités déchirés par la guerre et la violence, et un désir d'esquisser et d'observer les phénomènes et les réactions de la conscience humaine face à des événements traumatisants, à des changements dramatiques et irréversibles, à des pertes. Dans ce poignant journal intérieur de la première année d'invasion de l'Ukraine par la Russie, on est ainsi confronté à une multitude de rencontres et de personnages, d'histoires et d'expériences humaines, de combinaisons incompréhensibles de drames et de tragédies, de manifestations comiques ou ridicules, d'empathie et de tendresse. Dans ces circonstances a priori inhumaines, tout ce qui est humain se manifeste plus profondément et plus pleinement. Au final, il semble que les choses mêmes qui détruisent les vies établies et la conscience révèlent l'essence de l'être humain - sans défense et faible, mais si assoiffé de vie et de la présence des autres à ses côtés.
Sofia Andrukhovych (* 17 November 1982) in Ivano-Frankivsk) is a contemporary Ukrainian writer and translator. She is the daughter of another Ukrainian writer Yuri Andrukhovych.
Une écriture intense, conscise, allant à l'essentiel : la guerre met à nu l'âme humaine et nous interpelle de façon urgente. La lecture de ce livre ne laisse pas indemne et une question se pose : que ferai-je, moi ?
Tout ce qui est humain is an emotional and human book about living during times of war. Sofia Andrukhovych is a Ukrainian writer, belonging to a well-known literary family in that country. She wrote a couple of impressive novels (more to come on that) and she translated Harry Potter and the Goblet of Fire. I recommend it to anyone interested in going beyond strategic calculations, military operations, and arrows on the map.
Tout ce qui est humain is her journal. It recounts several moments from the beginning of the Russo-Ukrainian War, mostly during 2022 and 2023. I read the French translation of the Ukrainian original, which meant that the text passed through the barrier of three languages, my native Romanian included, thus part of the message may be lost. In this book, Sofia Andrukhovych emphasizes connectivity, and reflectivity.
Human interactions are salient in Tout ce qui est humain. Her family, her daughter who tries to understand what is happening, or her maternal grandmother, who`s living in a historical town in northern Ukraine vulnerable to Russian bombardments. There is a friend who was an editor, a second one who writes about Shakespeare during combat breaks, another who tries to maintain a constant contact. Then various encounters: an understanding frontier guard, the people in an underground shelter, or in the subway.
Visibility raises awareness, and the latter may increase support. Sofia Andrukhovych is too good a writer to not be aware that this situation raises moral issues and that the reader is also mindful of them. This interplay acts like a secondary dialogue, in the beginning implicit, but at the end of Tout ce qui est humain, the author provides an answer. One that is empathic and a bit surprising.
There is a lot of suffering, death, and uncertainty. Tout ce qui est humain does not provide answers, and Sofia Andrukhovych is very skeptical towards explanations, theories, sometimes even of writing. For her, friendship and empathy are important, and so is a feeling of humanity, even in times of war. Reading the book is a moving experience and, a bit paradoxical, an allusion to the power of words.
"La guerre continue, et on ne peut y échapper, même en fermant les yeux très fort. Mais on ne doit pas la laisser prendre tout l'espace. Tant qu'on achète des livres, qu'on boit du café, qu'on observe l'envol des cygnes au dessus de l'eau, tant qu'on porte un manteau rouge, on protège pour soi même et pour les autres une part de ce qui compte dans ce monde"